LR: Laurent Wauquiez, à peine installé, déjà contesté
Laurent Wauquiez, invité jeudi soir de l'émission politique sur France 2, doit affronter la fronde de ses deux concurrents...

LR: Laurent Wauquiez, à peine installé, déjà contesté

Laurent Wauquiez, invité jeudi soir de l'émission politique sur France 2, doit affronter la fronde de ses deux concurrents...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Laurent Wauquiez, invité jeudi soir de l'émission politique sur France 2, doit affronter la fronde de ses deux concurrents malheureux de l'élection interne, Florence Portelli et Maël de Calan, alors que le parti est déjà marqué par une vague de départs ou de mises en retrait.

Jeudi soir, le président d'Auvergne-Rhône-Alpes, qui n'était pas dans sa région pour accueillir jeudi matin Emmanuel Macron, passe un véritable test cathodique. Après une séquence tournée ce week-end en Lozère dans un centre de migrants, il débattra notamment avec Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement.

Cette absence lors de la visite du chef de l'Etat démontre qu'"il est mal parti" pour incarner "l'opposition républicaine", a estimé le patron des députés LREM, Richard Ferrand, lors de l'émission "Questions d'info" LCP-Le Point-AFP.

Mais la contradiction vient d'abord de l'intérieur. "On aimerait qu'il nous explique ce soir sa volonté de rassemblement", a lancé jeudi Maël de Calan, qui conteste la trop faible place accordée à ses proches au sein du futur bureau national du parti.

M. de Calan (9,25% des suffrages en décembre) et Florence Portelli (16,11%) ont écrit une lettre commune à M. Wauquiez lui demandant de "reconsidérer [sa] position" et de "respecter [ses] engagements".

"Tu nous as proposé une représentation au bureau politique inférieure de moitié à ce qui devait ressortir du scrutin de décembre - 10 représentants sur 80, sans compter les membres de droit que tu nommes pour la plupart d'entre eux", écrivent les deux ex-candidats.

Ils demandent "une vingtaine de postes" à eux deux, selon M. de Calan, qui voit dans ce "reniement de la parole donnée" un "vrai signe d'exclusion" pour un parti déjà marqué par une "hémorragie" de cadres.

Florence Portelli, arrivée devant la presse avec une heure et demie de retard pour cause de difficultés dans les transports, voit dans cet épisode "la démonstration que Les Républicains s'orientent vers une gestion à l'ancienne".

- "Premier stalinien de l'histoire de la droite" -

"Si Laurent Wauquiez est le premier stalinien de l'histoire de la droite, ce sera sans moi", a asséné la maire de Taverny (Val-d'Oise), dénonçant également "des propos un peu méprisants, voire misogynes" de Laurent Wauquiez, élu président de LR dès le 1er tour avec près de 75% des voix.

Mme Portelli et M. de Calan menacent de "se faire entendre en dehors" des instances s'ils n'obtiennent pas gain de cause. Ils ne vont pas jusqu'à menacer explicitement de quitter le parti. "On verra", a dit Mme Portelli.

L'ancienne porte-parole de François Fillon ne se rendra pas au Conseil national de samedi à la Mutualité à Paris, car cette instance "ne sert à rien". Maël de Calan a demandé à y prendre la parole.

Mercredi, la secrétaire générale du parti Annie Genevard exhortait ses troupes à "contrer la caricature dont [Laurent Wauquiez] est l'objet", une "insupportable entreprise de démolition qui ne fait pas honneur à la démocratie".

Le futur bureau politique du parti (80 membres désignés dont 50 parlementaires) sera dévoilé et soumis à l'approbation du Conseil national, dont la présidence va revenir à Jean Leonetti, après le refus de Valérie Pécresse.

Après une matinée à huis-clos réservée au vote --bureau politique, commission nationale d'investiture, commission des recours--, M. Leonetti ouvrira les débats dans l'après-midi. Le président du Sénat Gérard Larcher doit également s'exprimer, avant un discours de clôture de Laurent Wauquiez. De "jeunes adhérents" sont également invités à s'exprimer, selon Mme Genevard.

La secrétaire générale adjointe aux fédérations Virginie Duby-Muller a pour sa part indiqué qu'elle et ses collègues se rendront dans l'ensemble des fédérations d'ici l'été, pour "prendre la température" dans la perspective des élections internes d'octobre.

Nouveauté, selon Mme Genevard: les listes électorales pour ces scrutins (présidents de fédérations, délégués de circonscriptions, conseiller nationaux) ne seront pas arrêtées au 30 juin mais à 30 jours du scrutin, pour "une plus large adhésion".

Quant au "cabinet fantôme" envisagé pour contrer le gouvernement d'Emmanuel Macron, "il y aura deux profils: des jeunes talents" et "des députés compétents sur un certain nombre de sujets techniques", a expliqué le 3e vice-président du parti Damien Abad, citant notamment les députés Aurélien Pradié et Pierre-Henri Dumont.

Partager cet article

Dans la même thématique

LR: Laurent Wauquiez, à peine installé, déjà contesté
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le