Logement social : le Sénat vote le regroupement des bailleurs sociaux de moins de 10 000 logements
Durant l’examen du projet de loi ELAN, jeudi soir, le Sénat a voté en faveur du regroupement des organismes de logement social de moins de 10 000 logements, abaissant le seuil de 15 000 logements souhaité par le gouvernement.

Logement social : le Sénat vote le regroupement des bailleurs sociaux de moins de 10 000 logements

Durant l’examen du projet de loi ELAN, jeudi soir, le Sénat a voté en faveur du regroupement des organismes de logement social de moins de 10 000 logements, abaissant le seuil de 15 000 logements souhaité par le gouvernement.
Alexandre Poussart

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le Sénat a touché au coeur du projet de loi ELAN : la réorganisation du secteur du logement social. Jeudi soir, les sénateurs ont voté en faveur du regroupement des organismes de logement social de moins de 10 000 logements, abaissant le seuil de 15 000 logements souhaité par le gouvernement.

S’adapter à la réalité du secteur du logement social

Le projet de loi initial, pour réorganiser le secteur du logement social, impose aux bailleurs sociaux détenant moins de 15 000 logements, de se regrouper dès le 1er janvier 2021. En séance publique, les sénateurs ont voté une mesure de la commission des affaires économiques qui abaisse ce seuil à 10 000 logements. Les sénateurs considèrent que le seuil de 15 000 logements sociaux était trop élevé compte tenu de la taille moyenne des organismes HLM et que le seuil de 10 000 correspond à la réalité du secteur.

Bailleurs sociaux : “Oui, il existe des dodus dormants” assume Julien Denormandie

Le secrétaire d’Etat a défendu le regroupement imposé aux bailleurs sociaux et le seuil de 15 000 logements. “Un regroupement sert à faire circuler l'argent entre les uns et les autres”, a expliqué Julien Denormandie, précisant que le projet de loi casse le monopole bancaire pour autoriser les prêts entre bailleurs sociaux. “Oui, il existe des dodus dormants parmi eux-mêmes s'il ne faut pas généraliser. Nous préférons cette circulation de l’argent à une simple ponction”, a-t-il précisé, en référence aux propos d’Emmanuel Macron qui avait qualifié les bailleurs sociaux de “dodus dormants”, avec des réserves financières confortables.

Les sénateurs dénoncent la baisse des ressources des bailleurs sociaux

Dans le débat, les sénateurs ont critiqué la politique du gouvernement qui vise à diminuer les ressources financières des bailleurs sociaux, avec une baisse des aides aux logements d’1,5 milliard d’euros et des loyers perçus par les organismes HLM (budget voté à l’automne dernier). Cette baisse de la capacité financière des bailleurs sociaux est suivie de leur regroupement, prévu par la loi ELAN.

“De nombreux bailleurs avec la tête sous l’eau” Philippe Dallier

“Nous n'avons pas d'autres choix que d'aller vers cette réorganisation, bon gré mal gré ; depuis la loi de finances, nombre de bailleurs se retrouvent la tête sous l'eau, avec un autofinancement négatif”, a estimé Philippe Dallier, rapporteur (LR) du budget du secteur du logement.  Marc-Philippe Daubresse, rapporteur (LR) pour avis de la loi ELAN a interpellé Julien Denormandie : “Vous cassez la relation de confiance entre les offices et les élus locaux. Dans mon département du Nord, l'office départemental fait 230 millions d'euros de chiffres d'affaires, avec 23 millions d'euros d'autofinancement l'an dernier. L'an prochain, ce sera zéro. En abandonnant des pans entiers du territoire, vous risquez de créer une France à deux vitesses.”

Partager cet article

Dans la même thématique

Logement social : le Sénat vote le regroupement des bailleurs sociaux de moins de 10 000 logements
3min

Politique

« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Logement social : le Sénat vote le regroupement des bailleurs sociaux de moins de 10 000 logements
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le