Lois de moralisation: le Conseil constitutionnel valide l’essentiel des textes
Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la plupart des dispositions des projets de loi de moralisation de la vie politique,...

Lois de moralisation: le Conseil constitutionnel valide l’essentiel des textes

Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la plupart des dispositions des projets de loi de moralisation de la vie politique,...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la plupart des dispositions des projets de loi de moralisation de la vie politique, adoptés par le Parlement cet été, à l'exception toutefois de la suppression de la réserve ministérielle.

Les Sages ont notamment jugé conformes à la Constitution l'interdiction des emplois familiaux de collaborateurs pour les ministres, parlementaires et exécutifs locaux, ainsi que la suppression de la réserve parlementaire, dont disposent députés et sénateurs pour attribuer des subventions. L'interdiction de la réserve ministérielle, jugée contraire à la séparation des pouvoirs, a en revanche été censurée.

Le projet de loi organique "pour la confiance dans la vie politique", selon son titre officiel, avait été soumis d'office au Conseil constitutionnel, comme le prévoit la Loi fondamentale. Les députés LR avaient pour leur part saisi l'institution de plusieurs articles du projet de loi ordinaire sur la confiance, notamment concernant l'interdiction des emplois familiaux, la création d'une "banque de la démocratie" et la création d'une peine complémentaire obligatoire d'inéligibilité dans certains cas.

Ces deux textes, préparés par l'ex-garde des Sceaux, François Bayrou, et portés devant le Parlement par son successeur, Nicole Belloubet, concrétisent certains engagements du candidat Macron après une campagne présidentielle marquée par les affaires.

Dans un communiqué, Mme Belloubet, ex-membre du Conseil constitutionnel, s'est félicitée: "La loi pour la confiance devait être votée dans les premières semaines du quinquennat: promesse tenue", a ajouté la ministre.

"A ainsi été apporté un démenti formel aux critiques d'amateurisme et aux réticences archaïques exprimées par les tenants de l'immobilisme", a estimé la rapporteur des textes à l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet (REM), également présidente de la commission des Lois.

La suppression de la réserve parlementaire (147 millions d'euros en 2017) avait été âprement débattue par les assemblées, jusqu'à empêcher un accord entre Assemblée et Sénat.

La suppression de la réserve ministérielle (5 millions en 2017, selon le gouvernement, pour des subventions aux collectivités) avait été ajoutée par des amendements du gouvernement et du groupe REM à l'Assemblée.

Du fait de la décision de vendredi, cette réserve pourra donc être maintenue, mais le député constructif (UDI) Charles de Courson a invité le gouvernement à la supprimer de lui-même, tout comme Olivier Faure (PS), chef de file des députés du groupe Nouvelle gauche, qui a fait valoir dans un communiqué que "ce que le Parlement ne peut pas faire par voie législative, le gouvernement peut le faire par voie réglementaire".

Les Sages ont également censuré un article qui devait imposer au Premier ministre de prendre un décret fixant les modalités et les limites de la prise en charge des frais de réception et de représentation des membres du gouvernement.

En outre, a été supprimée la peine complémentaire obligatoire d'inéligibilité pour certains délits de presse punis d'une peine d'emprisonnement (provocation à la discrimination, à l'homophobie, au négationnisme etc), qui aurait porté une "atteinte disproportionnée" à la liberté d'expression. La Licra (Ligue contre le racisme et l'antisémitisme) s'est insurgée contre un "recul inédit et incompréhensible de notre droit en matière de lutte contre la prolifération de la haine raciale et un cadeau aux extrémistes de tout poil".

Par ailleurs, le Conseil constitutionnel a jugé que le droit de communication de certains documents ou renseignements sur la fiscalité des parlementaires, qui devait être conféré à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), n'était pas assorti de garanties suffisantes et par conséquent a été censuré.

Enfin, le Conseil a supprimé un article, considéré comme un "cavalier législatif", qui visait à encadrer la durée pendant laquelle un ex-membre du gouvernement perçoit son indemnité.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le