Loi Duplomb : « On voudrait le faire brûler en place publique comme les sorcières au XVIᵉ siècle », réagit le sénateur LR, Olivier Paccaud

La relance du débat sur la réautorisation de pesticides interdits en France avec le nouveau texte du sénateur Laurent Duplomb, a déclenché une violente controverse sur X. En s’attaquant frontalement au sénateur, l’eurodéputée insoumise Rima Hassan a provoqué une vague d’indignation politique.
Emma Bador-Fritche

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Une attaque frontale sur les réseaux sociaux. A l’origine d’une précédente proposition de loi, Laurent Duplomb en a déposé une nouvelle. Visant à permettre à nouveau l’usage de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux pesticides interdits en France mais encore autorisés dans plusieurs pays européens, elle a ravivé un débat hautement inflammable. À l’origine de cette nouvelle flambée politique, une série de messages publiés sur X par l’eurodéputée insoumise Rima Hassan. Elle y prend pour cible le sénateur Les Républicains Laurent Duplomb, auteur du texte, le qualifiant « d’ordure » et affirmant que « dans une démocratie qui va bien, sa place est en prison ». Elle l’accuse également d’être à la solde des lobbies de l’agro-industrie, malgré l’opposition revendiquée de « plus de deux millions de Français ».

La droite dénonce des propos « indignes »

Les réactions n’ont pas tardé. Invité de Parlement Hebdo, le sénateur LR Olivier Paccaud a fustigé la violence des propos. Citant Talleyrand-Périgord, « tout ce qui est excessif est insignifiant » il a jugé l’attaque « totalement indigne de la part d’une parlementaire ». S’il dit ne pas être surpris par les « dérapages » de Rima Hassan, il estime que « sa famille politique pourrait, elle, présenter des excuses ». Olivier Paccaud a également tenu à rappeler l’engagement de Laurent Duplomb, qualifié de « parlementaire courageux et efficace », travaillant de longue date sur les questions agricoles.

Le président des Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, a lui apporté son « soutien total à Laurent Duplomb », dénonçant une élue « lamentable » qui « se complaît dans la haine ». Le chef des députés LR, Laurent Wauquiez, a quant à lui attaqué frontalement Rima Hassan : « Vous pouvez garder vos leçons de démocratie ». Tandis que le sénateur Laurent Duplomb a indiqué à l’AFP avoir saisi la présidence du Sénat. Dans un communiqué, il accuse l’eurodéputée de faire du « chaos » le cœur de son projet politique. Gérard Larcher, président du Sénat, à son tour, a pris à parti Rima Hassan, « Encore une fois Rima Hassan se distingue par ses outrances et ses insultes ». Il annonce que la plainte « a été déposé ».

 

Un élu déjà sous pression et menacé

Le sénateur républicain Olivier Paccaud a également souligné que Laurent Duplomb fait l’objet de menaces de mort depuis l’été dernier. « On voudrait le faire brûler en place publique comme les sorcières au XVIᵉ siècle », a-t-il dénoncé, voyant dans cette polémique l’expression la plus radicale de l’opposition à la loi Duplomb. La tonalité de Rima Hassan suscite aussi des critiques à gauche. La députée écologiste Danielle Simonnet, ancienne membre de La France insoumise, elle aussi invité sur le plateau de Parlement Hebdo a marqué ses distances : « Je n’ai jamais aimé les insultes en politique. Ce n’est pas comme ça qu’on fait avancer le débat », a-t-elle déclaré, tout en reconnaissant que « la colère est totalement légitime ». Selon elle, ce type de sortie « n’aide pas à faire mieux passer le propos », au risque de détourner l’attention du fond du débat sanitaire.

Un débat relancé au Parlement

Face à la polémique, l’eurodéputée insoumise n’a pas atténué ses propos. Jeudi, elle les a justifiés par un témoignage personnel, évoquant le décès de sa mère d’un cancer. « Comme deux millions de Français, j’emmerde Duplomb qui roule pour l’agro-industrie au détriment de la santé publique », a-t-elle écrit.

La nouvelle proposition de loi, qui doit être examinée par le Conseil d’État, prévoit la réautorisation de deux pesticides déjà interdits en France. Un précédent texte sur le même sujet, partiellement censuré par le Conseil constitutionnel, avait suscité de vives critiques à gauche et dans une partie du camp macroniste. Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale avait réuni plus de 2 millions de signatures.

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