Les Républicains déterminés à « relever la tête »
Concertation : c'était le mot d'ordre des Républicains samedi à Paris, où le Conseil national a longuement donné la parole à ses...

Les Républicains déterminés à « relever la tête »

Concertation : c'était le mot d'ordre des Républicains samedi à Paris, où le Conseil national a longuement donné la parole à ses...
Public Sénat

Par Claire GALLEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Concertation : c'était le mot d'ordre des Républicains samedi à Paris, où le Conseil national a longuement donné la parole à ses délégués, souvent déboussolés face à la menace LREM ou à l'"union des droites" qui ébranlent le parti à quatre mois des municipales.

Au siège du parti où les 300 conseillers étaient réunis, une "vieille militante" a attaqué le débat bille en tête, sur le thème explosif de l'"union des droites". Suscitant des murmures désapprobateurs dans la salle, elle a dit ne pas "n'apprécier du tout la procédure d'exclusion" visant Erik Tegnér, un jeune militant proche de Marion Maréchal, ex-députée du Front national et nièce de Marine Le Pen.

Le sujet empoissonne LR, alors qu'à Sète, le patron démissionnaire de la fédération, Sébastien Pacull, vient d'annoncer qu'il allait conduire une liste "d'union des droites" soutenue par le Rassemblement national.

"Le courage aujourd'hui n'est pas de se vendre au plus offrant, ni à la macronie ni à Marion Maréchal", a répondu le secrétaire général Aurélien Pradié, pour qui "la droite n'a pas à choisir entre être l'arrière-boutique de la macronie ou l'arrière-boutique de l'extrême droite".

Les Républicains tenaient leur premier "conseil national" (l'équivalent du parlement) depuis l'élection en octobre de Christian Jacob, qui s'est attelé à reconstruire par la base le parti héritier d'une droite hier hégémonique, mais tombée à 8,5% aux européennes de mai.

"Quand on a perdu, on est humbles, on a le courage et l'honneur de retourner sur le terrain" a affirmé M. Jacob en préambule.

Mais "on ne va pas baisser la tête, raser les murs, se recroqueviller", a-t-il ajouté, en appelant à "ouvrir les portes et les fenêtres" avec un "travail de fond" pour redevenir "crédibles, audibles" afin de "reconstruire un projet d'alternance".

LR mise sur la concertation avec 12 forums thématiques, qui plancheront à partir de janvier et jusqu'à un "congrès de idées" prévu début juillet.

Autorité de l'Etat, création d'emplois, réchauffement climatique ou ascenseur social : "tous nos fondamentaux, mais aussi les grandes questions qui émergent aujourd'hui" seront abordées, a résumé Annie Genevard, présidente du Conseil.

- "Carte d'identité de la droite" -

"On n'a pas besoin d'être de gauche pour parler de culture ou de solidarité, ni d'être au RN pour parler d'immigration ou de laïcité", a insisté le chef du groupe parlementaire Damien Abad.

LR veut aussi se doter d'un "grand mouvement de jeunesse" autonome, qui se réunirait en septembre 2020.

Dans un parti en affaiblissement constant depuis la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, M. Jacob doit aussi lutter contre la tentation de la dissidence.

A Marseille, Bruno Gilles, président de la fédération départementale, a refusé de jeter l'éponge après que LR a confié son investiture à sa rivale, et à Paris le maire LR du XVIIe Geoffroy Boulard vient de lancer sa campagne sans allusion à aucun parti.

Face aux brebis égarées, "on va remettre du foin dans le râtelier, ça peut les faire revenir", a lancé M. Jacob, qui est éleveur de métier.

Mais comment faire face à La République en marche, qui rogne sur l'électorat ? "Il est indispensable que notre mouvement trouve un marqueur", a estimé une déléguée inquiète.

"Nous n'avons rien à voir avec Emmanuel Macron", a tranché le numéro 2 du parti, Guillaume Peltier, pour qui il faut "redéfinir la carte d'identité de la droite française".

Le chef de l'Etat a certes pu tenir un discours pouvant "résonner de façon plutôt douce à l'oreille de nos lecteurs de droite", a reconnu M. Jacob. Mais il est aussi celui des "fausses promesses", des "erreurs" et de l'incapacité à réformer", a-t-il ajouté.

A quatre mois des municipales, LR veut croire en ses chances : "nous devons les gagner et nous allons les gagner", a affirmé Eric Ciotti.

Au-delà, la droite convalescente ne se projette pas encore. Mais M. Jacob a ménagé Valérie Pécresse, "avec qui on est capables de pouvoir se retrouver sur certains combats". Et M. Ciotti a salué "avec beaucoup d'amitié" François Baroin, présent dans la salle, en lui disant "notre confiance et aussi notre espérance".

Partager cet article

Dans la même thématique

First Debate of the French Socialist Party Primary – Paris EB
6min

Politique

« Maintenant, il doit rassembler tout le monde » : les sénateurs PS attendent « des signes » d’unité de Raphaël Glucksmann

Après sa victoire écrasante à la primaire, les sénateurs PS seront « au service » de la campagne de Raphaël Glucksmann, assure leur président de groupe, Patrick Kanner, qui compte « inviter » le candidat devant le groupe. Mais plusieurs attendent qu’il montre par les actes sa volonté d’union. « Nous travaillons à un organigramme de rassemblement », assure le sénateur Alexandre Ouizille, directeur de la communication dans l'équipe de Raphaël Glucksmann.

Le

Patrick Kanner
2min

Politique

Les groupes PS, PCF et écologiste du Sénat appellent à un « cordon sanitaire » et à « ne rien céder » face au nouveau groupe RN

« Il ne peut y avoir ni ambiguïté, ni accommodement, ni complaisance : le cordon sanitaire doit se traduire par des actes », soutiennent dans un communiqué commun les groupes PS, communiste et écologiste du Sénat, face à la création du premier groupe RN/UDR de la Haute assemblée. Ils appellent à ne rien voter qui émanerait de l’extrême droite.

Le

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
4min

Politique

Cyberattaque contre des frigos connectés de supermarchés : « Des systèmes de réfrigération exposés sur Internet », alertent des experts en cybersécurité

300 magasins Intermarché/Netto, plusieurs du groupement E. Leclerc, 80 supermarchés Carrefour, 80 magasins U et une trentaine de Monoprix ont été touchés par une cyberattaque d’ampleur. Les hackers ont ciblé les systèmes de régulation frigorifique à distance du fabricant danois Danfoss. La vulnérabilité du logiciel avait pourtant déjà été repérée il y a quelques années par des experts en cybersécurité lors de différents audits.

Le

Les Républicains déterminés à « relever la tête »
7min

Politique

Gel des retraites au-delà de 1280 euros : « Un effort nécessaire, pour ne pas créer de fracture générationnelle », justifie le ministre David Amiel

Le ministre des Comptes publics assure que le gouvernement n’est pas dans l’affrontement des générations, avec son projet de désindexation partielle des pensions de retraite. Il souligne qu’il laissera le choix du curseur aux parlementaires, et la possibilité d’être plus souple, le cas échéant, avec l’évolution de l’abattement fiscal dont bénéficient les retraités.

Le