Loi Santé : Agnès Buzyn et Frédérique Vidal face aux sénateurs
Les deux ministres ont été entendues par les sénateurs de la commission des affaires sociales, après l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi relatif l'organisation et à la transformation du système de santé. Agnès Buzyn est revenue sur les déserts médicaux tandis que Frédérique Vidal a détaillé la suppression du numerus clausus.

Loi Santé : Agnès Buzyn et Frédérique Vidal face aux sénateurs

Les deux ministres ont été entendues par les sénateurs de la commission des affaires sociales, après l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi relatif l'organisation et à la transformation du système de santé. Agnès Buzyn est revenue sur les déserts médicaux tandis que Frédérique Vidal a détaillé la suppression du numerus clausus.
Public Sénat

Par Ariel Guez

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Article premier de la loi et mesure phare du texte : la suppression du numerus clausus et de l’année de PACES pour les étudiants de médecine. Selon la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal, sept étudiants sur dix inscrits en médecine échouent en première année. La ministre a précisé les contours de la future suppression du numerus clausus et son remplacement. « L’idée de ces articles un et deux c’est de faire en sorte que l’on puisse démarrer ses études dans son université de proximité, avant de rejoindre un Centre hospitalier universitaire (CHU) et de suivre le cœur de sa formation médicale. Et ensuite, en diversifiant les stages, d’avoir des jeunes qui puissent retourner dans leurs territoires et qui ne soient plus obligés de vivre neuf à quinze ans dans des métropoles avec des CHU », a-t-elle expliqué.

« Les moyens sont en train d’être chiffrés »

Enjeux liés à la suppression du numerus clausus :  le nombre de médecins formés et leurs installations dans les territoires ruraux. « Nous n’avons jamais eu autant de médecins […] Nous avons dans la loi beaucoup de mesures qui visent à renforcer l’attractivité, qui ne passent pas que par des mesures financières. Force est de constater que les mesures mises en place ces dernières années ne sont pas suffisantes », a indiqué Agnès Buzyn.

« Au-delà de l’aspect financier, nous misons sur la qualité de vie au travail. […] Il faut une qualité de vie au travail augmentée. Il n’y a plus que 5% des médecins qui sortent de l’internat et qui souhaitent s’installer en exercice libéral isolé », a-t-elle lancé, tandis que la sénatrice communiste du Val-de-Marne Laurence Cohen a proposé « d’imaginer un conventionnement pour fixer un nombre de médecins par région ».

Interrogée par les sénateurs, la ministre Frédérique Vidal a répondu sur les financements pour mettre en place les mesures évoquées. « ll va y avoir besoin de moyens supplémentaires. Des moyens très importants de façon transitoire. Il y a la question aussi de la modification des épreuves. De ce point de vue-là, les universités et facultés de médecine sont en train de discuter pour savoir comment se mettent en place les épreuves avec probablement une liste d’admissibilité et une liste d’admission. Les moyens sont en train d’être chiffrés ».

« Je ne suis pas la ministre qui a rêvé d‘arriver ici pour fermer des maternités »

Interpellée sur les fermetures de maternités par plusieurs sénateurs, Agnès Buzyn s’est par ailleurs défendue de toute suppression volontaire de maternités. « Nous avons 50000 enfants en moins qui naissent chaque année, quand on considère qu’une maternité moyenne fait un millier d’accouchements par an, on voit l’impact sur l’offre de soins. Mon idée est donc évidemment de préserver le plus longtemps possible des activités de maternités quand je le peux mais quand une maternité ne fonctionne plus qu’avec des intérimaires et que les listes de gardes ne sont pas pourvues, en réalité nous n’avons pas d’autres moyens que de la fermer. […] Mais sachez que je ne suis pas la ministre qui a rêvé d’arriver ici pour fermer des maternités », a-t-elle expliqué.

Agnès Buzyn : « Quand une maternité ne fonctionne plus qu’avec ces intérimaires, nous n’avons pas d’autres moyens que de la fermer »
04:15

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Loi Santé : Agnès Buzyn et Frédérique Vidal face aux sénateurs
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le

Loi Santé : Agnès Buzyn et Frédérique Vidal face aux sénateurs
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le