LR: Après six mois, la méthode Wauquiez fait débat
Prise de décision solitaire, "intimidation" selon certains, présence parcimonieuse dans les médias: Laurent Wauquiez reste...

LR: Après six mois, la méthode Wauquiez fait débat

Prise de décision solitaire, "intimidation" selon certains, présence parcimonieuse dans les médias: Laurent Wauquiez reste...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Prise de décision solitaire, "intimidation" selon certains, présence parcimonieuse dans les médias: Laurent Wauquiez reste imperturbable mais sa gouvernance suscite doutes et critiques, six mois après son élection à la tête des Républicains.

Certes, 44% des téléspectateurs ont jugé M. Wauquiez convaincant jeudi lors de "l'Emission politique", où celui qui se veut le premier opposant à Emmanuel Macron est arrivé deuxième devant Marine Le Pen (41%) mais derrière Jean-Luc Mélenchon (47%).

De quoi rasséréner ses soutiens alors que leur chef, qui avait plutôt réussi son grand oral sur France 2 en janvier, a depuis perdu du terrain avec la diffusion d'enregistrements dans lesquels il passait au lance-flamme une grande partie de la classe politique devant des étudiants à Lyon.

"Il se trimballe une image d'insincérité terrible", juge une figure du parti.

Difficile également de s'opposer frontalement à Emmanuel Macron, ce "président de droite qu'on n'attendait pas", dixit Jean-François Copé.

"On s’oppose avec un logiciel qu’on employait face à la gauche et c’est une erreur", juge un parlementaire qui ne prise guère l'image "aboyeuse" renvoyée par les jeunes députés en pointe contre le gouvernement (Fabien Di Filippo, Aurélien Pradié...).

Avec 8% d'intention de vote à la présidentielle dans un récent sondage, un certain scepticisme s'installe dans les rangs et la méthode de M. Wauquiez est pointée du doigt, notamment sa relative discrétion médiatique.

"Il ne veut pas commettre la même erreur que Copé" qui avait "démonétisé son image" en multipliant les interventions, explique son entourage.

En interne, le président d'Auvergne-Rhône-Alpes avait averti d'emblée: "les chapelles, c'est terminé". Les instances ont été renouvelées, avec un bureau politique aux accents "rhônalpins", de l'avis général. M. Wauquiez en a également créé ou relancé de nouvelles, du "conseil des sensibilités" au "comité stratégique".

"Ce n'est pas quelqu’un qui partage toujours la décision, plutôt quelqu'un d’intuitif, qui teste des idées, compartimente les choses. Ca crée des frustrations, des incompréhensions", décrypte un dirigeant.

"Si j'en crois le nombre d'élus qui n'ont pas encore intégré l'équipe et qui témoignent de leur disponibilité, ça n'est pas le bagne", assure-t-on à la présidence.

Alors que M. Wauquiez doit déjà compter avec l'opposition interne de Valérie Pécresse, plusieurs membres de "sa" direction décrivent une gouvernance solitaire, un chef s'appuyant essentiellement sur ses proches collaborateurs.

"Il ne règne que par l'humiliation, la menace et l'intimidation", lâche une source proche de la direction tandis qu'une autre le voit enfermé dans "une forme de paranoïa".

-'Sur le temps long'-

"C'est toujours plus facile de se plaindre en dehors des réunions de direction", rétorque la porte-parole Laurence Sailliet.

"Il leur fait un peu peur", relève un soutien, tandis que son entourage ne "nie pas" une prise de décision "rapide" mais jugée préférable à la "cacophonie".

Cité en contre-exemple, le "cas d'école" Darmanin: l'appel à la démission du ministre des Comptes publics, depuis mis hors de cause dans des enquêtes pour viol et abus de faiblesse, est tombé un lundi matin, avant d'être débattu en réunion le mardi. Cacophonie assurée sur un sujet sensible. "Il a maintenu Darmanin au pouvoir", regrette un dirigeant.

"On pourrait arriver au même résultat avec quelque chose de plus participatif", estime un député qui dénonce cependant un "faux procès" intenté au patron de LR, "accessible et à l'écoute, contrairement à ce qu'on croit".

"Laurent Wauquiez, ce n'est pas François Hollande. C'est un chef: il n'hésite pas à trancher. Mais il consulte beaucoup", défend un proche.

Président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau juge qu'il est "trop tôt" pour ausculter la méthode Wauquiez. "Il est sur le temps long, il veut porter l'étendard de la droite sur les cinq prochaines années", rappelle le vice-président Damien Abad.

Mais à un mois du Conseil national consacré à l'Europe, beaucoup ont relevé le propos prêté par Le Canard enchaîné à Nicolas Sarkozy, qui pousserait M. Wauquiez à prendre lui-même la tête de liste LR pour les européennes. Le "baiser qui tue", selon un ténor.

Partager cet article

Dans la même thématique

French Prime Minister Sébastien Lecornu Chairs Crisis Cell in Marseille Over Heatwave
6min

Politique

« La chaleur monte encore d’un cran » : la canicule inquiète l’exécutif, entre feux de forêt record et passages aux urgences en hausse

Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le

Paris: Debat reforme des retraites au Senat
5min

Politique

Sénatoriales : Guillaume Gontard va quitter la présidence du groupe écologiste, après six années passées à sa tête

Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.

Le