Loi sur l’agriculture: « abstention exigeante » d’une majorité des députés UDI-Agir
Une majorité des députés UDI-Agir (UAI) estiment que "le compte n'y est pas" pour rééquilibrer les relations commerciales au...

Loi sur l’agriculture: « abstention exigeante » d’une majorité des députés UDI-Agir

Une majorité des députés UDI-Agir (UAI) estiment que "le compte n'y est pas" pour rééquilibrer les relations commerciales au...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Une majorité des députés UDI-Agir (UAI) estiment que "le compte n'y est pas" pour rééquilibrer les relations commerciales au bénéfice des agriculteurs et exerceront une "abstention exigeante" sur le projet de loi agriculture, avec la menace d'un vote contre en deuxième lecture, a annoncé mardi Jean-Christophe Lagarde.

"Le groupe a décidé majoritairement de s'abstenir", une "abstention exigeante", a déclaré en conférence de presse le coprésident du groupe à la veille du scrutin solennel sur le projet de loi sur l'agriculture en première lecture.

"Cela pourrait devenir un vote contre en deuxième lecture, s'il n'y a pas plus de concrétisations sur le revenu agricole", a-t-il ajouté, "on verra après le Sénat".

Chef de file de son groupe sur le projet de loi, Thierry Benoît a martelé qu'à l'approche de la fin des huit jours et nuits de débats, "le compte n'y est pas sur le rééquilibrage des relations commerciales", tout en saluant le vote d'amendements UAI sur la concentration des grandes surfaces ou pour "donner plus de force" à l'Autorité de la concurrence.

Or, a souligné ce député d'Ille-et-Vilaine, "les Etats généraux de l'alimentation sont nés du constat du président de la République, ancien ministre de l'Economie, d'un manque de revenus des agriculteurs, avec un rapport de force totalement déséquilibré dans les relations commerciales entre les producteurs, les industriels et surtout la grande distribution fédérée en centrales d'achat".

Il a mis en garde le gouvernement: "nous sommes actuellement en période calme parce que les prix agricoles sont un peu moins mauvais qu'en 2016 ou 2015, mais à la première crise cela secouera très fort".

Sur le projet de loi, "le ministre Stéphane Travert a fait montre d'écoute des députés, mais il manque une vision, une feuille de route sur l'agriculture française, et son projet ne prend pas en compte la nouvelle PAC (Politique agricole commune de l'UE, Ndlr)", a encore regretté l'élu UAI.

Quant au débat dans l'hémicycle, les députés UAI ont aussi montré leur "utilité", à ses yeux, sur le volet concernant l'alimentation et le bien-être animal, source de clivages jusqu'au sein de LREM.

Sur le bien-être animal, "nous avons soutenu le ministre lorsqu'il a dit avoir demandé à chaque filière un plan de progrès", a fait valoir M. Benoît.

Idem "lorsque nous avons débattu du glyphosate, où l'objectif du président de la République d'un arrêt en 2021 est maintenu, et où le ministre va travailler avec l'industrie phytopharmaceutique pour faire émerger des produits de substitution, parce que personne ne conteste qu'il faut aller vers une mise en extinction de ce produit, comme des néonicotinoïdes".

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le