Les rebondissements de l’affaire Ferrand
Le chef de file des députés de la République en marche (LREM), Richard Ferrand, a été au cœur d'une polémique sur des soupçons de...

Les rebondissements de l’affaire Ferrand

Le chef de file des députés de la République en marche (LREM), Richard Ferrand, a été au cœur d'une polémique sur des soupçons de...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le chef de file des députés de la République en marche (LREM), Richard Ferrand, a été au cœur d'une polémique sur des soupçons de favoritisme qui a conduit à l'ouverture mardi d'une enquête par le juge d'instruction parisien Renaud Van Ruymbeke.

- Révélations du "Canard" -

Le 24 mai 2017, Le Canard Enchaîné met en cause celui qui est alors ministre de la Cohésion des territoires pour des tractations immobilières en 2011.

L'hebdomadaire raconte comment les Mutuelles de Bretagne, dont M. Ferrand était le directeur général, avaient souhaité louer des locaux à Brest et avaient opté pour la proposition d'une société immobilière appartenant à la compagne du ministre. M. Ferrand rétorque qu'il s'agissait de "la meilleure offre".

- Nouvelles accusations -

Le 29 mai, les Mutuelles de Bretagne assurent que M. Ferrand a agi en "parfaite conformité avec les mandats tenus par le conseil d'administration". Mais, le même jour, Le Parisien publie le témoignage d'un ancien bâtonnier de Brest évoquant un "enfumage" dans cette affaire.

Le 30 mai, le journal Le Monde assure que M. Ferrand "a fait bénéficier de plusieurs contrats des proches, dont son ex-femme et sa compagne". Le ministre "réfute" tout mélange des genres et le Premier ministre Édouard Philippe lui renouvelle sa "confiance".

- Enquête préliminaire -

Des voix à droite et à gauche affirment que le ministre doit démissionner, comme une large majorité de Français, selon un sondage Harris Interactive.

Le 31 mai, Richard Ferrand assure être "un homme honnête" tandis que le président Macron appelle le gouvernement à la "solidarité" et estime que la presse ne doit "pas devenir juge".

Le 1er juin, le procureur de la République de Brest annonce l'ouverture d'une enquête préliminaire. L'association anticorruption Anticor adresse de son côté au parquet de Brest une plainte simple sur le fondement du délit d'abus de confiance.

Le 6 juin, les Mutuelles de Bretagne sont perquisitionnées.

- Ferrand évincé du gouvernement -

Le 19 juin, au lendemain de sa réélection comme député du Finistère, M. Ferrand quitte le gouvernement à la faveur d'un remaniement et brigue la présidence du groupe LREM à l'Assemblée. Il obtient ce poste le 24 juin.

Le 27 juin, Le Canard enchaîné affirme que Richard Ferrand a embauché en 2000 sa compagne, alors étudiante et âgée de 25 ans, aux Mutuelles de Bretagne pour deux emplois, dont celui de directrice du personnel. L'entourage de M. Ferrand conteste toute illégalité.

Le 7 juillet, M. Ferrand est interrogé par la police à Rennes, dans l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Brest. Le 27 juillet, le parquet juge nécessaires "des investigations complémentaires".

- Enquête classée et relancée -

Le 13 octobre, le parquet de Brest classe l'enquête sans suite en invoquant la prescription s'agissant d'un éventuel délit de prise illégale d'intérêts. "Les infractions d'abus de confiance et d'escroquerie" ne sont, elles, "pas constituées, faute d'un préjudice avéré".

En réponse, le 9 novembre, l'association Anticor dépose une plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d'instruction du pôle financier de Paris, Renaud Van Ruymbeke, pour prise illégale d'intérêt et recel.

Le 12 janvier 2018, Renaud Van Ruymbeke ouvre une information judiciaire pour "prise illégale d'intérêts" à la suite de cette plainte et mènera les investigations, selon des sources judiciaire et proche du dossier.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Caf Nationale inauguration
8min

Politique

Politique familiale, allocations, crèches : que proposent les candidats à la présidentielle ?

Alors qu’Edouard Philippe met sur la table la création d’une allocation familiale unique de 350 euros, Gabriel Attal se penche sur les familles monoparentales, quand Bruno Retailleau propose un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, et Marine Le Pen la préférence nationale pour les familles françaises candidate à un HLM. L’écologiste Marine Tondelier propose elle un congé d’allaitement choisi et indemnisé. Revue de détails.

Le

Paris : Socialist Party Primary Debate Ahead of France’s 2027 Presidential Election
6min

Politique

Le vote du premier tour de la primaire du PS perturbé par une cyberattaque

Alors que quelque 140 000 électeurs sont invités à exprimer leur préférence pour le premier tour de la primaire organisée à gauche, les opérations de vote sont perturbées depuis l’ouverture du scrutin ce vendredi matin. Les organisateurs font état d’une cyberattaque visant à saturer la plateforme de connexion. Les trois partis à l’origine de cette primaire, dont le Parti socialiste et Place publique, ont saisi la justice.

Le

Paris: Marine Le Pen presentation contre budget
5min

Politique

Préférence nationale : la proposition du RN de taxer l’embauche de travailleurs étrangers inquiète les entrepreneurs

Dans le contre-budget du RN présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, figure une mesure passée relativement inaperçue. Elle vise à taxer l’embauche d’un étranger extra-communautaire de 1 000 euros par an. La mesure a suscité un fort rejet de la part des syndicats patronaux qui rappellent au RN le principe de réalité du marché du travail.

Le