Les Patriotes défendent leur « place » sur un créneau souverainiste encombré
Les militants des Patriotes de l'ancien numéro deux du FN Florian Philippot, réunis en congrès fondateur dimanche à Arras (Pas-de-Calais),...

Les Patriotes défendent leur « place » sur un créneau souverainiste encombré

Les militants des Patriotes de l'ancien numéro deux du FN Florian Philippot, réunis en congrès fondateur dimanche à Arras (Pas-de-Calais),...
Public Sénat

Par Anne RENAUT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les militants des Patriotes de l'ancien numéro deux du FN Florian Philippot, réunis en congrès fondateur dimanche à Arras (Pas-de-Calais), veulent croire à leur "place" sur un créneau souverainiste pourtant encombré.

"Il y a une place énorme" sur l'échiquier politique, assure leur président, élu à l'unanimité, Florian Philippot, un verre à la main, en déambulant dans les stands des régions de France, chacune surmontée d'un petit drapeau bleu-blanc-rouge, au centre des expositions d'Arras.

"Il y a une majorité de Français qui sont amoureux de leur pays, qui sont pour une France libre, indépendante" et "la seule solution c'est de sortir de l'Union européenne" pour réconcilier la droite et la gauche, a plaidé le dirigeant politique de 36 ans, devant près de 500 militants munis de drapeaux tricolores.

Il admet que créer les Patriotes en septembre 2017 a été un "choix audacieux". Le parti n'a pas convaincu aux dernières élections partielles, avec des résultats bien inférieurs à ceux de son concurrent d'extrême droite.

"J'assume que sur certains sujets, je ne suis pas encore majoritaire dans l'opinion", reconnaît Florian Philippot, qui est "là pour convaincre" du Frexit. La sortie de l'euro n'est plus la priorité du FN, parti qu'il a conseillé jusqu'à l'été dernier.

Fervent défenseur du Brexit, l'eurodéputé britannique Nigel Farage a souhaité dans un message vidéo "bonne chance" au nouveau parti. "Ne doutez jamais", même s'il "faut être patients" car "les gens vous diront que c'est impossible", a prévenu le Britannique.

- 'Dans une impasse' -

Nigel Farage, député européen et ex-chef du parti europhobe UKip, au Parlement européen à Strasbourg, le 13 septembre 2017
Nigel Farage, député européen et ex-chef du parti europhobe UKip, au Parlement européen à Strasbourg, le 13 septembre 2017
AFP/Archives

Sabrina Joret, consultante en marketing de 43 ans, se dit "gaulliste et souverainiste". Elle a suivi Florian Philippot, "une heure après la démission" de ce dernier du FN, pour défendre des "convictions qui ont été abandonnées" par son ancien parti, pour lequel elle a milité à de nombreuses élections dans le Calvados.

Florian Philippot, lui, assure avoir "tourné la page" d'un FN "embourbé, pathétique", qui "se rediabolise". "Les extrêmes sont des impasses", affirme-t-il.

De son côté, Marine Le Pen lui reproche de ne pas assumer la "sanction" de la présidentielle. Il "ne représente que lui-même" désormais, a-t-elle dit au journal L'Union, lors d'un déplacement le même jour à Laon (Aisne).

Pour le sociologue Sylvain Crépon, "les Patriotes sont dans une impasse. Il n'y a pas d'espace pour deux partis nationalistes qui se font, à quelques nuances près, concurrence".

Le créneau souverainiste est aussi occupé par Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et ancien allié de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, et par un ancien proche de Charles Pasqua, François Asselineau, qui a fait 0,92% à ce scrutin.

Noël La Paglia, infirmier de 53 ans, vient de prendre sa carte après avoir hésité à rejoindre M. Asselineau, mais "il n'y avait pas la même dynamique". Il défend "la patrie avant tout", dénonce "l'anéantissement des citoyens dans la dictature du fric".

Comme beaucoup de militants rencontrés à Arras, Jérémy Rochet, étudiant en droit de 24 ans, référent des Patriotes en Midi-Pyrénées, était membre du FN avant de suivre M. Philippot sur sa ligne "sociale", même s'il reconnaît que la sortie de l'euro "c'est difficile à vendre".

Les européennes seront le "moment de vérité" des Patriotes, qui remettent trois sièges en jeu : ceux de Florian Philippot, Mireille d'Ornano et Sophie Montel.

M. Philippot pense que la barre des 5% de voix est atteignable, mais s'il y aura beaucoup de monde au départ : le FN, LR, Debout la France, et sans doute une liste Asselineau.

Reste à savoir si Les Patriotes ressemblera à Debout la France, "le plus petit des grands partis", ou au Parti de la France, de l'ex-frontiste Carl Lang, "qui continue à présenter des candidats mais n'a aucune visibilité", se demande Jérôme Fourquet, directeur opinion à l'Ifop.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
6min

Politique

François Ruffin tenté par la primaire du PS, mais rabroué par Raphaël Glucksmann : que disent les règles de participation à ce scrutin ?

François Ruffin espère participer à la primaire co-organisée par le Parti socialiste, une idée que laisse prospérer Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS. Présenté comme le favori de cette primaire, Raphaël Glucksmann défend le mode d'organisation actuel, et rappelle que le principe d’un scrutin limité à l’arc social-démocrate a été validé par un vote des militants socialistes.

Le

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le