Virginie Calmels limogée, Valérie Pécresse en embuscade, Sarkozy qui exhorte au rassemblement: six mois après son élection à la tête de LR, Laurent Wauquiez peine à unir un parti traumatisé par les élections de 2017 et pris en étau entre LREM et le Rassemblement national (ex-FN).
LR: Calmels limogée, Pécresse en embuscade, Sarkozy appelle au rassemblement
Virginie Calmels limogée, Valérie Pécresse en embuscade, Sarkozy qui exhorte au rassemblement: six mois après son élection à la tête de LR, Laurent Wauquiez peine à unir un parti traumatisé par les élections de 2017 et pris en étau entre LREM et le Rassemblement national (ex-FN).
Par Baptiste PACE
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Virginie Calmels limogée, Valérie Pécresse en embuscade, Sarkozy qui exhorte au rassemblement: six mois après son élection à la tête de LR, Laurent Wauquiez peine à unir un parti traumatisé par les élections de 2017 et pris en étau entre LREM et le Rassemblement national (ex-FN).
"Sans le rassemblement, rien n'est possible". En déplacement à Port-Leucate (Aude), Nicolas Sarkozy a réagi lundi à la mise à l'écart de Mme Calmels décidée dimanche soir par Laurent Wauquiez. Tout en prenant soin de préciser que "ce n'est plus [sa] vie" et que "chacun fait ce qu'il croit devoir faire".
Par un communiqué laconique qui ne la mentionne pas même nommément, le patron de LR s'est séparé de sa vice-présidente déléguée Virginie Calmels, qui l'avait rejoint l'été dernier lors de sa campagne pour la présidence du parti. L'épilogue de deux semaines de conflit ouvert avec les critiques sur le "dysfonctionnement" du management du patron de LR formulées par l'adjointe bordelaise d'Alain Juppé.
Virginie Calmels accompagne Laurent Wauquiez en septembre 2017 lors de la traditionnelle ascension du Mont Mezenc
AFP/Archives
Mme Calmels a choisi "l'isolement en attaquant publiquement la feuille de route de notre mouvement, pourtant plébiscitée par les adhérents il y a six mois", s'est justifié M. Wauquiez lundi dans un courriel aux adhérents de LR, avant de participer à Lyon à une réunion publique de Sens Commun, émanation de la Manif pour tous au sein du parti.
Devant sa présidente nationale Laurence Trochu et une cinquantaine de personnes, il a fustigé "les habitudes terribles de lâcheté, de divisions, d'erreurs, de fragmentation qui ont fait tant de mal à notre famille politique". "Ce qui nous intéresse, ce sont les valeurs mais pas les petits égos des uns et des autres", a-t-il dit en taclant "ceux qui pensent que mettre le drapeau français sur un tract est devenu un crime passible des plus hautes trahisons".
M. Wauquiez "impose à la droite une ligne unique qui est en fait identitaire et populiste", avait rétorqué Mme Calmels sur TF1, jugeant le tract "Pour que la France reste la France", objet de la discorde, "digne du Jean-Marie Le Pen d'il y a trente ans". "Peinée aujourd'hui pour cette famille de la droite (...) en train d'éclater sous nos yeux", elle s'est dite "soulagée" à titre "personnel".
Selon les statuts du parti, la décision de nommer un nouveau vice-président délégué doit être soumise à l'approbation du Conseil national, ce qui devrait être à l'ordre du jour du prochain le 30 juin à Menton. Le Conseil est "acquis à Wauquiez", estime-t-on tant au sommet du parti que dans l'entourage de Valérie Pécresse.
La plupart des membres de la direction ont fait bloc derrière M. Wauquiez après cet "épisode dérisoire", selon le mot du numéro trois Guillaume Peltier, dont l'opposition à Mme Calmels était notoire.
- Pécresse réunit ses cadres dimanche -
Celle-ci est donc remplacée par Jean Leonetti. Centriste respecté, qui avait succédé en 2011 à Laurent Wauquiez au poste de ministre délégué aux Affaires européennes, le maire d'Antibes se retrouve vice-président délégué, président du Conseil national, président du "Conseil des sensibilités" récemment créé, et son nom circule même pour conduire la liste LR aux élections européennes l'an prochain.
Pressé par un nombre grandissant de responsables ou dirigeants de LR de conduire lui-même la liste, Laurent Wauquiez a de nouveau opposé une fin de non-recevoir. "C'est ferme et définitif", a réaffirmé lundi une porte-parole, Laurence Sailliet.
La présidente de la Région Île-de-France Valérie Pécresse à Paris, le 30 janvier 2018
AFP/Archives
Une telle décision ferait "pourtant du sens", a estimé Valérie Pécresse, rivale de M. Wauquiez, en présentant lundi les propositions pour l'Europe de son mouvement, "Libres!".
"Je me suis inquiétée il y a six mois du rétrécissement de notre famille politique, c'est un danger, une menace pour la droite française", a jugé la présidente de la région Ile-de-France, qui ne s'était pas présentée face à M. Wauquiez lors de la campagne interne.
"Je ne pense pas qu'on rétrécisse la droite en nommant vice-président une personnalité venant du centre", a rétorqué Laurence Sailliet.
Mme Pécresse "a préféré par confort se créer son propre petit parti dans lequel elle s'est autoproclamée présidente", a taclé lundi l'eurodéputée Nadine Morano.
Valérie Pécresse, dont le mouvement est devenu associé à LR en janvier lors d'un Conseil national houleux, réunira ses cadres dimanche près d'Orléans. Libres!, ouvert tant aux adhérents qu'aux non-adhérents de LR, revendique un millier d'élus.
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