Les retraités dans la rue pour protester contre la politique du gouvernement
Plusieurs milliers de retraités ont manifesté jeudi dans plusieurs villes de France à l'appel de neuf organisations, pour...

Les retraités dans la rue pour protester contre la politique du gouvernement

Plusieurs milliers de retraités ont manifesté jeudi dans plusieurs villes de France à l'appel de neuf organisations, pour...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Plusieurs milliers de retraités ont manifesté jeudi dans plusieurs villes de France à l'appel de neuf organisations, pour protester contre la politique du gouvernement et la baisse de leur pouvoir d'achat, ont constaté des journalistes de l'AFP.

À Paris, la manifestation a rassemblé 8.000 personnes selon la CGT et 2.300 selon la préfecture de police. Elle a défilé pendant plus d'une heure entre l'Opéra et la République, derrière une banderole proclamant : "les retraités ne sont pas des nantis, revalorisation des pensions". Une pancarte affichait : "retraite de sénateur pour tous !".

Les retraités étaient appelés à manifester par la CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR-PP, LSR, Ensemble et Solidaires-UNRPA.

Françoise, venue du Val-de-Marne, a confié avoir "cotisé 40 ans" en faisant "beaucoup d'heures supplémentaires", et en se privant "beaucoup". Elle ne perçoit que 1.000 euros par mois, et estime qu'elle aurait une vie "correcte" à 1.500 euros. "Je ne peux rien me permettre, je n'ai pas de voiture et je vais en vacances chez ma fille", explique-t-elle à l'AFP.

À Marseille, en milieu de matinée, les pancartes affirmaient : "Baisse des pensions, hausse des tensions", "Pas de pensions inférieures au Smic" ou encore "Indexation des retraites sur les salaires".

À Montpellier, ils étaient 350 selon la police à défiler sur l'air de la série Dallas, revisité: "Macron ton univers impitoyable glorifie la loi du plus fort". Environ 500 personnes ont également battu le pavé à Dijon, entre 200 et 300 à Bordeaux, 600 à Toulouse, 150 à Strasbourg, 180 à Nice ou 600 à Clermont-Ferrand, 350 à Besançon, 150 à Lille, plus de 300 à Lyon.

- "Faire des ménages" à 94 ans -

Jean-Pierre Pasquet, 66 ans, un ancien artisan plombier retraité depuis 2012, a manifesté à Bordeaux. "Il ne faut pas oublier que la hausse de la CSG, c'était pour augmenter le pouvoir d'achat des salariés, mais sur un salaire net de 1.350 euros, l'augmentation n'est que de 2 euros, alors que pour nous, c'est 30 euros par mois en moins", a-t-il rappelé.

À Grenoble, environ 400 retraités ont manifesté - en scandant "Macron, rend nous not' pognon" -, en direction de la permanence du député LREM Olivier Véran, rapporteur général du budget de la Sécu pour 2018, qui comprenait l'augmentation de la CSG.

À 94 ans, Jeanne Bonnot, qui manifestait à Lyon, a confessé "faire des ménages" pour "arrondir ses fins de mois".

"Nos retraites n'ont pas augmenté depuis des années. Je ne vais plus chez le coiffeur. Je n'achète plus de disques, comme j'avais l'habitude de le faire. On se prive", s'est aussi désolée, à Dijon, Ginette Dérangère, veuve de 87 ans qui a élevé 11 enfants.

Dans la manifestation strasbourgeoise, Serge Bloch, coordinateur (FO) de la mobilisation a expliqué que si "il y a 4-5 ans je vivais décemment, aujourd'hui je vis de plus en plus pauvrement". Non loin, Martine, 64 ans, a fustigé la future réforme des retraites d'Emmanuel Macron, qui va selon elle "mettre en place la destruction de notre système de retraites tel qu'il a été acquis par nos anciens".

"Les déclarations quotidiennes de Macron sur les plus pauvres sont une honte, avec encore hier celle sur le +pognon+ qui serait gaspillé dans les minima sociaux et pas un mot sur les millions versés en pure perte aux patrons ou les paradis fiscaux", a estimé Claude, 67 ans, travailleur social à la retraite, à Montpellier.

burs-bow-lum/bma

Partager cet article

Dans la même thématique

Gérald Darmanin au Sénat
1min

Politique

[Info Public Sénat] Affaire Lyhanna : le Sénat met en place une commission d’enquête sur le « pilotage de la politique pénale et la prévention de ses dysfonctionnements »

La commission des lois du Sénat va se doter ce mercredi des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna conformément à la proposition de la présidente de la commission, Muriel Jourda. Ses travaux démarreront dans les prochains jours et reprendront après la coupure parlementaire en octobre.

Le

Paris. Nationwide protest following the murder of Lyhanna
4min

Politique

Lutte contre les violences sexuelles : pourquoi l'Espagne est devenue un modèle

Depuis l'affaire Lyhanna, plusieurs propositions sont mises sur la table pour mieux prendre en compte la parole des enfants. Une proposition de loi transpartisane, dite « loi intégrale » ou loi-cadre, est actuellement sur la table du bureau de l’Assemblée nationale, et propose notamment de s’inspirer du modèle espagnol en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. Mais que recouvre exactement cette référence ?

Le

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
7min

Politique

Affaire Lyhanna : vers une commission d’enquête au Sénat sur les « dysfonctionnements de la justice » ?

La commission des lois du Sénat pourrait prochainement se doter des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna. Selon les informations recueillies par Public Sénat, la présidente de la commission, Muriel Jourda, devrait proposer dès mercredi 10 juin à ses collègues d’engager cette démarche

Le

PARIS: Conference de presse de Gerald Darmanin Gardes des Sceaux Ministre de la Justice
6min

Politique

Affaire Lyhanna : l’idée de Gérald Darmanin de redonner à la Chancellerie un pouvoir d’instruction dans les affaires individuelles, « hasardeuse et contreproductive », selon les juristes

Auditionné par la commission des lois du Sénat, sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a évoqué l’idée de revenir sur l’interdiction pour le garde des Sceaux de donner des instructions dans les affaires individuelles. Une possibilité qui existait jusqu’en 2013, avant la réforme sur l’indépendance du parquet.

Le