Listes nationales aux élections européennes : la droite du Sénat opposée mais isolée
Le projet de loi instaurant les listes nationales aux élections européennes est examiné par le Sénat, mardi 10 avril. Seul le groupe Les Républicains s’y oppose et ne devrait pas obtenir de majorité pour rejeter le texte.

Listes nationales aux élections européennes : la droite du Sénat opposée mais isolée

Le projet de loi instaurant les listes nationales aux élections européennes est examiné par le Sénat, mardi 10 avril. Seul le groupe Les Républicains s’y oppose et ne devrait pas obtenir de majorité pour rejeter le texte.
Alexandre Poussart

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Plus d’un an avant les prochaines élections européennes (en mai 2019), le projet de loi instaurant des listes nationales lors de ce scrutin sera examiné au Sénat en séance publique, le mardi 10 avril. Le groupe Les Républicains s’y oppose mais ne devrait pas obtenir de majorité pour rejeter le texte car tous les autres groupes y sont favorables, y compris les centristes.

Le projet de loi crée une circonscription nationale unique pour la France aux élections européennes et met fin aux 8 circonscriptions inter-régionales des scrutins précédents. Chaque parti politique présentera une seule liste nationale de candidats au lieu de 8 comme auparavant. "L'idée du président de la République c'est que la nation française doit construire sa vision de la construction européenne, sans différence géographique", explique Alain Richard, sénateur (LREM) et rapporteur du texte.

Les sénateurs Les Républicains pour des listes par régions

Lors de l’examen du texte en commission, le groupe des sénateurs Les Républicains a défendu la création de 13 circonscriptions calquées sur les 13 nouvelles régions. Pour Philippe Bas, le président (LR) de la commission des Lois, « la territorialisation des élus est en effet un principe essentiel pour rendre plus vivante la démocratie. » Des listes nationales affaibliraient, selon eux, la démocratie de proximité.

« Qui connaît son député européen ? »

« Ce lien de proximité avec les députés européens n’existe pas », explique Arnaud de Belenet, sénateur (La République en Marche) de Seine-et-Marne. « Qui connaît aujourd’hui le nom du député européen de sa circonscription ? Même moi je ne le connais pas », concède-t-il.

Un vrai débat national sur l’Europe

« Ces listes nationales permettraient de faire naître un véritable débat national sur l’Europe et d’intéresser davantage les Français », explique Arnaud de Belenet. Lors des européennes de 2014, 42% des électeurs français s’étaient déplacés aux urnes.

Une représentation plus proportionnelle

« On ne peut pas taxer La République en Marche de se favoriser car une circonscription unique va entraîner une représentation plus proportionnelle et fera gagner des sièges aux petits partis », estime le sénateur (LREM). En 2014, le Front national avait obtenu 25% des voix, l’UMP 21%, le PS 14% et l’UDI 10%.

Des clips de campagne en fonction du poids des groupes parlementaires

Le projet de loi réforme la durée des clips de campagne accordée aux candidats. Alors qu’auparavant, chaque groupe parlementaire avait un temps de clip égal, le texte répartit la durée du clip de campagne en fonction du nombre de parlementaires de chaque groupe.

Adopté par l’Assemblée nationale le 13 février, ce texte devrait être voté par une majorité de sénateurs.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Gabriel Attal Meeting
8min

Politique

« Un an pour convaincre » : pour son premier grand meeting, Gabriel Attal mise sur « l’espoir » et joue sa différence avec Edouard Philippe

Devant 5.000 personnes réunies à Paris, Gabriel Attal a réussi sa première grande démonstration de force. Le candidat à la présidentielle entend dessiner un projet loin du « pessimisme » ambiant avec « quatre chantiers capitaux » : l’école, avec « moins de 20 élèves par classe » en primaire, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, et « deux dettes à résorber », celle des finances publiques et du réchauffement climatique. Mais il n’oublie pas de se démarquer de son principal concurrent, un certain Edouard Philippe…

Le

France Vivendi Bollore
5min

Politique

Tribune anti-Bolloré :  Maxime Saada, patron de Canal + nie toute « liste noire »

Même si le président du directoire de Canal+ réfute toute « liste noir », il affirme que le groupe tiendra désormais compte de « la considération portée à Canal+ » dans ses choix de financement. Des propos qui ravivent les tensions avec une partie du monde du cinéma, mobilisée contre l’influence de Vincent Bolloré.

Le

Cour d appel et d ‘assises de Lyon
6min

Politique

Le procès « French Bukkake » aux assises : « Le but est de reconnaître toute la dimension criminelle de l’industrie pornographique », se félicite Laurence Rossignol

Le premier grand procès de l’industrie pornographique se tiendra finalement devant les assises et non devant une cour criminelle départementale. Une victoire pour la cinquantaine de victimes de la plateforme French Bukkake. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a retenu le caractère sexiste et raciste des viols, tout comme l’avait relevé le rapport de la mission d’information du Sénat sur les dérives de l’industrie pornographique remis en 2022.

Le