Les Républicains se réunissent à Paris pour tenter de se reconstruire
Les Républicains, sonnés par les européennes, réunissent samedi à Paris leur Conseil national pour "relever la tête" à quatre...

Les Républicains se réunissent à Paris pour tenter de se reconstruire

Les Républicains, sonnés par les européennes, réunissent samedi à Paris leur Conseil national pour "relever la tête" à quatre...
Public Sénat

Par Claire GALLEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Les Républicains, sonnés par les européennes, réunissent samedi à Paris leur Conseil national pour "relever la tête" à quatre mois des municipales. Mais de nouvelles dissidences risquent de brouiller le message de rassemblement prôné par le nouveau président Christian Jacob.

Le Conseil national, sorte de parlement du parti convoqué deux fois par an, se tient quelques semaines après l'élection de Christian Jacob, qui a succédé à Laurent Wauquiez après la gifle des européennes fin mai (8,5% des voix).

400 personnes sont attendues à 14H00 au siège du parti, rue de Vaugirard, et non pas à La Mutualité où ce type de réunion a habituellement lieu -- ce qui permet au parti d'éponger une partie des 200.000 euros qu'avait coûté l'élection imprévue.

"On va essayer d'être les plus interactifs possible et de supprimer les discours" promet Christian Jacob, chiraquien historique et ancien chef des députés LR à l'Assemblée, qui travaille depuis son arrivée à reconstruire le parti en s'appuyant sur sa base.

Au programme de ce "conseil national de lancement", une longue séance de questions-réponses avec la salle, et la présentation d'une "nouvelle méthode de travail" autour de 12 thématiques, explique la présidente de l'instance, Annie Genevard.

Autorité de l'Etat, emploi, mais aussi réchauffement climatique ou fractures territoriales: "on va retrouver nos fondamentaux sur le régalien, mais on va aussi sur des pistes de plus en plus importantes aux yeux des Français et qui sont à nos yeux mal traitées ou insuffisamment traitées" ajoute Mme Genevard.

Chacun de ces forums, piloté par un vice-président, planchera une fois par mois avec des représentants du terrain (élus, société civile) jusqu'à un "congrès des idées" prévu début juillet.

M. Jacob, qui n'a pas oublié son passage à la tête de la CNJA (le syndicat "jeunesse" de la FNSEA) dans les années 1990, veut aussi mettre sur les rails un "grand mouvement de jeunesse" à l'horizon de la rentrée 2020.

- Dissidences -

L'ambition est claire: "qu'on soit le premier parti politique à avoir un vrai mouvement de jeunesse qui soit autonome dans son budget, ses actions et sa gouvernance", affirme-t-il.

Avant le Conseil, une centaine de Jeunes LR ont appelé dans l'Opinion à "la refondation d'une droite sociale, attachée au mérite et à l'égalité des chances, résolument soucieuse des plus précaires".

Pour Mme Genevard, il faut "que la droite, absente du deuxième tour de la présidentielle en 2017, relève la tête. Jusqu'à présent elle courbait l'échine sous le coup de défaites électorales, je voudrais qu'avec ce Conseil national elle porte un nouveau regard sur elle même et se dise oui nous pouvons redevenir une force d'alternance".

Mais l'ombre de dissidences récentes risque de planer sur le meeting, affaiblissant le message d'un président qui a renoncé à l'ambition de se présenter à la présidentielle de 2022.

Les Républicains, en lent affaiblissement depuis la défaite de 2012, voient en effet leur espace rogné par La République en Marche d'un côté, qui a aspiré une partie des effectifs LR, et l'extrême droite de l'autre, où certains prônent l'"union des droites".

Dans l'Hérault, le président de la fédération Sébastien Pacull vient de démissionner par désaccord avec le choix de LR de soutenir le maire sortant de Sète, soutien d'Emmanuel Macron. M. Pacull pourrait présenter sa propre candidature à la mairie, à la tête d'une liste "d'union des droites" soutenue par le RN.

A Marseille, Bruno Gilles, président de l'influente fédération des Bouches-du-Rhône, a refusé de jeter l'éponge après que LR a confié mercredi son investiture pour les municipales à sa rivale Martine Vassal.

A Paris aussi le travail de conviction reste à faire: le maire LR du XVIIe Geoffroy Boulard vient de lancer vendredi sa campagne sans allusion à aucun parti, ni même à la droite ou au centre.

Et Christian Jacob ne décolère pas de voir LREM rallier des propres candidats LR, dans une "stratégie de brouillage pour masquer leur manque d'ancrage territorial" -- mais qui risque de compliquer la lecture des résultats finaux, au détriment du parti de droite.

Partager cet article

Dans la même thématique

Les Républicains se réunissent à Paris pour tenter de se reconstruire
8min

Politique

François-Xavier Bellamy : "Rétablir [des relations normales] avec le régime de Poutine serait une forme de trahison"

Au sortir d'un été marqué notamment par une intensification du conflit entre la Russie et l'Ukraine, et une crise migratoire dans l'enclave espagnole de Ceuta, François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains et du groupe du PPE au Parlement européen, est l'invité de Caroline de Camaret dans Ici l’Europe sur France24, LCP et Public Sénat.

Le

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le