Liens du RN avec la Russie : « Je savais que le rapport de Renaissance serait injuste, pas qu’il serait malhonnête ! », dénonce Jean-Philippe Tanguy

Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi 5 juin, le député RN Jean-Philippe Tanguy rappelle avoir saisi la justice contre sa collègue, la députée Renaissance Constance Le Grip. Il lui reproche d’avoir éventé le contenu d’un rapport d’enquête sur les ingérences étrangères, qui dénonce notamment la proximité du RN et de la Russie.
Romain David

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Le Rassemblement national pris à son propre piège ? Le rapport de la commission qu’enquête parlementaire sur les ingérences étrangères, lancée à la demande du RN, souligne sa proximité avec la Russie. Le parti de Marine Le Pen y est accusé d’être une « courroi de transmission » du discours de Vladimir Poutine. Des extraits de ce document, qui n’a toujours pas été rendu public, ont été révélés par RMC et Mediapart, tandis que la députée Constance Le Grip, auteure de ce rapport, a évoqué dans un entretien à Libération un « faisceau concordant et concomitant de prises de position, de déplacements, d’affirmations réitérées ». Le RN, de son coté, dénonce une manipulation, alors que cette commission d’enquête avait été largement présentée comme une tentative de diversion de la part du parti à la flamme tricolore, celui-ci cherchant à mettre en lumière les accointances étrangères de ses adversaires politiques.

« J’ai porté plainte a nom de la commission d’enquête pour rupture du secret », indique sur Public Sénat Jean- Philippe Tanguy, le président RN de la commission d’enquête qui accuse la rapporteure Constance Le Grip d’avoir fait de la « politique politicienne ». « Un rapport de commission d’enquête entre le moment où il est voté par la commission et celui où il est rendu public, est tenu au secret. Ce n’est pas une anecdote mais une loi », rappelle l’élu.

« J’estime qu’elle a rompu le secret, je n’ai pas de preuve qu’elle est à l’origine des fuites, sinon j’aurai porté plainte pour cela. Ma plainte n’est pas sur les fuites mais sur le fait qu’elle a donné des interviews à Libération, Sud Radio, et une vidéo sur le site du groupe Renaissance dans laquelle elle décrit par le menu son rapport », détaille cet ancien bras droit de Nicolas Dupont-Aignan. Il indique également avoir saisi Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale, pour une levée de l’immunité parlementaire de la députée.

« Ce rapport ne correspond pas à nos travaux »

Sur le fond, le RN se défend d’avoir utilisé cette commission d‘enquête à des fins politiciennes. « On nous a accuse de vouloir manipuler les travaux de la commission d’enquête pour nous blanchir, mais c’est grotesque. En tant que président, je veille à ce que les travaux se passent bien, mais le RN n’a que 5 voix sur 30 dans la commission. Les auditions, les personnes que l’on invite, ce n’est pas moi que les ai choisies, mais toute la commission. D’ailleurs, Renaissance a refusé l’audition de nombreuses personnes liées à son bord », explique Jean-Philippe Tanguy

« Personne n’aurait donné foi à un rapport du RN sur ce sujet », ajoute le député pour justifier le choix d’une rapporteure issue des rangs de la majorité présidentielle. « J’ai voulu monter que nous étions dans la transparence Je savais que le rapport de Renaissance serait injuste, mais je ne pensais pas qu’il serait malhonnête ! », tacle-t-il

Sur le fond, le RN entend donner une conférence de presse pour répondre aux accusations dont il est la cible, une fois que le rapport aura été publié. « J’ai alerté Yaël Braun-Pivet quand j’ai découvert le rapport sur la malhonnêteté de Constance Le Grip, sur le fait que ce rapport ne correspondait pas à nos travaux », indique encore notre invité. « Toutes les auditions sont publiques, tous nos concitoyens ont pu voir que les services de renseignement, les institutions disaient que l’on ne pouvait rien reprocher au RN. Comment Madame Le Grip est-elle arrivé à ces déclarations ? Je dirais qu’il n’y a pas de preuves dans ce rapport. »

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