Les Républicains en déconstruction ?

Les Républicains en déconstruction ?

Exclusion ou simple avertissement ? La direction des Républicains va  devoir trancher, mardi soir, sur le sort des ministres issus de ses rangs et des élus dit « constructifs ». 
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Après les défaites électorales de ces dernières semaines, la direction des Républicains est-elle en train de lancer les « purges » ? C’est en tout cas le sentiment du maire LR de Nice, Christian Estrosi, qui n’a pas hésité ce week-end à parler de « procédés staliniens » et même de « bûchers » pour qualifier les courriers adressés à certains Macron-compatibles du parti.

Mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Pour le moment, sont visés par cette « convocation d’exclusion » les trois ministres, Édouard Philippe, Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu. Bruno Le Maire « s’est présenté avec En marche, donc il n’est plus aux Républicains » a commenté son entourage à l’AFP. À l’Assemblée nationale, ce sont Franck Riester et Thierry Solère, le co-président et l’initiateur du groupe Les Constructifs qui ont reçu la missive. « On me reproche quoi ? D’avoir fait un groupe parlementaire distinct de LR ? » (…) « eh bien, si c’est cela, je dis à Messieurs (Bernard) Accoyer, (Laurent) Wauquiez et (Eric) Ciotti qu’ils étaient tous les trois membres du groupe R-UMP, qui avait scindé un temps le groupe UMP à l’Assemblée nationale lors de la précédente législature. Ils n’ont pas été exclus pour autant à l’époque » s’est défendu Thierry Solère en référence à la « guerre » Copé/Fillon en novembre 2012.

Un parti pour deux groupes parlementaires

Lors du bureau politique qui se tiendra mardi soir, « la question qu’il va falloir trancher, sera de savoir si un parti politique peut avoir deux groupes parlementaires distincts » commente prudemment le sénateur de la Haute-Saône, Alain Joyandet. Une sanction qui pourrait s’avérer lourde de conséquences car si jamais le bureau décidait d’exclure du parti l’initiateur et le co-président des Constructifs de l’Assemblée, qu’adviendrait-il alors des autres membres LR de ce groupe ? L’un d’eux, le député Pierre-Yves Bournazel a déploré ce matin sur Public Sénat « le durcissement de la ligne idéologique de la droite, qui a tendance à être une droite identitaire ».

L'« amicale des constructifs » du Sénat

Au Sénat, il n’y a pas de groupe Les Constructifs mais une « amicale des constructifs »  comme l’appelle la sénatrice, proche d’Alain Juppé, Fabienne Keller qui, elle, n’a pas reçu de courrier de la part de la direction du parti. En guise d’amicale, il s’agit de réunions informelles de sénateurs LR, anciens soutiens d’Alain Juppé et de Bruno Le Maire. « Nous discutons aussi avec nos collègues centristes » précise-t-elle. « En ce qui concerne la question du droit du travail, de l’Europe ou encore de l’éducation, nous constatons que les premières semaines du nouveau gouvernement sont plutôt positives » constate la sénatrice du Bas-Rhin. Des échanges que Fabienne Keller ne retrouve pas pour le moment au sein du parti Les Républicains. « Depuis deux mois et la défaite au premier tour de la présidentielle, nous ne traitons pas de questions de fond. Nous n’arrivons pas à partager nos analyses » regrette-elle.

La « droite authentique: ni soumise à Macron ni poreuse avec le FN » de Pécresse

Les Républicains sont-ils au bord de l’implosion ou simplement touchés par les « symptômes post-électoraux d’après défaite » comme veut le croire Alain Joyandet ? Il n’empêche, si le sénateur LR de Seine-Saint-Denis, Philippe Dallier estime « que la disparition programmée des Républicains n’aura pas lieu », plusieurs voix se font entendre pour revendiquer le leadership d’un grand parti de la droite et du centre. En externe, c’est le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, qui souhaite la création un « grand mouvement de centre et de droite progressiste » estimant qu’ « un groupe parlementaire (Les Constructifs), ça a forcément vocation à trouver un débouché politique »
 En Interne, c’est Valérie Pécresse qui lance au sein des Républicains son mouvement « Libres ! » qu’elle présente comme «l'ultime tentative pour qu'on reste unis ». Refusant de participer « à la guerre des chefs » pour la présidence des Républicains, la présidente de la région Ile-de-France milite pour « une droite authentique: ni soumise à Macron ni poreuse avec le FN » et refuse pour le moment « d’abandonner le parti à la ligne ultraconservatrice ». Une  allusion à peine voilée à Laurent Wauquiez pour qui la route se dégage dans la course à la présidence des Républicains de cet automne.

 

 

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