« Les socialistes n’étaient pas assez prêts pour cette présidentielle », admet Carole Delga
Rejoignant une analyse déjà faite par Bernard Cazeneuve, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, estime que le PS n’a pas suffisamment préparé l’échéance présidentielle. Elle se dit « lucide » sur les chances d’Anne Hidalgo, qu’elle estime toutefois être la mieux placée pour parvenir au rassemblement de la gauche.

« Les socialistes n’étaient pas assez prêts pour cette présidentielle », admet Carole Delga

Rejoignant une analyse déjà faite par Bernard Cazeneuve, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, estime que le PS n’a pas suffisamment préparé l’échéance présidentielle. Elle se dit « lucide » sur les chances d’Anne Hidalgo, qu’elle estime toutefois être la mieux placée pour parvenir au rassemblement de la gauche.
Romain David

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Une candidature de plus, et un candidat de moins. Les événements s’accélèrent à gauche, mais du rassemblement en vue de la présidentielle, il n’est toujours pas question. Samedi, Christiane Taubira a confirmé sa candidature à l’investiture suprême, tandis que mercredi, Arnaud Montebourg, l’ancien ministre du Redressement productif, a officiellement jeté l’éponge, sans rallier aucun de ses concurrents. « Le retrait d’Arnaud Montebourg était inéluctable », a estimé jeudi matin, au micro de « Bonjour chez Vous » sur Public Sénat, Carole Delga, la présidente socialiste de la région Occitanie. « Je suis amie avec lui, […] je lui avais dit que je pensais que c’était une mauvaise idée. Arrive ce qu’il devait arriver. Il se retire. C’est dommage, car cela donne une impression de cacophonie à gauche. »

« Christiane Taubira est une candidate de plus, elle n’apporte pas une capacité d’union », ajoute celle qui soutient Anne Hidalgo, tout en se disant « lucide » sur les chances de la maire de Paris au regard des enquêtes d’opinion. « Mais si union il y a, ce sera derrière elle. »

« Nous avons une responsabilité collective »

« On voit bien que cela désespère notre électorat, puisque dans les sondages le total de la gauche est en dessous des 25 % », analyse Carole Delga. « À un moment, la division décrédibilise le projet de la gauche ». Dans une interview accordée mercredi à France Info, l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve a estimé que, durant les cinq années écoulées, le Parti socialiste n’avait pas suffisamment travaillé à sa rénovation en vue de l’échéance présidentielle. Un constat que partage Carole Delga. « Les socialistes n’étaient pas assez prêts pour cette présidentielle, et nous avons une responsabilité collective », admet-elle.

« Nous allons devoir prendre des décisions douloureuses et courageuses »

Elle refuse toutefois de jeter l’opprobre sur un responsable plutôt qu’un autre et appelle à la solidarité, alors que des critiques ont pu s’élever contre Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS. Sur notre antenne la semaine dernière, Stéphane Le Foll, autre pilier du quinquennat de François Hollande, avait notamment dénoncé une « stratégie de l’effacement ». « Ce n’est pas que la responsabilité d’Olivier Faure.  […] Je ne jette pas la vindicte, je ne rends pas responsable une seule personne car dans les moments difficiles on doit rester unis », plaide Carole Delga. Et d’ajouter : « Nous allons devoir prendre des décisions douloureuses et courageuses. »

La primaire populaire en pleine polémique

L’élue a également réagi à la divulgation d’une vidéo envoyée sur Zoom par l’un des organisateurs de la Primaire populaire, cette initiative citoyenne qui entend départager à la fin du mois les candidats de gauche par un vote préférentiel. Il y déclare que l’objectif de cette primaire est d’empêcher Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon d’obtenir leurs 500 signatures, ce qui n’a pas manqué de faire réagir les équipes des intéressés. « Cette vidéo est terrible pour la démocratie parce qu’elle décrédibilise un phénomène citoyen qui aurait pu être qualitatif et respectable », soupire Carole Delga.

« Cette primaire, ce n’est pas une présentation de projets, c’est un vote sur des personnalités, c’est un classement. L’espoir qui est né, débouche sur un projet qui n’est pas sérieux », conclut-elle. Pour sa part, Christiane Taubira est la seule, parmi les candidatures à gauche, à avoir déclaré qu’elle reconnaîtrait le résultat de ce scrutin, qui se tiendra en ligne du 27 au 30 janvier.

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