Loi anticasseurs : « Qui a intérêt à ce qu’il y ait des violences ? » interroge Esther Benbassa
Esther Benbassa, sénatrice rattachée CRCE de Paris, revient, dans Territoire Sénat, sur l’adoption de la loi anticasseurs hier au Sénat. Elle s’exprime, en particulier, sur la saisine du Conseil constitutionnel par Emmanuel Macron et sur le climat de violences dans les manifestations.

Loi anticasseurs : « Qui a intérêt à ce qu’il y ait des violences ? » interroge Esther Benbassa

Esther Benbassa, sénatrice rattachée CRCE de Paris, revient, dans Territoire Sénat, sur l’adoption de la loi anticasseurs hier au Sénat. Elle s’exprime, en particulier, sur la saisine du Conseil constitutionnel par Emmanuel Macron et sur le climat de violences dans les manifestations.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron a annoncé, lundi, saisir le Conseil Constitutionnel sur plusieurs articles. Il espère ainsi faire taire les critiques. Esther Benbassa, elle, « ne croit pas que le Conseil constitutionnel va retoquer les mesures », dans la mesure où « il est constitué d’hommes choisis par Macron ».

« Monsieur Macron n’est pas un enfant de chœur »

Derrière la saisine, Esther Benbassa voit une manœuvre politique. Pour elle, le Président a préféré saisir lui-même pour éviter une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Si la loi est avalisée par le Conseil constitutionnel, elle pourra entrer en application.

Elle considère aussi qu’Emmanuel Macron saisit le Conseil pour « éviter un retour à l’Assemblée », face aux « grognards ». Elle rappelle que le gouvernement avait émis un avis de sagesse, avant que le texte ne soit durci à l’Assemblée, pour arriver au Sénat dans une version « liberticide ».

« On peut arrêter les casseurs en amont et on ne le fait pas »

Esther Benbassa connaît bien les Gilets jaunes, puisqu’elle se rend à leur rencontre chaque semaine. Elle raconte que, systématiquement, elle « voit débouler les casseurs, reconnaissables par leur accoutrement et leur façon d’agir ».

Elle interroge le gouvernement :

« La police a tous les moyens d’arrêter les casseurs en amont, pourquoi elle ne le fait pas ? Qui a intérêt à ce qu’il y ait des violences ? »

La sénatrice a constaté que les casseurs n’étaient « pas plus de 300 », donc qu’ils étaient faciles à contenir. Pour elle, « il y a toujours eu des casseurs en manif, ce n’est pas nouveau », ce qui est nouveau est « le climat de guerre civile » qu’ils instaurent.

Elle appelle donc à « un changement de la doctrine de maintien de l’ordre ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Loi anticasseurs : « Qui a intérêt à ce qu’il y ait des violences ? » interroge Esther Benbassa
4min

Politique

« Le surtourisme transforme les villes en musée » alerte Daniel Salmon, sénateur écologiste 

Avec plus de 10 millions de visiteurs par an, Montmartre est devenu l’un des sites les plus visités de France. Une surfréquentation qui ne va pas sans poser de problèmes pour les quelques 27 000 habitants qui résident à l’année dans ce quartier de la capitale. Anne Renaudie, habitante de Montmartre, raconte les difficultés de cette cohabitation dans l’émission Dialogue Citoyen présentée par Quentin Calmet.

Le

Loi anticasseurs : « Qui a intérêt à ce qu’il y ait des violences ? » interroge Esther Benbassa
5min

Politique

Affaire Lyhanna : « Les hommes se servent, utilisent et abusent du corps des femmes et des enfants en toute impunité », dénonce la sénatrice Laurence Rossignol (PS)

À l’unisson de la gauche, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol pointe ce vendredi, sur Public Sénat, le manque d’éducation et de prévention face aux violences masculines dans le sillage du meurtre de la jeune Lyhanna. Elle regrette le manque de moyens d’enquête pour les crimes sur enfants, mais n’appelle pas à la démission du garde des Sceaux Gérald Darmanin.

Le