Loi d’urgence agricole et débat sur les pesticides : « Il faut se ranger derrière les autorisations européennes », estime le Sénateur Franck Menonville

Co-auteur d’un texte sur la réintroduction de certains pesticides, le sénateur centriste Franck Menonville demande au gouvernement de reprendre ses dispositions dans le projet de loi d’urgence agricole qui sera présenté dans quelques semaines. Auprès de Public Sénat, l’élu rappelle que les substances concernées sont autorisées par la législation européenne.
Romain David

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Le gouvernement refuse de parler des produits phytosanitaires dans son projet de loi d’urgence agricole, un texte promis par le Premier ministre lors des mobilisations de janvier. Alors que ce texte ne devrait pas être présenté en Conseil des ministres avant les élections municipales, plusieurs acteurs appellent l’exécutif à y intégrer les mesures d’une proposition de loi portée par les sénateurs Laurent Duplomb (LR) et Franck Menonville (Union centriste), sur la réintroduction de certains néonicotinoïdes. Si la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a déjà fait savoir, auprès du Figaro, qu’il n’y aurait pas de dispositions sur ce sujet, les élus ne désespèrent pas de faire plier le gouvernement.

« A ce stade, nous n’avons pas le contour exact de la loi », explique Franck Menonville au micro de Public Sénat. « On nous dit qu’il y a un sujet sur la prédation, un sur l’eau et un sur les moyens de production. Quand on dit moyens de production, il est bien évident que cela doit concerner les impasses techniques et technologiques, et la concurrence déloyale que subissent nos agriculteurs vis-à-vis des agriculteurs européens », explique-t-il.

Des produits phytosanitaires « autorisés dans toute l’Europe »

Le texte dont il est le co-auteur vise la réintroduction pour certaines cultures de deux néonicotinoïdes controversés, l’acétamipride et le flupyradifurone. Une première loi sur cette thématique, déjà portée par Franck Menonville et Laurent Duplomb, a été largement censurée cet été par le Conseil constitutionnel. Cette fois, les élus estiment avoir suffisamment recalibré leur dispositif pour passer à travers les fourches caudines de la rue Montpensier.

« Les deux matières actives qui font l’objet de notre proposition de loi sont autorisées dans toute l’Europe, sous couvert bien évidemment des investigations très pointues et très scientifiques de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) », plaide Franck Menonville. « Il faut se ranger derrière les autorisations européennes », martèle l’élu.

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le