« Les politiques de prévention ont l’avantage d’éviter les coûts », pour Benoît Hamon
Le candidat socialiste à l’élection présidentielle veut faire des politiques préventives sur le plan sanitaire et environnemental un axe majeur de son programme en matière de santé.

« Les politiques de prévention ont l’avantage d’éviter les coûts », pour Benoît Hamon

Le candidat socialiste à l’élection présidentielle veut faire des politiques préventives sur le plan sanitaire et environnemental un axe majeur de son programme en matière de santé.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Comme aux grandes heures de la primaire de la Belle alliance populaire, Benoît Hamon continue de faire campagne sur marqueurs, comme son combat contre les perturbateurs endocriniens ou encore le burn-out. En matière de santé, lors de son grand oral organisé par la Mutualité française, le candidat socialiste a répété l’importance que constituaient pour lui les politiques préventives :

« Le fait qu’aujourd’hui 60% de la mortalité mondiale soit liée aux maladies chroniques, et non plus aux maladies infectieuses suppose de changer l’organisation de nos politiques de santé. En France, il y a 15 millions de malades chroniques, ce qui suppose de regarder quels les facteurs risques qui pèsent sur la santé des Français et de construire des politiques qui permettent demain que les comportements individuels comme les politiques publiques évitent que ces maladies se développent. »

« Je crois beaucoup à la stratégie des coûts évités : les politiques de prévention ont aussi un avantage : éviter aux gens de tomber malade et éviter les coûts pour la collectivité et la Sécurité sociale », a-t-il répondu sur le financement.

Le candidat a pointé la question des particules fines, à travers l’arrêt du diesel à l’horizon 2025, et celle des perturbateurs endocriniens, deux questions de santé publique sur lesquelles il appelle à « faire des choix » et à ne « pas avoir la main qui tremble » :

Santé : « Sur les pertubateurs endocriniens, il ne faudra pas avoir la main qui tremble », insiste Benoît Hamon
00:46

Saluant les campagnes de prévention dans l’Éducation nationale, Benoît Hamon a appelé à poursuivre les campagnes contre le tabac et l’alcool. Il encourage également à développer une « bonne alimentation » et une culture du « sport-santé » : sur ce point, il se dit favorable « à ce que demain il puisse y avoir un remboursement par la Sécurité sociale d’une activité physique aménagée ou adaptée ou tout malade chronique dès lors qu’un médecin le prescrit ».

La répartition des aides aux complémentaires santé

Interrogé sur sa proposition de répartir de manière équitable les aides aux complémentaires santé, Benoît Hamon a expliqué que ces nouvelles affectations à destination des fonctionnaires, des retraités ou encore des étudiants ne se feraient pas au détriment des actuels  bénéficiaires:

« Il faut d’une manière ou d’une autre qu’il y a une contribution supplémentaire, une augmentation de la contribution qui sera celle de la collectivité pour permettre cette égalité-là. Je ne me vois aujourd’hui remettre en cause cette aide sur la forme d’une diminution de celle-ci, c’est un acquis. »

Comme pour le financement du revenu universel, il défend le mécanisme d’une « fusée à plusieurs étages », avec une mise en place progressive. Selon les calculs de Place de la Santé, cette mesure est évaluée à 3,5 milliards d’euros par an.

Faciliter les reconnaissances des burn-out

Sur la difficulté de faire reconnaître le burn-out comme une maladie professionnelle, Benoît Hamon propose d’augmenter les moyens et les effectifs humains des comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles , et de faire tomber le taux d’incapacité (IPP) pour rendre les dossiers éligibles et faciliter la reconnaissance de ce syndrome d’épuisement professionnel.

Faisant le constat que le burn-out est peu reconnu en France, Benoît Hamon veut imposer aux entreprises les plus concernées par le phénomène de mettre la main au portefeuille :

« Là où il y a une multiplication des pathologies psychiques, là où il y a un management agressif, là où le travail colonise la vie personnelle […] elles paieront plus de cotisation à la branche accidents du travail, maladies professionnelles. »

« 300 ou 400 burn-out reconnus en France, 11.000 en Belgique », pointe Benoît Hamon
05:42

L'incitation comme méthode pour les déserts médicaux

Sur la lutte contre les déserts médicaux, le candidat a dit penser « fondamentalement qu’il faut parier sur l’incitation », indiquant qu’il croyait « guère aux mesures de coercition absolue ».

Benoît Hamon a réaffirmé sa volonté de déconventionner les spécialistes qui s’installeraient dans des zones déjà bien pourvues :

« Je pense qu’il faut s’inspirer des bonnes pratiques chez les kinésithérapeutes et chez les pharmaciens et considérer que quand il y a installation en zone surdotée, il faut imaginer le déconventionnement. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Gabriel Attal Meeting
8min

Politique

« Un an pour convaincre » : pour son premier grand meeting, Gabriel Attal mise sur « l’espoir » et joue sa différence avec Edouard Philippe

Devant 5.000 personnes réunies à Paris, Gabriel Attal a réussi sa première grande démonstration de force. Le candidat à la présidentielle entend dessiner un projet loin du « pessimisme » ambiant avec « quatre chantiers capitaux » : l’école, avec « moins de 20 élèves par classe » en primaire, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, et « deux dettes à résorber », celle des finances publiques et du réchauffement climatique. Mais il n’oublie pas de se démarquer de son principal concurrent, un certain Edouard Philippe…

Le

France Vivendi Bollore
5min

Politique

Tribune anti-Bolloré :  Maxime Saada, patron de Canal + nie toute « liste noire »

Même si le président du directoire de Canal+ réfute toute « liste noir », il affirme que le groupe tiendra désormais compte de « la considération portée à Canal+ » dans ses choix de financement. Des propos qui ravivent les tensions avec une partie du monde du cinéma, mobilisée contre l’influence de Vincent Bolloré.

Le

Cour d appel et d ‘assises de Lyon
6min

Politique

Le procès « French Bukkake » aux assises : « Le but est de reconnaître toute la dimension criminelle de l’industrie pornographique », se félicite Laurence Rossignol

Le premier grand procès de l’industrie pornographique se tiendra finalement devant les assises et non devant une cour criminelle départementale. Une victoire pour la cinquantaine de victimes de la plateforme French Bukkake. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a retenu le caractère sexiste et raciste des viols, tout comme l’avait relevé le rapport de la mission d’information du Sénat sur les dérives de l’industrie pornographique remis en 2022.

Le