À la suite d’un bureau national qui s’est tenu mardi soir, le Parti socialiste a arrêté dans un communiqué que « l’absence de désolidarisation de la France Insoumise avec La Jeune Garde dont certaines pratiques ont conduit à la mort d’un homme » était « inacceptable. » À dix jours des élections municipales, le Parti socialiste estime par ailleurs qu’il ne « saurait » y avoir d’accord au second tour avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, « qui multiplie les caricatures complotistes et propos antisémites intolérables. »
« Intolérables accusations d’antisémitisme de la part du bureau du PS. Insupportable désolidarisation du combat antifasciste qui reprend les attaques de l’extrême droite. Odieuse dénonciation des listes dans plus de 60 villes où le PS est associé à LFI », a répondu Jean-Luc Mélenchon sur X mardi soir.
« Je n’ai aucune leçon à recevoir d’un bourgeois sur son canapé qui fait de l’antisémitisme une expression commune dans beaucoup de ses discours. Personne au Parti socialiste n’a attendu Jean-Luc Mélenchon pour s’investir dans la lutte antifasciste », réplique Pierre Jouvet, eurodéputé socialiste. « Ce que fait Jean-Luc Mélenchon depuis des semaines ne fait que renforcer ceux que l’antifascisme combat. Il est devenu par tactique politicienne l’homme politique le plus détesté de ce pays et est en train de mettre toute la gauche française au ban de la société », a développé ce proche d’Olivier Faure.
Si Pierre Jouvet ne met pas « un trait d’égalité » entre d’un côté, « LFI, leurs électeurs, certains de leurs dirigeants » et, de l’autre, le Rassemblement National (RN), il ne peut pas « pardonner » à Jean-Luc Mélenchon de « donner l’impression que la gauche est plus dangereuse que le RN. »
« J’appelle les Insoumis à se désolidariser des propos de Jean-Luc Mélenchon »
L’échéance électorale des 15 et 22 mars prochains pose la question des alliances entre LFI et les autres forces de gauche. Rappelons qu’aux élections municipales, toute liste ayant obtenu 10 % des suffrages exprimés peut se maintenir au second tour – et que toute liste ayant rassemblé plus de 5 % des voix peut fusionner avec une autre liste qui se maintient au second tour. Aucun accord national entre LFI et le PS n’a jamais été sur la table, mais dans une soixantaine de villes d’après la France Insoumise et un recensement effectué par le député EPR Pierre Cazeneuve, des candidats LFI et PS figurent sur la même liste.
Cette soixantaine de communes regroupe des configurations différentes, avec, d’après L’Opinion, treize villes où le PS dirige une liste qui comprend des candidats LFI – notamment en Île-de-France (à Cachan ou Maisons-Laffitte par exemple) – et trois villes (Mantes-la-Jolie, Wattrelos et Grabels) où des candidats socialistes figurent sur une liste conduite par un candidat Insoumis. Dans les 45 villes restantes, les listes reprennent le format Nouveau Front Populaire (NFP) de 2024, avec des socialistes, des écologistes, des communistes et des Insoumis. « Dans 90 % des villes de ce pays, nous avons rassemblé la gauche et les écologistes. Les Insoumis sont crédités entre 10 et 15 % de voix, ils ne sont en position de gagner dans aucune ville, et on se focalise sur eux. Une alternative est possible autour de nos listes », argumente Pierre Jouvet (PS).
À Toulouse par exemple, le secrétaire général du Parti socialiste (PS) ne ferme pas la porte à une alliance entre les listes de François Briançon (PS) et François Piquemal (LFI), si ce dernier « se désolidarise des propos de Jean-Luc Mélenchon. » « J’appelle les militants et les élus insoumis qui sont abasourdis par les propos de leur leader politique à se désolidariser et à en tirer les conséquences », détaille-t-il.
Dans d’autres villes où les candidats LFI sont moins hauts dans les sondages, comme à Marseille, Pierre Jouvet fixe une règle simple : « S’il y a un risque de voir l’extrême droite gagner dans une ville, et que nous ne sommes pas en position de faire gagner la gauche, nous nous désisterons. Nous appelons LFI à en faire de même. » Dans ses meetings récents à Lyon et à Perpignan, Jean-Luc Mélenchon a quant à lui insisté sur le fait que le scrutin municipal permettait les fusions de listes et que cela pouvait se faire à proportion des résultats du premier tour.