Loi alimentation : le Sénat veut la transparence sur la formation des prix
Les sénateurs ont adopté en séance deux amendements déposés par les communistes et les centristes imposant l’utilisation de formules claires et lisibles dans la construction des prix. La mesure permettra, selon eux, de rééquilibrer les relations au bénéfice des agriculteurs.

Loi alimentation : le Sénat veut la transparence sur la formation des prix

Les sénateurs ont adopté en séance deux amendements déposés par les communistes et les centristes imposant l’utilisation de formules claires et lisibles dans la construction des prix. La mesure permettra, selon eux, de rééquilibrer les relations au bénéfice des agriculteurs.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

C’est un nouveau marathon parlementaire qui a débuté mardi soir au Sénat, cette fois sur le projet de loi agriculture et alimentation. La Haute assemblée doit examiner plus de 700 amendements d’ici vendredi soir, un nombre important mais toutefois moins impressionnant que les 2 400 amendements étudiés par l’Assemblée nationale.

Les sénateurs sont entrés dans le cœur du projet de loi ce mercredi après-midi en adoptant l’article 1, celui qui modifie le cadre applicable aux contrats de vente de produits agricoles. Ils ont notamment adopté deux amendements soutenus par Cécile Cukierman (groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste) et par Bernard Delcros et ses collègues de l'Union centriste. Similaires, ces deux modifications, adoptées contre l’avis du rapporteur Michel Raison (LR) et du gouvernement, veulent imposer une « totale lisibilité sur les modalités de calcul des prix » agricoles, selon Bernard Delcros. Et permettre de rééquilibrer – comme le projet de loi l’espère – le rapport de force entre les deux signataires du contrat.

Introduire une formule « claire et accessible »

« Les prix déterminés ou déterminables » doivent « reposer sur des critères clairs, lisibles et rendus publics », a, pour sa part, exposé le communiste Fabien Gay. « Malgré la sacro-sainte liberté contractuelle, M. le ministre, nous pensons qu’il n’est pas normal qu’un producteur n’arrive pas à comprendre comment le prix a été déterminé. »

Socialistes et membres du RDSE (à majorité radicale) se sont inscrits dans la même philosophie. « L’agriculteur doit comprendre dans des formes très simples comment est fixé le prix, ou alors il est spectateur », a ajouté Didier Guillaume, l’ancien président du groupe socialiste, passé au groupe RDSE.

« L’agriculteur ne signe pas n’importe quoi », répond le rapporteur

Les amendements n’ont toutefois pas reçu le soutien de la commission des Affaires économiques et du gouvernement. « La plupart des contrats sont quand même signés dans le cadre des organisations de producteurs, qui ont quand même la compétence de décortiquer ces prix. Il est intelligent l’agriculteur, il signe un contrat, il ne signe pas n’importe quoi », s’est offusqué le rapporteur du texte Michel Raison (LR), lui-même agriculteur de profession.

Stéphane Travert a lui estimé que les dispositions du projet de loi répondaient déjà à cette problématique. « L’objectif du projet de loi, c’est bien que la formule des prix, qui est négociée par le producteur ou l’organisation de producteur, et l’acheteur, soit effectivement claire, et puisse permettre à chacun de connaître les prix. »

« Personne n’a dit qu’un agriculteur était un âne »

« Personne n’a dit qu’un agriculteur était un âne et incapable de comprendre », a répliqué Didier Guillaume. Bienveillant à l’égard du ministre et de son texte depuis le début de la discussion, le sénateur de la Drôme n’a pas apprécié l’avis défavorable du gouvernement. « Parfois il faut donner des signes ! Il nous semble que pour l’instant, zéro signe n’est donné. Mais je ne doute pas qu’il y en aura dans les trois jours » à venir, a-t-il déclaré.

Cécile Cukierman a elle convoqué l’exemple des emprunts toxiques qui ont empoisonné les collectivités territoriales ces dernières années :

« En proposant ces amendements, personne ne dit que les agriculteurs seraient des idiots et ne comprendraient pas les formules. Attendez mes chers collègues, j’espère qu’ici personne ne pense que les élus locaux, les directeurs d’hôpitaux, qui ont été amenés à signer des contrats toxiques avec des formules illisibles – et y compris parfois construites volontairement difficilement pour amener à la catastrophe qu’on a connue – étaient eux-mêmes des idiots ? »

Les sénateurs LR présents dans l’hémicycle ont suivi le rapporteur et ont voté contre les amendements proposés.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2026 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : quel est le dernier décompte des candidats déjà sur la ligne de départ ?

À moins de huit mois du premier tour, la course à l'Élysée prend forme. L'élection présidentielle se tiendra les 18 avril, puis le 2 mai 2027, dans un paysage politique fragmenté où les sondages placent l'extrême droite en position favorable. Sur la ligne de départ, les prétendants se bousculent déjà, chacun assurant être le mieux placé pour l'emporter. Mais cette liste reste à ce stade provisoire, aucun nom ne sera officiellement retenu avant la validation des parrainages par le Conseil constitutionnel.

Le

Carte sénatoriale 2026 candidats
2min

Politique

CARTE. Elections sénatoriales : découvrez les candidats dans votre département

Les élections sénatoriales auront lieu dimanche 27 septembre. 178 sénateurs sur 348 que compte la chambre haute, vont être élus ou réélus dans 63 départements et dans la circonscription représentant les Français établis hors de France. Découvrez les noms et les listes des candidats par départements.

Le

PARIS – GATHERING FOR RIMA HASSAN AT PARIS COURT.
3min

Politique

Rima Hassan porte plainte devant la CJR contre Laurent Nuñez pour « violation du secret de l’enquête »

Après les révélations de l’émission de France Télévisions, « Complément d’enquête », Rima Hassan porte plainte devant la Cour de Justice de la République contre le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez pour « violation du secret de l’enquête », suite à la diffusion d’une fausse information dans la presse selon laquelle une petite quantité de drogue de synthèse avait été trouvée dans le sac de l’eurodéputée LFI, lors d’une garde à vue en avril dernier.

Le

Budget 2027 : qui sera touché par les économies proposées par le gouvernement ?
7min

Politique

Budget 2027 : qui sera touché par les économies proposées par le gouvernement ?

Fonctionnaires, retraités, assurés sociaux, ministères hors sphère régalienne ou secteurs d’avenir comme l’écologie ou la recherche, familles : les textes budgétaires devraient concerner de larges pans de la société, en se basant sur les premiers éléments communiqués par le Premier ministre.

Le