Logement : le Sénat rejette les crédits de la mission cohésion des territoires
Lors de l’examen du budget pour 2023, le Sénat a rejeté les crédits de la mission « cohésion des territoires », qui comprend des mesures relatives au logement. Les sénateurs ont déploré un budget sans « perspective claire sur la politique du logement ».

Logement : le Sénat rejette les crédits de la mission cohésion des territoires

Lors de l’examen du budget pour 2023, le Sénat a rejeté les crédits de la mission « cohésion des territoires », qui comprend des mesures relatives au logement. Les sénateurs ont déploré un budget sans « perspective claire sur la politique du logement ».
Mathilde Nutarelli

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le 2 décembre, dans le cadre de l’examen du budget pour 2023, le Sénat a rejeté la mission « cohésion des territoires ». C’est au sein de celle-ci que sont votées les mesures concernant le logement : hébergement et accès au logement, aides au logement, politique de l’habitat et de l’urbanisme et politique de la ville.

Un budget sans « aucune perspective claire sur la politique du logement et de l’urbanisme dans les années à venir »

Le budget de cette mission n’a pas réussi à convaincre les sénateurs. En effet, il est prévu par le gouvernement une baisse de ses crédits de 1,9 % en euros constants par rapport à 2022. Le rapporteur de la commission des finances sur le volet logement, le sénateur LR Jean-Baptiste Blanc, regrette un budget « présenté sans que le gouvernement n’ait présenté d’objectifs clairs et tracé une ligne », qui ne présente « aucune perspective claire sur la politique du logement et de l’urbanisme dans les années à venir ».

En l’espèce, la commission des finances regrette des crédits « sous-évalués » dans la politique d’hébergement et d’aide au logement et une « navigation à vue » dans la politique d’hébergement d’urgence. Le rapporteur pointe la décision du 28 octobre dernier du ministre de la Ville Olivier Klein de ne pas supprimer les 14 000 places d’hébergement d’urgence ouvertes pendant la crise sanitaire et initialement vouées à disparaître.

Concernant la rénovation des bâtiments, « il ne suffit pas d’augmenter les crédits pour colmater les brèches des maisons mal isolées. Il faut aussi agir sur la structuration de l’offre : il faut un véritable écosystème de la rénovation des logements », plaide Jean-Baptiste Blanc. « Le logement a besoin d’un cadre stable et clair », abonde Dominique Estrosi-Sassone, rapporteure pour avis de la commission des affaires économiques.

« Action Logement a besoin d’être soutenu »

Autre point de tension de cette mission : Action Logement. L’acteur du logement social, géré de manière paritaire, subit une « pression importante et particulière » déplore Jean-Baptiste Blanc. En effet, dans le texte, le gouvernement souhaite augmenter de 300 millions d’euros sa contribution au financement du fonds national des aides à la pierre (Fnap), mesure supprimée par le Sénat. Ce point de vue est partagé par Valérie Létard, sénatrice centriste du Nord, qui a dénoncé une « pression de l’Etat exercée sur Action logement ». « Action Logement a besoin d’être soutenu », a-t-elle dit au ministre de la Ville.

Enfin, le rapporteur a déploré le manque d’une « stratégie pour faire un modèle économique » pour le « zéro artificialisation nette », mesure qui contraint fortement l’artificialisation des sols.

Un budget qui laisse sceptique sur tous les bancs

Les sénateurs de plusieurs groupes, de droite comme de gauche, n’ont pas été séduits par ce budget. La centriste Valérie Létard regrette : « Le logement est de première nécessité et pas une variable d’ajustement ». Pour l’écologiste Jacques Fernique, il n’y a « pas de vision politique ni de mesures claires » dans le texte. La sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre déléguée au Logement, qui siège au groupe communiste, pointe qu’« aucun réel progrès n’est inscrit [dans ce texte] pour résorber la crise du logement ». Elle parle même de « terreau d’une bombe sociale ».

Partager cet article

Dans la même thématique

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le