Loi anticasseurs : « Nous avons ferraillé pour défendre les libertés publiques » considère Loïc Hervé
Loïc Hervé, sénateur centriste de la Haute-Savoie, était l’invité de Parlement Hebdo sur LCP-Public Sénat. Le sénateur est revenu sur la loi anticasseurs, les privatisations et les projets de réforme du parlementarisme.

Loi anticasseurs : « Nous avons ferraillé pour défendre les libertés publiques » considère Loïc Hervé

Loïc Hervé, sénateur centriste de la Haute-Savoie, était l’invité de Parlement Hebdo sur LCP-Public Sénat. Le sénateur est revenu sur la loi anticasseurs, les privatisations et les projets de réforme du parlementarisme.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Sur la loi anticasseurs, Loïc Hervé rappelle qu’il a voté « pour » en première lecture et « contre » en deuxième lecture. Il explique ce choix par les modifications apportées par l’Assemblée nationale, qui ne « correspondent pas à ses valeurs ».

Pour lui, l’article 2, qui permet aux préfets d’interdire de manifester, est « disproportionné », puisqu’ « à aucun moment on ne voit intervenir le juge ». De plus, dans sa formulation, il est « verbeux et mal rédigé ».

Loi anticasseurs : « Le vote du sénat permet d’arrêter l’hémorragie »

Le sénateur appelle à « faire attention aux textes d’appel, qui répondent à un problème ». Ce fut le cas pour la loi anticasseurs, intervenant après les violences du 1er mai et des Gilets jaunes. Pour lui, « notre droit contient déjà assez de dispositions » pour faire face.

Loïc Hervé regrette que le Président de la République n’ait pas attendu le vote pour annoncer la saisine du Conseil constitutionnel. Pour lui, cela montre qu’il « se positionne dans le débat politique », portant atteinte à la séparation des pouvoirs exécutif – législatif.

ADP : « Il faut aller de l’avant et que la transition se fasse »

ADP : « Il faut aller de l’avant et que la transition se fasse » selon Loïc Hervé
04:05

Loïc Hervé rappelle que « le groupe centriste est favorable à la privatisation ». Il confirme que l’État gardera un contrôle sur la gestion des aéroports, en ayant recours au privé pour « un métier qui demande des défis considérables ».

Pour le sénateur, « les parlementaires ont été frileux à cause des autoroutes, qui ont créé des frustrations considérables ». C’est pour cela que le Sénat a demandé des garanties supplémentaires, apportées suite aux débats à l’Assemblée.

Pour Loïc Hervé, « l’essentiel était que l’État garde des parts », ce qui est chose faite avec les 20 % qu’il conserverait. Il souhaite que l’État garde une voix pour s’exprimer au conseil d’administration, avec la légitimité qui est la sienne.

Antiparlementarisme : « Le pays est en crise, il faut bien un coupable, c’est le Parlement »

Antiparlementarisme : « Le pays est en crise, il faut bien un coupable, c’est le Parlement » selon Loïc Hervé
05:50

Loïc Hervé rappelle qu’il a « toujours été favorable à la réduction du nombre de parlementaires », pour « améliorer les conditions de travail ». Il précise : « S’il y a une réduction, sans doute, je la voterai. » Il chiffre cette réduction à 20 ou 30 % des élus.

Il rappelle que « dans toutes les périodes de crise, l’antiparlementarisme s’exprime » et déplore que « l’exécutif et les administrations soient moins mis sur la sellette que les parlementaires », ce qui est « inquiétant ».

Sur le droit de réponse lors des questions d’actualité au Gouvernement, le Sénat le pratique déjà. Pour Loïc Hervé, « ça marche bien, à condition que le collègue n’ait pas rédigé sa réplique avant ». Il est important d’avoir « un vrai échange ».

Sur le droit de pétition et les débats qui s’ensuivent, Loïc Hervé « se méfie ». Il trouve bien que le Parlement débatte, mais, « pendant que le Parlement parle, il n’accomplit pas sa vraie mission qui est d’être sur le terrain ». Ainsi, ça ne lui paraît « pas utile ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Loi anticasseurs : « Nous avons ferraillé pour défendre les libertés publiques » considère Loïc Hervé
3min

Politique

« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.

Le

Loi anticasseurs : « Nous avons ferraillé pour défendre les libertés publiques » considère Loïc Hervé
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le