Libération de Boualem Sansal : « Je ne crois pas que ce soit l’échec de la méthode Retailleau », défend François-Noël Buffet

Alger a fini par accéder à une demande de l’Allemagne de libérer l’écrivain franco-algérien de 76 ans, emprisonné depuis un an. La ligne dure tenue sur ce dossier par l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, n’avait pas permis d’obtenir d’avancées significatives. Le sénateur LR François-Noël Buffet, qui a été ministre à ses côtés, estime toutefois qu’il était « nécessaire d’afficher un élément de fermeté » vis-à-vis des autorités algériennes.
Romain David

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Après un an passé au fond d’une geôle algérienne, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal va recouvrer la liberté. Alger a accepté une demande de l’Allemagne de gracier et transférer l’auteur de 2084 : la fin du monde, lauréat de nombreux prix littéraires, pour qu’il puisse être soigné, annonce un communiqué de la présidence algérienne publié ce mercredi 12 novembre. Boualem Sansal, 76 ans, souffre d’un cancer de la prostate, il devrait donc être rapidement hospitalisé dans un établissement allemand.

« C’est évidemment un grand moment de joie », salue au micro de Public Sénat le LR François-Noël Buffet, qui vient tout juste de retrouver son siège de sénateur du Rhône après avoir passé neuf mois au gouvernement comme ministre auprès du ministre de l’Intérieur. « On est heureux pour lui, bien évidemment, après cette épreuve que l’on qualifie d’injuste. C’est aussi le résultat, sans doute d’un travail de fond, de discussions, de négociations à la fois de nos services bien sûr, mais également d’autres partenaires », souligne François-Noël Buffet.

Il tient toutefois à rappeler que le journaliste sportif Christophe Gleizes, reste arbitrairement détenu en Algérie, accusé notamment « d’apologie du terrorisme ». « Il ne faut pas oublier qu’il est encore là-bas. »

« Peu importe par quel pays il passera, l’important c’est qu’il soit libre »

La libération de Boualem Sansal via le canal allemand semble sonner comme un camouflet pour Bruno Retailleau qui avait opté pour le bras de fer avec Alger, lorsqu’il était encore ministre de l’Intérieur. « Je ne crois pas que ce soit l’échec de la méthode Retailleau. Il fallait à un moment, de toute façon, afficher un élément de fermeté à l’égard de l’État algérien parce qu’il faut que nos relations soient normales, c’est-à-dire que les engagements des uns et des autres doivent être respectés. Il me paraît normal d’être ferme », a voulu défendre François-Noël Buffet.

« Ce qui compte c’est la libération de Boualem Sansal, c’est qu’il retrouve la liberté et c’est ça le plus important. Peu importe par quel pays il passera, l’important c’est qu’il soit libre et ça, c’est merveilleux », balaye l’ancien ministre.

« La menace terroriste est toujours là, ne nous trompons pas »

À la veille des commémorations du dixième anniversaire des attentats de Paris et de Saint-Denis, François-Noël Buffet tient également à rappeler que la menace « est toujours là », même si sa nature a évolué, notamment vers une menace « un peu plus endogène ».

« Il ne faut pas oublier que depuis 2024, nos services ont déjoué 26 attentats. Ce n’est pas négligeable, et ils continuent d’être sur la brèche de façon permanente », pointe-t-il. « La pression est toujours là, ne nous trompons pas. Le calme que nous avons ne doit pas cacher le travail extraordinaire et très important de nos services, tous les jours, pour protéger chacun de nos compatriotes », conclut-il.

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