Loi immigration : la position des Républicains à l’Assemblée « n’a aucun sens », fustige Jean-François Copé

Pour Jean-François Copé, le projet de loi immigration est un bon texte, attendu par les Français, sur lequel la droite a tort d’ergoter à l’Assemblée nationale, alors qu’elle devrait le voter pour se montrer cohérente.
Hugo Ruaud

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L’ancien ministre, maire de Meaux, déplore le comportement de sa famille politique à l’Assemblée nationale vis-à-vis de la loi immigration. Le projet de loi, passé par le Sénat où il a été fortement durci sous la pression des élus Les Républicains, doit arriver à l’Assemblée d’ici décembre. Au palais Bourbon, les députés pourraient revenir sur la suppression de l’Aide médicale d’Etat (AME), la simplification des expulsions pour les étrangers dangereux, la remise en cause du droit du sol et le retrait de l’article concernant les régularisations dans les métiers en tension. Autant de mesures votées par les sénateurs sous l’impulsion de la droite dans un accord avec les centristes, qui satisfont Jean-François Copé : « Je pense beaucoup de bien de cet accord. Je veux cette loi, comme tous les Français qui en ont assez des tergiversations », insiste le maire de Meaux, ancien dirigeant de l’UMP.

Incohérences des LR

 

Car les tergiversations font florès tant le gouvernement marche sur des œufs et n’a d’autres choix que de jouer les équilibristes pour trouver une majorité et ne pas passer à nouveau par un 49.3. D’un côté, l’aile gauche de la majorité incarnée par le député de la Vienne Sacha Houlié compte bien rétablir l’Aide médicale d’Etat et l’article 3 du projet de loi sur les régularisations dans les métiers en tension pour obtenir un texte équilibré. De l’autre, des députés Les Républicains, à l’instar d’Aurélien Pradié, parlent du texte comme d’une « reculade » et ont d’ores et déjà annoncé qu’ils voteraient contre. Le président du parti, Éric Ciotti et Olivier Marleix, le président du groupe à l’Assemblée, restent, quant à eux, déterminés à obtenir une révision de la Constitution, sans laquelle « rien ne sera possible ». Un positionnement qui agace Jean-François Copé : « Cela fait des années que nous ne sommes pas capables d’avoir une Assemblée nationale en phase avec le bon sens et les attentes du pays », dénonce le maire de Meaux, très sévère avec sa famille politique, dont il dénonce l’incohérence : « On ne peut pas toute la journée dire que ça ne va pas, qu’il faut une politique ferme en matière d’immigration, et quand on a des mesures qui aident à régler un certain nombre de problèmes, ne pas la voter, ça n’a aucun sens ».

L’AME, un dispositif « délirant »

 

Pour Jean-François Copé, le soutien des députés Républicains au projet de loi permettrait de faire voter le texte tel qu’adopté par le Sénat, et ainsi éviter de revenir à sa version initiale. Le maire de Meaux est notamment particulièrement opposé à l’Aide médicale d’Etat, un dispositif « délirant », qui n’a « aucun sens » et dont il faudrait « une bonne fois pour toutes, tirer les conséquences ». Même son de cloche concernant l’article 3 du projet de loi initial, que l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy qualifie de « filière de régularisation ». « On attend combien de temps pour adresser un message aux filières d’immigration mafieuses ? » s’indigne Jean-François Copé. Pour l’ancien président de l’UMP, le fond du problème réside dans l’absence de majorité absolue au palais Bourbon, clé de voûte de la Ve République. Il explique avoir pourtant, en vain, « défendu l’idée d’une coalition intelligente » des Républicains avec la majorité présidentielle après les élections législatives de 2022. « Tous les chapeaux à plume m’ont répondu + on ne veut pas + », regrette Jean-François Copé, pour qui « nous sommes dans un pays qui ne peut plus passer une loi ». A trois ans et demi de la fin de la législature, pour le maire de Meaux, « c’est une folie ».

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