Logement : « Le visage des quartiers populaires est en train de changer »
Ce mardi, à l’initiative du groupe Les Républicains, un débat était organisé dans l’hémicycle du Sénat autour de la crise du logement. L’occasion de faire un bilan du quinquennat en la matière, à moins de quatre mois de la présidentielle. Pendant une heure et quart, Nadia Hai, la ministre déléguée auprès de la ministre de la Cohésion des territoires, en charge de la ville, a défendu le bilan d’Emmanuel Macron.

Logement : « Le visage des quartiers populaires est en train de changer »

Ce mardi, à l’initiative du groupe Les Républicains, un débat était organisé dans l’hémicycle du Sénat autour de la crise du logement. L’occasion de faire un bilan du quinquennat en la matière, à moins de quatre mois de la présidentielle. Pendant une heure et quart, Nadia Hai, la ministre déléguée auprès de la ministre de la Cohésion des territoires, en charge de la ville, a défendu le bilan d’Emmanuel Macron.
Public Sénat

Par Steve Jourdin

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

C’est un thème que les associations souhaitent imposer dans le débat de la présidentielle. Dimanche, à Paris, plusieurs centaines de manifestants ont ainsi battu le pavé à l’appel de la DAL (l’association Droit au Logement), afin de remettre la question du logement sur le devant de la scène. Ce mardi au Sénat, le groupe les Républicains a pris le relais. Les élus ont souhaité mettre l’accent sur les raisons de la « crise du logement que connaît notre pays », ainsi que sur le « manque d’ambition de la politique de la ville » du gouvernement.

 

Un manque inquiétant de nouveaux logements

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’Institut Montaigne, think tank considéré comme libéral, le nombre de nouveaux logements n’a cessé de fléchir depuis le début du quinquennat, passant de 500 000 permis de construire en 2017 à 381 000 en 2020. Le niveau de construction neuve est proche de ses plus bas depuis 20 ans. Dans le même temps, l’Insee comptabilise 3 millions de logements vacants.

La crise n’est pas nouvelle. Mais elle s’est accentuée sous le quinquennat selon les oppositions. Alors que le candidat Emmanuel Macron promettait en 2017 un « choc de l’offre » pour faire face à la demande, la sénatrice LR Dominique Estrosi Sassone dresse un constat amer. « Force est de constater que le choc de l’offre a laissé la place à l’aggravation de la crise. L’espoir pour les plus modestes a laissé la place à un horizon bouché. L’effacement des ghettos a laissé la place à la persistance des barrières à l’intégration. » La pénurie concerne tous les types de logement. Alors que l’on compte environ deux millions de demandeurs de logements sociaux, l’offre ne suit pas. « Il était pourtant possible de donner de l’oxygène aux bailleurs sociaux, par exemple en rétablissement le taux de TVA à 5,5 % pour toutes les constructions, ou pour les opérations de rénovation » ajoute la sénatrice des Alpes-Maritimes.

Un constat partagé par le gouvernement, qui refuse néanmoins de porter le chapeau et met en avant son bilan dans un contexte de crise sanitaire. « Nous sommes face à un paradoxe. Alors que la demande est toujours forte dans les grandes villes, la construction de nouveaux logements ne suit pas. […] Cette situation a été accentuée par la crise sanitaire que nous traversons » note la ministre de la Ville.

Alors que seulement 90 000 logements sociaux ont été construits en 2020, Nadia Hai a martelé le nouvel objectif fixé par le gouvernement au mois de février : la construction de 250 000 logements dans les deux années qui viennent. La ministre a aussi rappelé la mobilisation d’un milliard d’euros dans le cadre du plan de relance à destination des quartiers populaires.

 

Des prix en constante augmentation

De la poudre de perlimpinpin pour la sénatrice écologiste Sophie Taillé-Polian, qui accuse le gouvernement de ne pas être à la hauteur de l’enjeu et d’utiliser le milliard d’euros promis aux quartiers pour financer d’autres projets. « Depuis cinq ans, les associations sont en grande souffrance du fait de la fin des contrats aidés. Aujourd’hui, la politique du gouvernement dans les quartiers populaires est une intensification de la pauvreté », accuse l’élue du Val-de-Marne.

Dans un rapport publié en juin, l’OCDE s’est alarmée du poids toujours plus lourd du logement dans le budget des ménages. En France, les prix ont ainsi bondi en moyenne de 88 % ces vingt dernières années, soit bien plus rapidement que les revenus. Le gouvernement assure néanmoins que les promesses fixées par le candidat Macron ont été remplies en matière de politique de la ville. « Est-ce que 131 millions d’euros supplémentaires dans les budgets de la politique de la ville sont un désengagement de l’Etat, après dix années de baisse de ce budget ? […] Je ne le crois pas. Le visage de nos quartiers est en train de changer » veut croire Nadia Hai. Pas assez vite, ont ce mercredi répondu en chœur les groupes d’opposition du Sénat.

Partager cet article

Dans la même thématique

Logement : « Le visage des quartiers populaires est en train de changer »
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le

Logement : « Le visage des quartiers populaires est en train de changer »
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le