Un recueil de condoleances pour Robert Badinter est mis a la disposition du public dans l enceinte du ministere de la justice place Vendome qui ouvre exceptionnellement ses portesA condolence book for Robert Badinter is available at the justice ministry, vendome square, which is exceptionally open to the public//BUFKENSCEDRIC_sipa.42910/Credit:BUFKENS CEDRIC/SIPA/2402101738
Les sénateurs saluent la mémoire de Robert Badinter, « un homme qui marquera à jamais notre siècle »
Un hommage national sera rendu à l'ancien ministre de la Justice ce mercredi 14 février, place Vendôme à 12h00.
L’Élysée a annoncé qu’un hommage national serait rendu à Robert Badinter, place Vendôme ce mercredi. L’ancien garde des Sceaux, défenseur infatigable de l’abolition de la peine de mort, est décédé vendredi dernier à l’âge de 95 ans. À la veille de la cérémonie, les sénateurs de droite et de gauche saluent les combats portés par celui qui avait été sénateur des Hauts-de-Seine de 1995 à 2011.
Une émission spéciale sera diffusée en direct sur Public Sénat mercredi 14 février, entre 11h30 et 13h30
Un hommage unanime
À quelques heures de la cérémonie d’hommage national à Robert Badinter, les sénateurs saluent unanimement son combat pour l’abolition de la peine de mort. Patrick Kanner, président du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, souligne l’importance qu’a eue ce combat en France, mais également à l’étranger. Il se remémore notamment l’année de son entrée au gouvernement en 1981 : « Sa nomination au gouvernement, c’était le signe qu’on irait jusqu’au bout sur la peine de mort […] et le jeune militant que j’étais à l’époque était fier d’être socialiste. Je le suis encore naturellement ».
La sénatrice PS Frédérique Espagnac, elle, reste marquée par les discours de Robert Badinter sur la Shoah, citant notamment ses récits au sujet de sa grand-mère déportée. François-Noël Buffet, sénateur LR du Rhône, garde aussi le souvenir d’un homme qui aura permis le jugement de l’ancien officier nazi Klaus Barbie à Lyon. Pour Frédérique Espagnac, ces témoignages « doivent être plus que jamais entendus et réécoutés ». Elle regrette « toute la mémoire d’un siècle qui part avec lui ».
Un combat toujours d’actualité
Rémi Cardon, sénateur socialiste de la Somme, dépeint un « humaniste », qui « a anticipé […] des enjeux cruciaux ». Il évoque un combat toujours d’actualité « qui prend tout son sens » face aux positions du Rassemblement National sur la peine de mort.
À droite, le sénateur LR Max Brisson, reconnaît les combats d’un « républicain intransigeant », héritier de Léon Blum et de Jean Jaurès, notamment sur la question de la laïcité.
La cérémonie d’hommage national se tiendra devant le ministère de la Justice ce mercredi et sera présidée par le chef de l’État. Le sénateur Rémi Cardon estime que la question de la panthéonisation de Robert Badinter « devra arriver également », afin de saluer la mémoire d’un « homme qui marquera à jamais notre siècle », selon les termes de la sénatrice Frédérique Espagnac.
Les élections municipales et l’installation des nouveaux maires ont été émaillées par des épisodes de violences : huées à Creil et Mantes-la-Jolie, saccage de la mairie de Fresnes, propos racistes à l’encontre du maire de Saint-Denis. Des faits qui interrogent sur la violence en politique. Un phénomène ardu à caractériser et à étudier, de par son caractère à la fois objectif et subjectif, pour le sociologue Olivier Wieviorka.
Auditionné par la commission d’enquête sur le financement privé de la vie démocratique, Edward Whalley a défendu l’action éducative des fondations de Pierre-Édouard Stérin. Le directeur du Fonds du Bien Commun devrait à nouveau être auditionné par la commission sur les autres activités financées par le fonds.
Le gouvernement espère faire passer d’ici l’été ses projets de loi phares avant d’être percuté par l’examen du budget 2027 à l’automne. Parmi les objectifs de l’exécutif, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, la sécurité du quotidien et, surtout, l’ouverture de l’aide à mourir, une promesse d’Emmanuel Macron.
En fin d’après-midi ce mardi, le Sénat examine la proposition de loi de la députée macroniste Laure Miller qui vise à interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Si le principe de l’interdiction, chère au chef de l’Etat, fait consensus à la haute assemblée, le gouvernement et le Sénat s’opposent sur les modalités juridiques de son application.
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