Loi sécurité globale : « La question se pose sur la suppression de l’article 24 » affirme Loïc Hervé
Le sénateur centriste et co-rapporteur du texte de loi sécurité globale n’a pas écarté l’éventualité de la suppression de l’article 24, sur le plateau de Parlement Hebdo.

Loi sécurité globale : « La question se pose sur la suppression de l’article 24 » affirme Loïc Hervé

Le sénateur centriste et co-rapporteur du texte de loi sécurité globale n’a pas écarté l’éventualité de la suppression de l’article 24, sur le plateau de Parlement Hebdo.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« La question de la suppression de l’article 24 se pose » affirme Loïc Hervé. Invité de l’émission Parlement Hebdo, le sénateur centriste est revenu sur la polémique sur la proposition de loi sécurité globale, dont il est co-rapporteur au Sénat. « Il y a une polarisation sur l’article 24, qui modifie la loi de 1881, et on peut se poser la question de savoir si le droit positif actuel, le droit pénal, ne répond pas en tout ou partie, à la question soulevée par cet article », soutient le sénateur de Haute-Savoie. Il conviendra, selon Loïc Hervé, de jauger de l’utilité de l’article, et de la nécessité, ou pas, de toucher à la loi de 1881 sur la liberté de la presse.

Depuis plusieurs semaines, l’article soulève de nombreuses protestations, de la part de la population, des journalistes, mais également de la part du Parlement, qui accuse la majorité à l’Assemblée nationale de vouloir court-circuiter la navette parlementaire sur l’article 24. « Cela soulève des interrogations sur la manière dont le Premier ministre considère l’application de la Constitution », commente Loïc Hervé, qui réaffirme le rôle du Sénat sur ce texte de loi. « Nous avons déjà le texte, nous avons déjà commencé nos auditions et nos réflexions sur une réécriture de l’article 24. Je crois que le rôle du Sénat est de faire retomber la pression. Nous sommes maintenant au travail, et nous allons faire en sorte d’aborder ce texte de manière sereine. »

« Proposer une rédaction mieux calée juridiquement »

Et le sénateur le précise : si le Sénat a la main sur le texte, il n’est pas hostile aux contributions que souhaiteraient apporter les députés de la majorité. « Que tout le monde participe à l’élaboration de ce texte, c’est magnifique. Le Sénat tient la plume, ceux qui veulent faire des propositions sont les bienvenus, les rapporteurs analyseront les propositions des députés, la démocratie c’est aussi la proposition », assure Loïc Hervé. Contributions extérieures ou pas, le co-rapporteur du texte le précise : les auditions du Sénat ont, quant à elles, déjà débuté. « Nous souhaitons entendre tous ceux qui ont quelque chose à dire sur cet article 24, des conférences des procureurs aux universitaires, en passant par la direction des ministères de la Justice ou de l’Intérieur. Et surtout, nous comptons proposer une rédaction mieux calée juridiquement », conclut Loïc Hervé.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le