Liste LR aux Européennes : « Une bronca » du Sénat a poussé Wauquiez à changer de méthode
Laurent Wauquiez a finalement renoncé à une liste de candidats dans le désordre pour les Européennes. Selon plusieurs sénateurs, la Haute assemblée y serait pour quelque chose dans ce changement de stratégie.

Liste LR aux Européennes : « Une bronca » du Sénat a poussé Wauquiez à changer de méthode

Laurent Wauquiez a finalement renoncé à une liste de candidats dans le désordre pour les Européennes. Selon plusieurs sénateurs, la Haute assemblée y serait pour quelque chose dans ce changement de stratégie.
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Largement approuvée mercredi soir par la commission d’investiture, on connaît désormais les 26 membres de la liste Les Républicains pour les Européennes. Les anciens ministres de Nicolas Sarkozy et eurodéputés sortants, Nadine Morano et Brice Hortefeux complètent le trio de tête déjà connu : François-Xavier Bellamy, Agnès Evren et Arnaud Danjean.

Si Rachida Dati et Michèle Alliot-Marie n’y figurent pas, en revanche, un autre proche de Nicolas Sarkozy, l’ancien directeur général de l’UMP et vice-président de la région Ile-de-France Frédéric Péchenard, fait son entrée en position éligible, à la neuvième place. « J’avais un poulain dans la course et il est arrivé placé » se félicite le sénateur LR de Paris, Pierre Charon qui y voit un pied de nez au président de la République. « Il était demandé partout, il a même eu droit à trois demandes en mariage de la part d’Emmanuel Macron qui a voulu le nommé préfet des Hauts-de-France, ministre délégué à l’Intérieur et préfet de police de Paris » rappelle-t-il.

« Ce n’est pas Sarkozy qui a passé un coup de fil »

Mais pour le sénateur de Paris, cette résurgence des sarkozystes en positions éligibles n’est pas du fait de l’ancien chef d’État. « Ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui a passé un coup de fil depuis sa permanence de Miromesnil. Ce n’est pas la reconstitution d’une liste dissoute. Simplement, nous avons besoin de gens repérables pour conduire la campagne des Européennes ».

En ce qui concerne les nouveaux visages, les porte-parole du parti Laurence Sailliet et Lydia Guirous sont respectivement à la dixième et quatorzième place. La collaboratrice de Christian Jacob à l'Assemblée nationale, Cristina Storoni (12e), l'adjoint au maire de Nice, Bernard Asso (15e) ou encore l'adjoint au maire de Limoges, Guillaume Guérin (17e) sont sur la liste. L’eurodéputé, Geoffroy Didier est lui en septième position.

« Ce sujet a été âprement discuté en réunion de groupe »

Finalement, Laurent Wauquiez n’aura pas été au bout de son idée d’une liste de 30 noms rédigée par ordre alphabétique, renvoyant ainsi à plusieurs semaines l’ordre des positions éligibles. « Ils ont décidé de changer au déjeuner. Je dois dire qu’il y a eu une véritable bronca du Sénat contre cette idée qu’on choisirait à la fin les plus méritants. Gérard Larcher et Bruno Retailleau ne sont d’ailleurs pas venus au siège du parti, hier » confirme Pierre Charon. Bruno Gilles, sénateur des Bouches du Rhône confirme : « Ce sujet a été âprement discuté en réunion de groupe ».

Selon plusieurs membres de la commission, l’ambiance a été bonne pendant les trois heures de discussions. Toutefois, trois membres de la commission d’investiture ont voté contre. Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, la députée des Alpes-Maritimes, Marine Brenier et le sénateur Bruno Gilles. « Il n’y a pas de Marseillais en position éligible. C’est quand même la deuxième ville de France. À l’époque des anciennes circonscriptions régionales, nous avions trois candidats élus pour le Sud Est. Patrick Boré, le maire de la Ciotat, est relégué à la dix-neuvième place. Il faudrait un miracle pour qu’il soit élu. On est passé de trois élus à zéro pour la région » regrette Bruno Gilles. Quant à la quinzième place de Bernard Asso, l’adjoint au maire de Nice, ce n’est pas le candidat que souhaitait Marine Brenier.

Selon, Bruno Gilles, il y avait pourtant un consensus autour de la candidature de la députée des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer. « Sauf qu’il y a quelques jours, ils ont décidé d’une règle interne selon laquelle les parlementaires en fonction ne pouvaient être sur la liste » explique le sénateur.

« Sens commun ne s’est pas senti suffisamment représenté »

Membre de Sens Commun, Marguerite Chassaing s’est abstenue estimant ne pas se sentir suffisamment représentée dans une liste conduite pourtant par François-Xavier Bellamy. « Laurent Wauquiez s’est un peu fâché et lui a rappelé qu’elle ne représentait que 5 000 adhérents » rapporte Pierre Charon.

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