Les voies sur berges à Paris restent piétonnes, au moins pour l’instant
Les voies sur berges au coeur de Paris restent piétonnes, au moins pour l'instant. Anne Hidalgo a annoncé jeudi avoir signé un...

Les voies sur berges à Paris restent piétonnes, au moins pour l’instant

Les voies sur berges au coeur de Paris restent piétonnes, au moins pour l'instant. Anne Hidalgo a annoncé jeudi avoir signé un...
Public Sénat

Par Fabienne FAUR

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les voies sur berges au coeur de Paris restent piétonnes, au moins pour l'instant. Anne Hidalgo a annoncé jeudi avoir signé un nouvel arrêté interdisant la circulation routière sur la rive droite, qui accueillera samedi un rassemblement pour dire "non au retour des voitures".

"J'ai pris un nouvel arrêté en tenant compte de ce qu'a dit le tribunal", a annoncé sur France Inter la maire de la capitale en évoquant l'annulation, le 21 février par le tribunal administratif, de cette piétonnisation très polémique depuis des mois. La maire avait immédiatement indiqué faire appel.

Signé mercredi, affiché dans les mairies d'arrondissements et publié au bulletin municipal officiel vendredi, ce nouvel arrêté "a été pris en concertation avec l'Etat et le préfet de police, pour pouvoir maintenir les berges piétonnes", a ajouté Mme Hidalgo.

Il s'appuie sur de nouvelles bases légales, liées à l’intérêt patrimonial et touristique de ce site, alors que la mesure avait été retoquée par le tribunal pour des "inexactitudes" dans une étude d'impact et des références inadéquates à certains articles de codes.

La maire de Paris persiste et signe ainsi dans sa volonté, pour lutter contre la pollution de l'air, de transformer ces berges en parc pour piétons et cyclistes, qui ne seront donc pas "à ce stade" rouvertes aux voitures, a-t-elle dit.

"On verra quelles sont les décisions ultérieures du tribunal", a indiqué Mme Hidalgo, sans nier que les berges puissent un jour revenir à la circulation automobile. "Oui, c'est vrai, il faut le dire assez clairement", a-t-elle concédé.

La maire de Paris s'est par ailleurs réjouie du soutien d'une majorité de Parisiens. Selon un sondage Ipsos commandé par sa mairie, 55% des Parisiens sont favorables à la piétonnisation et 66% approuvent sa politique de réduction de la voiture. "Ca va dans le sens de l'Histoire", a-t-elle commenté.

- Une manifestation avec fanfare et poussettes -

Des centaines d'entre eux devraient d'ailleurs être mobilisés à ses côtés samedi après-midi sur les berges pour un "rassemblement apolitique, convivial, avec fanfare, poussettes, vélos, pour dire +Non au retour des voitures+", a indiqué à l'AFP Olivier Blond, président de l'association Respire et organisateur d'un collectif d'une dizaine d'associations.

Au nom particulièrement des enfants, très touchés par la pollution, "nous voulons qu'une solution soit trouvée, dans le respect des procédures. Il serait dommage qu'on remette des voitures sur la plus belle terrasse de Paris", a ajouté l'initiateur d'une pétition qui avait recueilli jeudi après-midi 31.000 signatures.

Alors que cette piétonnisation fait l'objet depuis des mois d'une polémique sans fin sur les bouchons, le bruit ou l'air pollué, entre Paris, la banlieue, les automobilistes, les écologistes, les élus, etc, le bras de fer continue avec la Région Ile-de-France, partie prenante du recours judiciaire.

La présidente LR Valérie Pécresse a récemment tendu la main à la maire de Paris, avec la proposition alternative d'une voie dédiée à la circulation des voitures à faible allure, avant piétonnisation totale en 2021.

Ce plan, "c'est de remettre des voitures sur les voies sur berges", a rétorqué la maire de Paris en fustigeant une proposition "inopérante et irréaliste".

Mme Pécresse "n'est pas maire de Paris", a-t-elle ajouté, "elle dirige la Région et en cela est responsable des transports publics. Que chacune s'occupe de ce pour quoi elle est mandatée et que bien sûr on travaille ensemble, c'est ma volonté".

"J'exerce pleinement et sereinement ma compétence", s'est défendue Mme Pécresse jeudi soir sur BFMTV. "La région a compétence pour toutes les circulations automobiles sur le périmètre régional", a-t-elle plaidé.

Mais entre exécutif parisien et régional, l'opposition parisienne ne veut pas d'un retour des voitures et "trouve la proposition de Valérie Pécresse d'une voie dédiée aux voitures, difficilement applicable", dit un élu.

Pour l'UDI-Modem, la piétonnisation est une "réalité que l'on ne peut pas remettre en jeu", écrit son président Eric Azière.

Le groupe LR est "très favorable à la piétonnisation", a pour sa part indiqué à l'AFP sa présidente Florence Berthout, qui réclame néanmoins une "grande concertation", de nouvelles études et l'application rapide des propositions régionales type parking-relais ou carrefours intelligents.

Partager cet article

Dans la même thématique

Les voies sur berges à Paris restent piétonnes, au moins pour l’instant
3min

Politique

Lycéens, carburant, agriculteurs : Sébastien Lecornu appelle à l'apaisement sans annoncer de moyens supplémentaires

Dans une allocution de 15 minutes enregistrée depuis Matignon, Sébastien Lecornu a assuré que le gouvernement avait pris conscience des crises que traverse le pays tout en réaffirmant sa volonté de ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut en 2027. S'il affirme ne pas être indifférent aux angoisses des lycéens, il renvoie leurs revendications au débat budgétaire. Il a toutefois annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole afin de faire baisser le prix du litre de gazole à la pompe de 12 à 18 centimes.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Manifestations lycéennes : mis en cause sur sa gestion du maintien de l’ordre, Laurent Nuñez pressé de trouver la voie de l’apaisement

Les mutilations de plusieurs élèves lors des manifestations lycéennes ont remis brutalement sur le devant de la scène la doctrine du maintien de l’ordre. Un rapport du Sénat sur ce sujet sera présenté dans les prochains jours. En attendant, faisant face aux demandes de démission des oppositions de gauche, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes et a longuement justifié l’action des forces de l’ordre, lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.

Le

Memorial Site Honors Victims of the Hamas Attack at the Nova Music Festival
5min

Politique

7-Octobre : Trois ans après l’attaque du Hamas, les juifs de France continuent de vivre un « traumatisme »

L’émotion se fait ressentir en ce 7 octobre 2026. Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, plusieurs commémorations sont prévues en Israël, notamment à Réïm où certains politiques français se sont rendus. En France, le président du Crif explique que les Français juifs continuent de vivre ce « traumatisme » et regrette qu’ils soient « associés à un conflit » dont ils « ne sont pas responsables ».

Le

FRANCE-PARIS-MANIFESTATION ÉTUDIANTE-ÉDUCATION
5min

Politique

Blocus des lycées : dix-huit enquêtes IGPN ouvertes, l’usage des grenades assourdissantes suspendu

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce mercredi 7 octobre la suspension provisoire de l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre des manifestations lycéennes. Cette décision intervient après qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens. Dix-huit enquêtes ont par ailleurs été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis le début du mouvement.

Le