LFI « préfère commenter l’Eurovision », Raphaël Glucksmann « un nouveau François Hollande » : Léon Deffontaines concentre ses coups à gauche

Invité de la matinale de Public Sénat, la tête de liste communiste aux élections européennes a ciblé ses principaux concurrents à gauche, les Insoumis et surtout Raphaël Glucksmann (Place publique / PS), dont il a tancé la ligne « libérale ».
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Plus que jamais, Léon Deffontaines cherche à se démarquer à gauche. Crédité de 3 % des intentions de vote aux élections européennes, le candidat du Parti communiste français cherche la parade pour remonter la pente à quatre semaines du scrutin. Et c’est en direction de ses plus proches voisins dans la campagne qu’il a envoyé ses principes piques, dans la matinale de Public Sénat ce lundi. « Entre la radicalité de Jean-Luc Mélenchon et le libéralisme de Raphaël Glucksmann, il y a une autre voie, il y a une liste rassemblement qui est en train de construire », a-t-il fait valoir. Sa liste autoproclamée « gauche unie », regroupe outre les communistes, la Gauche républicaine et socialiste (GRS) de l’eurodéputé Emmanuel Maurel ou encore des candidats proches d’Arnaud Montebourg.

Premiers ciblés à gauche : les Insoumis, à l’occasion d’une question au sujet de l’Eurovision, organisé ce week-end. « À défaut d’avoir une vision pour l’Europe, certains préfèrent commenter l’Eurovision », s’est exclamé le candidat communiste, citant « notamment LFI ». La semaine dernière, la présidente de leur groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot avait appelé à exclure Israël du concours télévisé de la chanson.

« Il y a une stratégie de la part de leurs dirigeants de parler d’autres sujets que la campagne européenne », a estimé Léon Deffontaines. L’ancien secrétaire général du Mouvement des jeunes communistes de France a néanmoins préservé Manon Aubry, la tête de liste des Insoumis aux européennes, laquelle a du « mérite » de replacer la « question sociale » dans la campagne. Léon Deffontaines érige la défense du pouvoir d’achat en « priorité » et s’est adressé à sa génération. « L’Union européenne, telle qu’elle est actuellement, est une machine à broyer l’avenir des jeunes. Je souhaite une autre Europe ».

« Il y a quelque chose à gauche qui ne va pas »

Si le candidat communiste a concédé que Jordan Bardella (Rassemblement national) était « relativement épargné » dans cette campagne, c’est pourtant à gauche qu’il a poursuivi son offensive, visant principalement le numéro un de la liste de Place publique et du Parti socialiste. « Il y a quelque chose à gauche qui ne va pas […] Quand je vois Raphaël Glucksmann nous défendre l’Europe comme une chance, je comprends les électeurs qui disent si « c’est ça la gauche, alors ce n’est pas pour moi » », s’est exclamé Léon Deffontaines.

L’ancien porte-parole de Fabien Roussel lui reproche en particulier de ne pas soutenir l’idée d’un retour à la retraite à 60 ans, ou encore d’encourager la poursuite de l’élargissement de l’Union européenne. « Intégrer dans l’Union européenne des pays qui ont des salaires minimums inférieurs à 200 euros par mois, ça aura des effets dévastateurs », s’est-il inquiété. Pour Léon Deffontaines, voter Raphaël Glucksmann reviendrait à « voter pour une mise en concurrence accrue des travailleurs ». « Je veux tendre la main à ces électeurs socialistes, sincèrement de gauche, qui ne veulent pas voter pour un nouveau François Hollande », a-t-il résumé.

La nouvelle Europe à laquelle il aspire se fera selon lui par une révision de plusieurs traités, comme le marché européen de l’électricité ou encore le pacte de stabilité, récemment remis à jour pour contenir les déficits et les endettements publics au sein du marché unique. « J’ai envie de dire à Bruno Le Maire ou à Raphaël Glucksmann, aux socialistes européens, qui ont voté pour le retour de ces règles austéritaires : vous n’avez pas le mandat pour mettre ne place ces économies budgétaires. »

Partager cet article

Dans la même thématique

LFI « préfère commenter l’Eurovision », Raphaël Glucksmann « un nouveau François Hollande » : Léon Deffontaines concentre ses coups à gauche
2min

Politique

Présidentielle : « Il faudra que les sociaux-démocrates et les modérés de la droite républicaine se retrouvent, car ce sera la seule façon de s’opposer aux extrêmes », plaide Hervé Marseille

Le président du groupe Union centriste du Sénat, allié des LR à la Haute assemblée, ne ferme pas la porte à un rapprochement « à un moment donné » avec les sociaux-démocrates, tels que François Hollande ou Bernard Cazeneuve, « un homme tout à fait respectable », afin de battre « les extrêmes », avance le président de l’UDI.

Le

LFI « préfère commenter l’Eurovision », Raphaël Glucksmann « un nouveau François Hollande » : Léon Deffontaines concentre ses coups à gauche
3min

Politique

Crise chez Grasset : la ministre de la Culture ouvre la porte à la création d’une clause de conscience pour les auteurs

Interrogée par la sénatrice Sylvie Robert (PS), auteure d’une proposition sur le sujet, la ministre de la culture Catherine Pégard s’est dite favorable à étudier création d’une clause permettant aux auteurs de quitter avec plus de facilité leur maison d’édition en cas de changements imposés par la direction. Une réponse à la crise ouverte chez Grasset par le renvoi de son président Olivier Nora par la direction d’Hachette, aux mains de Vincent Bolloré.

Le

LFI « préfère commenter l’Eurovision », Raphaël Glucksmann « un nouveau François Hollande » : Léon Deffontaines concentre ses coups à gauche
3min

Politique

Audiovisuel public : les nouveaux contrats d’objectifs et de moyens « présentés à l’été au Parlement », affirme Catherine Pégard

Après une commission d’enquête tendue, à l’Assemblée, sur l’audiovisuel public, le président de la commission de la culture du Sénat, Laurent Lafon, regrette que le gouvernement ait abandonné son texte qui créait une holding de l’audiovisuel public. « Je ne crois pas au statu quo », lui a répondu la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Le

LFI « préfère commenter l’Eurovision », Raphaël Glucksmann « un nouveau François Hollande » : Léon Deffontaines concentre ses coups à gauche
2min

Politique

« Ils ont servi la France jusqu’au sacrifice suprême » : le Sénat rend hommage aux deux soldats français tués au Liban

A l’initiative de Gérard Larcher, le Sénat a observé ce mercredi une minute de silence en hommage à Florian Montorio et Anicet Girardin, les deux soldats français victimes d’une embuscade en tant que membres de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). L’occasion pour le président du Sénat de renouveler son soutien au gouvernement libanais.

Le