Les propos d’Edouard Philippe appelant à une présidentielle anticipée sont « dangereux », dénonce François Patriat

Le 7 octobre, le président d’Horizons, Edouard Philippe, avait appelé à la tenue d’une organisation d’une élection présidentielle anticipée après le vote du budget. Des propos qualifiés de « dangereux » par François Patriat, soutien d’Emmanuel Macron et président du groupe RDPI au Sénat. « Ça veut dire que demain, la fonction présidentielle sera à la merci de tous les mouvements populaires », regrette-t-il.
Théodore Azouze

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Un bloc central sous tension. Depuis la démission de Sébastien Lecornu – qui a entretemps été reconduit à Matignon – et le début de la crise politique, les soutiens d’Emmanuel Macron se font de moins en moins solides. Le 6 octobre, le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, avait ainsi indiqué « ne plus comprendre les décisions du président de la République ». Le lendemain, Edouard Philippe avait été encore plus loin. L’ex-Premier ministre avait appelé le chef de l’État à « organiser une présidentielle anticipée » après le vote préalable d’un budget pour la France.

Le « socle commun », la « seule solution face aux extrêmes » selon François Patriat

Une prise de parole « pas du tout » appréciée par François Patriat, président du groupe RDPI au Sénat et soutien d’Emmanuel Macron. Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 octobre, il qualifie les propos du maire du Havre de « dangereux ». Si une telle option était sérieusement envisagée, « ça veut dire que demain, la fonction présidentielle sera à la merci de tous les mouvements populaires », argumente le sénateur Renaissance. 

« Toutes les prises de position qui sont celles d’un agenda électoral (…) et qui créent de la dissension dans le bloc central (…) sont contre-productives », ajoute François Patriat. D’après lui, la grande fragilité du « socle commun », confirmée par le refus des Républicains et d’Horizons de participer au nouveau gouvernement de Sébastien Lecornu, doit être réparée. « Face au danger des extrêmes, la seule solution, elle est là », poursuit le parlementaire, qui souhaite poursuivre les réunions au Sénat entre les différentes formations de cette alliance.

Partager cet article

Dans la même thématique

Les propos d’Edouard Philippe appelant à une présidentielle anticipée sont « dangereux », dénonce François Patriat
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

La sélection de la rédaction

Paris: sFin rencontre Olivier Faure du PS et Sebastien Lecornu Premier ministre demissionnaire
8min

Politique

Les socialistes partagés sur la censure du gouvernement Lecornu : « Demain, ça passe ou ça casse »

Alors que Sébastien Lecornu tient sa déclaration de politique générale ce mardi, la survie de son gouvernement est déjà en jeu. Les regards se tournent vers le PS, qui va décider s’il le censure ou non. Le parti d’Olivier Faure se retrouve en réalité divisé, entre les « censeurs compulsifs » et ceux prêts à la non-censure, à condition que les avancées soient suffisantes, à commencer par la suspension de la réforme des retraites.

Le

Tribute to the victims of the terrorist attacks of January 2015 – Paris
7min

Politique

Ministres LR : à cinq mois des municipales, la droite divisée sur le cas de Rachida Dati

Le Bureau politique des Républicains doit se réunir prochainement pour statuer définitivement sur l’exclusion des LR qui ont accepté d’entrer au gouvernement. Si cette décision est confirmée, Rachida Dati, ministre de la Culture, pourrait perdre son investiture pour les élections municipales à Paris, ce qui, paradoxalement, priverait la droite de sa figure de proue dans la capitale.

Le