Loi immigration : « S’il y a un désaccord en commission mixte paritaire, je ne vois pas comment le texte pourrait continuer », prévient François Patriat

Invité de « Bonjour chez vous » sur Public Sénat ce mercredi 13 décembre, François Patriat a réaffirmé les positions du président de la République sur le projet de loi immigration. Le gouvernement abandonnera le texte s’il n’y a pas d’accord en commission mixte paritaire, excluant de recourir au 49-3. Emmanuel Macron ne dissoudra pas non plus l’Assemblée nationale.
Stephane Duguet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Après le vote d’une motion de rejet sur le projet de loi immigration lundi à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron a réuni hier soir la Première ministre Élisabeth Borne, certains ministres dont Gérald Darmanin, les chefs de Renaissance, du Modem et un représentant d’Horizons qui composent la majorité présidentielle. Autour de la table, les présidents des groupes parlementaires membres de la majorité présidentielle étaient également présents dont François Patriat, patron des sénateurs Renaissance.


« Le temps est facteur de divergence »

Après le choix du gouvernement d’envoyer le projet de loi immigration en commission mixte paritaire (CMP), le président de la République espère que le texte final sera adopté d’ici la semaine prochaine. Cette commission doit réunir sept députés et sept sénateurs pour trouver un accord – ou non. Comme Emmanuel Macron, François Patriat espère « qu’elle aura lieu lundi » pour un « vote mardi » prochain, explique le sénateur de Côte-d’Or dans « Bonjour chez vous » sur Public Sénat.

Contrairement à la majorité sénatoriale de droite et du centre qui souhaite que la commission se tienne en janvier, François Patriat estime que « le temps est facteur de divergence » et que « si on laisse s’écouler les jours, on va voir les positions maximalistes s’exprimer ». L’ancien socialiste, rallié à Emmanuel Macron depuis 2017 avance qu’il « faudra des concessions de part et d’autre ».

LR « préfère le chaos » accuse François Patriat

Et le défi sera de taille. Éric Ciotti, président du groupe Les Républicains (LR) veut un retour au texte durci par le Sénat qui incluait, par exemple, la transformation de l’aide médicale d’Etat en aide médicale d’urgence. « Cela peut faire l’objet d’une réflexion et d’un texte à part dans le futur, après avoir consulté le Conseil constitutionnel et le Conseil d’Etat », balaie François Patriat qui enjoint LR à « prendre ses responsabilités » et accuse ses parlementaires de « favoriser le Front National », en « préférant le chaos ».

Il met également en garde Les Républicains avant les négociations : « Si les sénateurs Les Républicains disent que c’est à prendre ou à laisser, ça ne sert à rien de faire une commission mixte paritaire. On a toujours, en CMP, fait en sorte que le texte soit transformé ». L’ancien ministre de l’Agriculture de Lionel Jospin juge aussi que « si la droite sénatoriale veut durcir le texte en plus, elle marquerait la volonté qu’elle ne veut pas de texte ».

Ni 49-3 ni dissolution

Lors de la réunion de la majorité à l’Elysée hier soir, le chef de l’Etat a exclu la possibilité de recourir au 49-3 si un accord n’était pas trouvé en CMP. Un désaccord entre la majorité et l’opposition conduirait à une absence de « majorité pour voter le texte et que la responsabilité en incombe aux oppositions qui l’ont durci outrageusement et refusé de débattre », lance François Patriat. « S’il y a un désaccord, je ne vois pas comment le texte pourrait continuer », regrette-t-il. Le texte serait ainsi abandonné en cas de désaccord en commission.

Au vu du blocage à l’Assemblée nationale après le vote de la motion de rejet, plusieurs personnalités politiques étaient favorables à une dissolution. Le sénateur de Côte-d’Or en était, mais Emmanuel Macron a tranché : « L’hypothèse d’une dissolution sur un sujet comme l’immigration est exclue », détaille-t-il. « Une situation avec une majorité comme celle-là, c’est difficile que ça dure », maintient François Patriat pour qui la dissolution s’impose « si vraiment c’est le chaos et que le blocage est total ».

Un texte sur la fin de vie en février

Loin de paralyser l’action gouvernementale, le sénateur Renaissance martèle qu’Emmanuel Macron va continuer de réformer. Parmi les prochains sujets mis sur la table par le président de la République : la fin de vie avec un premier volet sur les soins palliatifs. « Un texte sera présenté en février et débattu après les élections européennes (en juin 2024, ndlr) », rappelle François Patriat qui souligne que « les Français sont favorables à un texte » même si de nouveaux débats tendus avec Les Républicains se profilent.

Partager cet article

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le

Paris Students and Police face to face
6min

Politique

Mobilisation lycéenne : le recours aux gardes à vue est-il justifié ?

Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.

Le