Levothyrox : vers une commission d’enquête au Sénat ?
Un an après la crise sanitaire autour de la nouvelle formule du médicament soignant la thyroïde, le Levothyrox, la sénatrice communiste, Laurence Cohen souhaite la mise en place d’une commission d’enquête.

Levothyrox : vers une commission d’enquête au Sénat ?

Un an après la crise sanitaire autour de la nouvelle formule du médicament soignant la thyroïde, le Levothyrox, la sénatrice communiste, Laurence Cohen souhaite la mise en place d’une commission d’enquête.
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« C’est quelque chose qui dépasse les clivages politiques. Je ne pense pas qu’une commission d’enquête sur le Levothyrox posera des difficultés au Sénat ». La vice-présidente communiste de la commission des affaires sociales, Laurence Cohen est confiante sur l’aboutissement de sa proposition même si elle n’a pas encore déposé officiellement sa demande au Sénat. Et si l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a confirmé en juillet dernier « la bonne qualité de la nouvelle formule du Levothyrox », la sénatrice préfère « se préserver de toutes supputations » avant la mise en place d’une commission d’enquête.

En septembre 2017, son collègue Alain Milon, président LR de la commission des affaires sociales du Sénat avait émis la même idée. Mais en pleine campagne des élections sénatoriales, la session parlementaire n’avait pas commencé et l’Assemblée nationale ne s’était pas saisie du sujet. L’ancien député socialiste et ancien président de la mission d'information « Mediator », Gérard Bapt, le regrette. « J’étais encore député et je n’ai pas réussi à l’obtenir. Ça n’intéressait pas beaucoup… »

« L'ANSM pointée du doigt »

À cette époque, pendant des mois, des milliers de patients souffrant de la thyroïde avaient alerté sur les effets indésirables (crampes, maux de tête, vertiges, perte de cheveux) de la nouvelle formule du médicament Levothyrox, produit par le laboratoire allemand Merck Serono. Une crise sanitaire où l’efficacité de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) est directement mise en cause (voir notre article). Sur ce point, un rapport « de la mission sur l’amélioration de l’information sur le médicament » remis à Agnès Buzyn ce lundi, pointe « l’absence d’anticipation » du gendarme du médicament dans la crise du Levothyrox, son « absence de réaction aux nombreux signaux facilement repérables sur la Toile » ou encore « la minimisation du ressenti des malades et de la légitimité de leurs signalements ».

Coprésidée par le médecin urgentiste Gérard Kierzek et Magali Leo (membre de l’association Renaloo), le rapport préconise d'adopter une communication « plus cohérente, plus rapide et plus transparente » dans les contextes de crise mais aussi de faire un « effort accru de transparence » afin de rétablir la confiance dans les autorités sanitaires. Par communiqué, la ministre de la Santé s’engage également à fournir « une information plus accessible, plus claire et plus réactive sur le médicament », et, malgré les critiques, confie à l’ANSM la communication d'urgence en cas d'alerte sur un médicament.

« Pour nous, ce type de rapport, c’est de l’enfumage »

Des préconisations qui n’ont pas convaincu l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT). « Pour nous, ce type de rapport, c’est de l’enfumage. Il faut démocratiser le fonctionnement de l’ANSM. Les rapports de pharmacovigilances sont confidentiels et nous ne connaissons toujours pas la composition exacte du Levothyrox. Pour cette raison, la démarche de Laurence Cohen est une très bonne chose » estime Chantal l’Hoir, présidente de l’association.

Gérard Bapt est sur la même ligne. « La démocratie sanitaire et l’écoute des patients ont cruellement fait défaut dans la crise, quand il ne s’agissait pas de mépris pour les associations qui avaient alerté, sans succès, depuis le départ » constate-il dans un communiqué. Médecin de formation, et ancien membre du conseil d’administration de l’ANSM, il pointe également du doigt la responsabilité de l’agence. « La crise du Levothyrox est une défaillance structurelle de notre système d’évaluation et de surveillance du médicament » assure-t-il.

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