Loi de finances : « C’est un budget du moindre effort » déplore Eric Woerth
Le gouvernement a présenté son projet de loi de finances et annonce une baisse de près de 5 milliards d’euros d’impôts sur le revenu pour les Français. Mais pour le président de la commission des finances de l’Assemblée Éric Woerth, ce budget 2020 manque de vision à long-terme.

Loi de finances : « C’est un budget du moindre effort » déplore Eric Woerth

Le gouvernement a présenté son projet de loi de finances et annonce une baisse de près de 5 milliards d’euros d’impôts sur le revenu pour les Français. Mais pour le président de la commission des finances de l’Assemblée Éric Woerth, ce budget 2020 manque de vision à long-terme.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

« C'est exactement le budget qu'on n'aurait pas voulu faire. Il y a deux ans, on aurait proposé à Bercy de faire un budget comme ça, ils auraient dit ‘jamais’ » déclare Eric Woerth. Le projet de loi de finances présenté par Gérald Darmanin et Bruno Le Maire la semaine dernière a mis le pouvoir d’achat des Français au cœur de ses mesures : moins d’impôts sur le revenu, des primes exceptionnelles, suppression totale de la taxe d’habitation dès 2023… 

« C’est un budget du moindre effort, où on laisse rouler la pierre. On nous dit plus de taxe d'habitation, qu'elle va être compensée par le foncier bâti, et puis on nous dit que la TVA va régler tout ça. Ce n’est pas très clair » analyse l’ancien ministre. Pour lui, le gouvernement présente un budget bancal, qui ne va pas réformer en profondeur le pouvoir d’achat des contribuables, parce qu’il ne s’attaque pas à l’augmentation salariale. « L’augmentation du pouvoir d'achat par le revenu ça se fait par la consommation, par l'investissement dans les entreprises, par la compétitivité. Il n’y a rien de tout cela dans ce budget. »

Autre oubli de cette réforme financière selon Eric Woerth, une taxation plus juste des entreprises. « Le gouvernement a commencé à baisser les impôts des entreprises, mais de façon extrêmement faible » déplore-t-il. Il pointe par ailleurs dans le budget 2020 une augmentation de l'impôt sur les sociétés, « certainement être entre 3 ou 4 milliards d’euros, alors que les entreprises ne pensaient pas avoir une augmentation de cet impôt. Encore une fois, ce n’est pas clair. »

Partager cet article

Dans la même thématique

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le