Loto du patrimoine : « Il serait assez élégant pour le gouvernement de renoncer à cette part de taxes »
Invité de l’émission « On va plus loin », Julien Lacaze, vice-président de l’association Sites et Monuments, estime qu’il serait « assez élégant » de la part du gouvernement de renoncer aux 14 millions de taxes sur les recettes du loto du patrimoine.

Loto du patrimoine : « Il serait assez élégant pour le gouvernement de renoncer à cette part de taxes »

Invité de l’émission « On va plus loin », Julien Lacaze, vice-président de l’association Sites et Monuments, estime qu’il serait « assez élégant » de la part du gouvernement de renoncer aux 14 millions de taxes sur les recettes du loto du patrimoine.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Mardi dernier à l’Assemblée nationale, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des comptes publics, a admis que les taxes sur le loto du Patrimoine n’iront pas au patrimoine mais à l’État, qui prélèvera 14 millions de taxes sur les 200 millions de recettes de ce loto. Suite à cette déclaration, Stéphane Bern, qui a porté ce loto du patrimoine, a réagi en demandant au gouvernement de renoncer à ces taxes.

« Il serait assez élégant pour le gouvernement de renoncer à cette part de taxes et de l’affecter également au patrimoine » estime Julien Lacaze. Le vice-président de l’association Sites et Monuments explique que, contrairement à d’habitude, une grande partie des gens qui ont acheté des tickets du loto du patrimoine « [a] vraiment voulu donner au patrimoine, avant tout », plutôt que de simplement jouer à un loto qui rapporterait un gain.

  Et il ajoute : « Il faut savoir que les sommes qui sont annuellement allouées au patrimoine par le ministère de la Culture, sont très faibles. C’est 330 millions d’euros tous les ans. Ce qui représente 3% du budget du ministère de la Culture, qui lui-même représente 1% du budget de l’État (…) En général on considère que ces 330 [millions], il faudrait les amener à 400 millions »   

Une  loi ELAN qui « va permettre de démolir des monuments en péril »

Pour Julien Lacaze, l’État doit « joue(r) son rôle » et avoir « conscience » que « le patrimoine, c’est d’abord quelque chose qui rapporte » : « Il ne faut pas considérer l’argent qui est alloué comme ça aux restaurations du patrimoine comme étant quelque chose qui se fait  à fonds perdu. C’est vraiment un investissement (… Tous les ans, les touristes étrangers laissent en France, en consommant, 50 milliards d’euros (…) [Le] tourisme à l’intérieur - les Français, qui dans leurs petits week-ends vont découvrir des petites villes - (…) représente 100 milliards. (…) Ces 330 millions qui sont dépensés tous les ans par le ministère de la Culture pour les monuments historiques rapportés à ces 150 milliards, c’est complètement dérisoire. »

Le vice-président de l’association Sites et Monuments considère que de « mauvaises lois » sont faites actuellement, concernant le patrimoine : « Ces 20 millions d’euros supplémentaires qui ont été obtenus grâce au loto du patrimoine, vont permettre de sauver peut-être une dizaine de monuments en péril. Mais parallèlement à ça, on a la loi ELAN qui, elle, va permettre de démolir des monuments en péril qui sont dans les sites patrimoniaux remarquables (…) Il y a un côté très paradoxal de dire, de façon très médiatique, il va y avoir 20 millions d’euros en plus pour sauver quelques monuments en péril. Et d’un autre côté, par une loi très technique, d’introduire des dispositions qui vont peut-être permettre la démolition de centaine de monuments.  »

 

Vous pouvez voir et revoir cet entretien, en intégralité :

Polémique sur le loto du patrimoine. Interview avec Julien Lacaze, vice-président de l’association Sites et Monuments
07:36

Partager cet article

Dans la même thématique

Green party leaders attend Stephane Baly campaign rally in Lille
7min

Politique

Municipales 2026 : l’heure est à « l’introspection » chez les écologistes au lendemain de la perte de plusieurs grandes villes  

Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Annecy… les écologistes ont subi de nombreuses pertes aux élections municipales après leur percée de 2020. Le signe d’un parti qui peine, à l’inverse d’il y a six ans, à apparaitre comme une force motrice à gauche, à l’heure où les propositions écologiques locales sont reprises par ses adversaires, y compris à droite.

Le

Gregory Doucet,Municipal and metropolitan elections in Lyon Vote
6min

Politique

Municipales à Lyon : victoire à la Pyrrhus pour les écologistes, qui perdent la Métropole

La victoire de Grégory Doucet à Lyon a médiatiquement éclipsé la défaite des écologistes à la Métropole, alors que celle-ci dispose d’un budget et de compétences bien plus importantes. La droite conduite par Véronique Sarselli dispose d’une majorité confortable, si la coalition formée autour de Jean-Michel Aulas se maintient telle quelle.

Le

« Un parti déjà solide et bien implanté » : malgré la perte de Nice, Horizons consolide son assise dans les villes et met le cap vers 2027
7min

Politique

« Un parti déjà solide et bien implanté » : malgré la perte de Nice, Horizons consolide son assise dans les villes et met le cap vers 2027

Le parti fondé par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe à l’automne 2021 a remporté 17 villes de plus de 30 000 habitants aux élections municipales. Sa présence dans la France très urbaine est globalement stable, bien que marquée par la perte brutale de Nice, cinquième ville de France. Grâce à son maillage de petites villes, Horizons revendique une progression territoriale.

Le

Paris : Rachida Dati after the results of the first round of France s  2026 municipal elections of Paris
11min

Politique

« On a fait tout ce qu’il fallait faire pour perdre » : Rachida Dati, anatomie d’une cuisante défaite à Paris

ANALYSE – Rachida Dati a perdu son pari électoral dans la capitale, même si elle reste maire du 7e arrondissement. Entre les effets de bord de la loi PLM, qu'elle a elle-même soutenue, et les tensions locales avec Horizons et Renaissance malgré un passage au gouvernement, retour sur une campagne où la cheffe de file de la droite parisienne, réputée pour son franc-parler et sa détermination, semble avoir fini par se couper d’une partie de son électorat.

Le