Logement : « Quand on est un criminel, on ne doit pas bénéficier d’un logement social » estime Vincent Jeanbrun

Invité de notre matinale, le ministre du Logement n’a pas nié les difficultés d’un secteur en crise, et mise en réponse sur un « plan de relance. » Concernant le logement social, Vincent Jeanbrun défend toujours la fin du « logement social à vie » et l’expulsion de locataires condamnés pour des faits « particulièrement graves. »
Louis Mollier-Sabet

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« Je suis moins ministre du Logement que de la crise du logement », avoue Vincent Jeanbrun après quatre mois passés à la tête de son ministère. « Le marché se tend à tous les niveaux, toute l’Europe est concernée, il faut être dans une logique de plan de relance du logement », ajoute l’ancien député de Seine-et-Marne. Le ministre du Logement a défendu le remplacement du dispositif dit « Pinel » de réduction d’impôts pour encourager les particuliers à investir dans des biens destinés à la location, par un amortissement d’impôt de plus long terme.

Ma Prime Rénov’ : « On met tout en œuvre pour avoir un guichet ouvert toute l’année »

Sur la question des diagnostics énergétiques (DPE), le ministre a défendu le texte porté par Amel Gacquerre au Sénat. « Le risque, c’est que 700 000 logements sortent du parc locatif [à cause d’un DPE pas assez bon]. L’idée c’est de dire qu’on peut continuer à louer avec l’engagement de rénover le bien, en trois ou cinq ans », a développé le ministre.

Vincent Jeanbrun a aussi voulu rassurer sur la pérennité du dispositif Ma Prime Rénov’, suspendu quelques mois par le gouvernement (lire notre article). « Le stop-and-go qu’a connu Ma Prime Rénov’ est délétère. On met tout en œuvre pour avoir un guichet ouvert toute l’année sans fermeture intempestive. J’ai demandé à l’administration de tout mettre en œuvre, avec deux impératifs : lutter contre la fraude et soutenir les rénovations d’ampleur », a développé le ministre.

Enfin, le ministre du Logement est revenu sur l’objectif du gouvernement de mettre fin au « logement social à vie. » « Je défends le fait qu’il puisse y avoir un point d’étape tous les trois ans. Si une famille a une variation très importante de ses revenus, on peut accompagner son parcours dans la diversité du parc. On peut aussi regarder la suroccupation, la sous-occupation », a développé le ministre. « Il y a aussi un enjeu de comportement parce que s’il y a des troubles avérés, des personnes qui cassent les pieds à tout le monde, il faut que le bailleur ait la possibilité de dire ‘vous risquez de ne pas être renouvelés si ça continue.’» a-t-il ajouté.

De même, le ministre défend la possibilité d’expulser d’un logement social une personne condamnée « pour des crimes ou des délits particulièrement graves. » « Il y a une logique de priorisation, quand on est un criminel on ne bénéficie pas de la solidarité nationale dans le logement social », conclut-il.

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