Les sénateurs PS veulent une taxe « exceptionnelle sur les assurances, en cas de crise sanitaire majeure »
Le sénateur PS Olivier Jacquin a défendu sa proposition de loi pour créer une « contribution exceptionnelle » sur les assurances. « Une taxe juste » et « nuancée », estime le socialiste, à l’inverse de la taxe Husson, rapporteur LR du budget, qu’il qualifie de « taxe aveugle ».

Les sénateurs PS veulent une taxe « exceptionnelle sur les assurances, en cas de crise sanitaire majeure »

Le sénateur PS Olivier Jacquin a défendu sa proposition de loi pour créer une « contribution exceptionnelle » sur les assurances. « Une taxe juste » et « nuancée », estime le socialiste, à l’inverse de la taxe Husson, rapporteur LR du budget, qu’il qualifie de « taxe aveugle ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le secteur des assurances est dans le collimateur des sénateurs. Avec une forme de concours Lépine de la meilleure formule pour les taxer. Après la majorité sénatoriale LR-UDI, qui a adopté un amendement dans le cadre de l’examen du budget pour créer une taxe exceptionnelle sur le secteur, les sénateurs PS ont présenté jeudi soir leur solution pour que les assureurs contribuent à la solidarité nationale, au moment où les petits commerces, les cafés/restaurants ou la culture subissent de plein fouet la crise sanitaire. Elle a cependant été rejetée, en raison de l’opposition de la droite sénatoriale.

« Une taxe juste, proportionnée » et « nuancée »

Le sénateur PS Olivier Jacquin a défendu une proposition de loi qui « vise à instaurer une contribution exceptionnelle sur les assurances non-vie, en cas de crise sanitaire majeure ». « Comme dans une économie de guerre, certains secteurs profitent de la situation. Ce sont les marchands d’armes qui en profitent. Dans la guerre du Covid, ce sont les GAFA, les supermarchés, le secteur du numérique, de la santé » et bien sûr « l’assurance ». Avec le premier confinement, « la baisse de la sinistralité a été évidente », notamment avec moins d’accidents de la route. « Le chiffre de 1,4 milliard d’euros est évoqué. Alors que les primes sont payées » constate le sénateur PS de Meurthe-et-Moselle.

« C’est une taxe juste, proportionnée » et « nuancée », à l’inverse de « la taxe Husson (rapporteur LR du budget, ndlr) votée au projet de loi de finances, qui elle est une taxe aveugle » selon Olivier Jacquin. La taxe imaginée par les socialistes « ne s’applique pas au chiffre d’affaires », comme la taxe Husson, « mais au résultat d’exploitation, […] avec un prélèvement exceptionnel de 80 % sur la seule augmentation du résultat d’exploitation en 2020, comparé à la moyenne des trois dernières années ». Par exemple, si le résultat d’exploitation passe de 1 milliard à 1,2 milliard, la taxe s’applique sur les 200.000 euros d’augmentation, soit 160.000 taxés.

Mécanisme « assez facilement contournable » met en garde la secrétaire d’Etat Olivia Grégoire

Le rapporteur LR Claude Nougein n’a pas été convaincu du système, qu’il juge « peu opérant ». « L’idée d’un lien direct entre état d’urgence sanitaire et résultat d’exploitation des assurances non-vie, n’est pas fondée » estime le sénateur LR, qui appelle aussi à rester « prudent » sur les données des profits des assurances, issues de seulement « deux mois ». Il faudra attendre « avril 2021 » pour avoir un bilan complet. Claude Nougein renvoie plutôt vers la mesure votée lors du PLF, « une première réponse adéquate et pertinente ».

La secrétaire d’Etat Olivia Grégoire estime pour sa part que le dispositif n’aurait « un rendement final faible voire nul », rapportant au mieux « 400 millions d’euros », et serait « assez facilement contournable ».

Elle rappelle que les assurances se sont engagées sur un effort de « 3,2 milliards d’euros, dont 400 millions pour le fonds de solidarité », somme bien trop faible pour les socialistes. Olivier Grégoire rappelle surtout qu’un nouvel accord a été conclu lundi dernier, avec les assurances. Il prévoit notamment le « gel des primes pour 2021 pour les secteurs profondément sinistrés », « la mise en place d’une couverture d’assistance gratuite pour les chefs d’entreprise et les salariés hospitalisés pour Covid-19, une couverture santé avec une indemnité de convalescence de 3.000 euros » ou encore la « garde d’enfant ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le