Les sénateurs communistes plaident pour la création d’un statut de l’élu communal
Les élus de mairie ne disposent pas aujourd’hui d’un statut qui régisse et définisse clairement leur activité publique administrative. Profitant du discours de politique général d’Édouard Philippe, le groupe communiste (CRCE) du Sénat dépose une proposition de loi pour créer un statut d’élu communal.

Les sénateurs communistes plaident pour la création d’un statut de l’élu communal

Les élus de mairie ne disposent pas aujourd’hui d’un statut qui régisse et définisse clairement leur activité publique administrative. Profitant du discours de politique général d’Édouard Philippe, le groupe communiste (CRCE) du Sénat dépose une proposition de loi pour créer un statut d’élu communal.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

 

« Le socle de la démocratie en France, ce sont les communes ». C’est ce socle que le sénateur du Var Pierre-Yves Collombat et ses collègues du groupe CRCE du Sénat veulent raffermir. En commençant à la base. Avec cette proposition de loi, les sénateurs communistes veulent apporter une reconnaissance à l’élu local.

Car pour l’instant aucun texte ne régit de manière claire la fonction d’élu, ni ses prérogatives ni son statut. « Aujourd’hui, ceux qui s’occupent des communes sont des bénévoles qui sont tenus par des responsabilités, qui ne sont pas celles de tout le monde. Ils sont tenus à des compétences, mais ce ne sont pas des professionnels. » Seul le Code général des collectivités territoriales définit aujourd’hui de manière ponctuelle ce que l’élu est en droit faire, sans en reconnaître pour autant la situation.

 « Un statut, c’est l’ensemble des obligations, des prérogatives qui permettent d’exercer le mandat pour lequel on a été élu. Si on veut assurer l’attractivité de la fonction et la sécurisation de la fonction, alors il faut enfin reconnaître ses particularités. (…) Et les époques qu’on traverse ne sont pas vraiment propices à cet engagement bénévole » précise Pierre-Yves Collombat

Les sénateurs veulent également une clarification sur la rémunération des élus. Pour l’instant ils sont bénéficiaires d’une indemnité. « C’est une indemnité sans vraiment en être une puisqu’elle est soumise à l’impôt. Elle ne devrait pas être fiscalisée », demande le sénateur Jean-Yves Collombat. Une manière aussi selon lui d’assurer et de renforcer la transparence de la vie démocratique. La précision de la rémunération des élus de mairie serait également valable pour ceux d’opposition.

UN FONDS POUR FORMER LES ÉLUS

En revoyant la rémunération des élus, c’est plus largement la sécurité des élus que vise à solidifier la proposition de loi sénatoriale. Sécurité matérielle, à travers la hauteur des indemnités, sécurité professionnelle aussi, en proposant une formation au travail d’élu pendant le mandat mais aussi à la fin de celui-ci : « Un trop grand nombre d’élus, une fois leur mandat terminé, ont du mal à se reconvertir professionnellement », déplore la sénatrice du Nord Michelle Gréaume.
La formation des élus est obligatoire mais est souvent, dans les petites communes, victime des économies et des coupes budgétaires. La proposition de loi prévoit la création d’un Fonds national de formation des élus.

« Un trop grand nombre d’élus, une fois leur mandat terminé, ont du mal à se reconvertir professionnellement », déplore la sénatrice du Nord Michelle Gréaume.
00:36

Pour les sénateurs il y a urgence, alors que la moitié des maires n’envisagent pas de se représenter aux élections municipales de 2019. Le besoin d’un statut d’élu figurait déjà dans les lois de décentralisation de 1982. Le groupe CRCE espère bien attirer l’attention du gouvernement, à l’occasion de la déclaration de politique générale d’Édouard Philippe mercredi 12 juin.

Partager cet article

Dans la même thématique

Kanne Faure Ok
9min

Politique

Budget : au PS, le retour du 49.3 apparaît de plus en plus comme « une porte de sortie »

Au moment où les députés vont reprendre l’examen du budget, l’hypothèse d’un recours au 49.3 par le premier ministre fait son chemin. Chez les sénateurs PS, certains y voient une issue pour sortir du blocage, à condition de négocier à nouveau un accord de non-censure. Mais c’est à Sébastien Lecornu de « prendre ses responsabilités », souligne Thierry Cozic, chez de file des sénateurs PS sur le budget.

Le

Photo illustration Mutuelle sante
5min

Politique

Complémentaires santé : La hausse des tarifs pour 2026 est-elle « illégale » ?

Alors que le budget de la Sécu prévoit un gel des cotisations des mutuelles en 2026, les tarifs augmentent en janvier. L’auteur de l’amendement prévoyant ce gel, le député socialiste, Jérôme Guedj affirme que ces hausses sont « illégales ». Le Conseil constitutionnel devra probablement se prononcer dans les mois à venir. Explications.

Le

1min

Politique

Intervention américaine au Venezuela : Sébastien Lecornu s’engage à organiser un débat au Parlement

Alors que la réaction initiale du président de la République sur l’intervention américaine au Venezuela continue à faire grincer des dents la classe politique française, les parlementaires réclament au Premier ministre l’organisation d’un débat 20-1 sur la position de la France. Une demande à laquelle Sébastien Lecornu s’est engagée à répondre.

Le