« Les vrais juges de notre travail, ce sont les centaines de milliers de Français qui ont suivi les auditions » déclare Philippe Bas
Invité de l’émission « On va plus loin », Philippe Bas, président de la commission d’enquête au Sénat sur l’affaire Benalla, réagit aux attaques de l’exécutif, après la remise du rapport Benalla.

« Les vrais juges de notre travail, ce sont les centaines de milliers de Français qui ont suivi les auditions » déclare Philippe Bas

Invité de l’émission « On va plus loin », Philippe Bas, président de la commission d’enquête au Sénat sur l’affaire Benalla, réagit aux attaques de l’exécutif, après la remise du rapport Benalla.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Suite à la remise du rapport de la commission d’enquête du Sénat sur l’affaire Benalla, le Premier ministre Edouard Philippe s’est dit « déçu » de l’appréciation « très politique » de la commission. Une réaction de plus, mais de taille, de l’entourage du président de la République, qui semble vouloir instiller l’idée que la séparation des pouvoirs n’a pas été respectée par le Sénat. « Les vrais juges de notre travail ce sont les centaines de milliers de Français qui ont suivi les auditions » répond Philippe Bas, président de cette commission d’enquête et sénateur (LR) de la Manche, sur le plateau d’« On va plus loin ».

« Nous ne commentons pas les commentaires (…) Nous commentons (…) notre rapport, nous expliquons notre travail. Nous disons aussi notre attachement à la séparation des pouvoirs, au rôle spécifique de la justice et (…) au rôle du Parlement dans cette commission d’enquête. »

A la question de savoir si le Sénat a outrepassé ses fonctions en se mêlant de l’organisation de l’Élysée, le président de la commission des lois au Sénat répond, catégorique : « Évidemment pas (…) Savez-vous que la cour des comptes examine les comptes de l’Élysée ? Que le Parlement (…) examine les dépenses de l’Élysée ? Qu’un juge peut venir à l’Élysée faire une perquisition dans un bureau ? (…) Est-ce que oui ou non notre démocratie a atteint la maturité nécessaire pour admettre que l’on n’est pas dans un régime de pleins pouvoirs, qu’il y a des contrôles nécessaires dans l’intérêt même du peuple français, pour le bon fonctionnement de l’État et que le rôle du Parlement est d’assurer l’exercice de ce contrôle en respectant, bien sûr, la Constitution ? »

« Nous n’allons pas faire deux poids, deux mesures » 

Face aux critiques concernant la mise en cause de trois hauts responsables de l’Élysée par la commission d’enquête, Philippe Bas rétorque : « Nous n’allons pas faire deux poids, deux mesures (…) Quand, à la fin du mois de juillet, des collaborateurs du Président nous disent que Monsieur Benalla n’avait pas de responsabilité en matière de sécurité (…) et qu’un mois et demi plus tard on nous remet la fiche de poste, dans laquelle il est écrit qu’il coordonne les services de sécurité (…) nous constatons qu’il y a eu une part de la vérité qui a été retenue (…) Si on nous ment sous serment ou si on retient une partie de la vérité sous serment, à ce moment-là, si on laisse faire, ça veut dire que demain, les commissions d’enquête parlementaires ne serviront à rien. Et que le droit des Français de contrôler l’État sera bafoué. »

Pour conclure, le président de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla a insisté sur sa volonté de se focaliser uniquement sur les faits : « Nous avons l’habitude de faire ce travail, nous avons l’habitude de faire des auditions, nous avons l’habitude de prendre du recul, nous avons l’habitude de rester calmes et sereins.  Nous avons aussi l’habitude de ne pas nous laisser attirer dans des polémiques qui nous feraient descendre d’un étage. »

 

Vous pouvez voir et revoir l’entretien avec Philippe Bas, en intégralité :

OVPL. Entretien avec Philippe Bas, président de la commission d'enquête sur l'affaire Benalla (en intégralité)
13:29

Partager cet article

Dans la même thématique

Gérald Darmanin au Sénat
1min

Politique

[Info Public Sénat] Affaire Lyhanna : le Sénat met en place une commission d’enquête sur le « pilotage de la politique pénale et la prévention de ses dysfonctionnements »

La commission des lois du Sénat va se doter ce mercredi des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna conformément à la proposition de la présidente de la commission, Muriel Jourda. Ses travaux démarreront dans les prochains jours et reprendront après la coupure parlementaire en octobre.

Le

Paris. Nationwide protest following the murder of Lyhanna
4min

Politique

Lutte contre les violences sexuelles : pourquoi l'Espagne est devenue un modèle

Depuis l'affaire Lyhanna, plusieurs propositions sont mises sur la table pour mieux prendre en compte la parole des enfants. Une proposition de loi transpartisane, dite « loi intégrale » ou loi-cadre, est actuellement sur la table du bureau de l’Assemblée nationale, et propose notamment de s’inspirer du modèle espagnol en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. Mais que recouvre exactement cette référence ?

Le

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
7min

Politique

Affaire Lyhanna : vers une commission d’enquête au Sénat sur les « dysfonctionnements de la justice » ?

La commission des lois du Sénat pourrait prochainement se doter des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna. Selon les informations recueillies par Public Sénat, la présidente de la commission, Muriel Jourda, devrait proposer dès mercredi 10 juin à ses collègues d’engager cette démarche

Le

PARIS: Conference de presse de Gerald Darmanin Gardes des Sceaux Ministre de la Justice
6min

Politique

Affaire Lyhanna : l’idée de Gérald Darmanin de redonner à la Chancellerie un pouvoir d’instruction dans les affaires individuelles, « hasardeuse et contreproductive », selon les juristes

Auditionné par la commission des lois du Sénat, sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a évoqué l’idée de revenir sur l’interdiction pour le garde des Sceaux de donner des instructions dans les affaires individuelles. Une possibilité qui existait jusqu’en 2013, avant la réforme sur l’indépendance du parquet.

Le