LREM embarrassée à Lyon par le cas des époux Collomb
La République en marche en mission Casques bleus: le parti présidentiel est confronté à une délicate opération de médiation dans...

LREM embarrassée à Lyon par le cas des époux Collomb

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Par Jérémy MAROT à Paris et Pierre PRATABUY à Lyon

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La République en marche en mission Casques bleus: le parti présidentiel est confronté à une délicate opération de médiation dans le Rhône, où la référente Caroline Collomb est contestée par une partie des militants, sur fond de guerre de succession à Lyon depuis le retour de son mari Gérard.

Le nouveau patron du parti, Stanislas Guerini, a récupéré un dossier qu'avait remisé sous la pile son prédécesseur Christophe Castaner, pourtant alerté par un courrier de parlementaires avant l'été, puis une lettre ouverte de marcheurs en octobre.

"La situation embarrasse tout le monde", confie le député local Jean-Louis Touraine (LREM). En témoigne une réunion prévue mardi avec une petite délégation de mécontents, et qui a été annulée car "les conditions de sérénité" n'étaient pas assurées, dit-on à LREM.

Au centre des crispations, la gouvernance supposément sans partage de Caroline Collomb, épouse de l'emblématique maire. Nommée référente départementale du parti en octobre 2017, elle voit se développer une fronde (minoritaire) mêlant adhérents, animateurs de comités locaux et parlementaires.

"Elle tient le mouvement de façon autoritaire", affirme le député Thomas Rudigoz, déplorant que Mme Collomb "refuse les comités politiques". Dans ces instances, prévues dans chaque département, cadres du partis et élus doivent notamment élaborer la statégie en vue des municipales de 2020. "Mais elle a peur de perdre la main", grince M. Rudigoz.

"J'ai passé outre le sujet Caroline Collomb", évacue la députée Anne Brugnera.

Mme Collomb est également accusée d'avoir créé, pour asseoir son emprise, des comités locaux à sa main dans certains arrondissements lyonnais, en concurrence de comités déjà existants.

"Je travaille en lien direct avec les animateurs des comités, des commissions et nos parlementaires que je rencontre régulièrement pour qu'ils puissent ainsi s’investir dans la vie du mouvement", assure Mme Collomb dans une déclaration écrite transmise à l'AFP.

Derrière ces dissensions se dessinent en réalité les ambitions fratricides pour les prochaines élections à la mairie et la métropole. Démissionnaire du gouvernement début octobre 2018 dans des conditions rocambolesques, afin de s'occuper de "sa" ville, Gérard Collomb n'y a pas vraiment reçu l'accueil qu'il espérait.

- "Spectacle d'egos" -

S'il a repris place dans le fauteuil du maire, son ancien lieutenant David Kimelfeld est bien accroché à la présidence de la métropole, siège du véritable pouvoir lyonnais, qu'il briguera en 2020. Peu à peu, deux clans se forment et menacent de déchirer le parti.

D'autant plus que des marcheurs ont été douchés par l'annonce, à peine la place Beauvau quittée, que M. Collomb briguerait un quatrième mandat sans l'étiquette LREM, mais sous une bannière de rassemblement. Puis a couru le bruit que Mme Collomb aurait l'ambition de figurer, bien placée, sur sa liste. De quoi heurter la base.

Après avoir mis un an à réunir une première fois les députés, dans un département où LREM est roi avec 11 des 14 circonscriptions, la référente les a revus le 14 janvier. A été mis sur la table un conflit autour de deux micro-partis - l'un pour Gérard Collomb, l'autre proche de David Kimelfeld - en vue du prochain scrutin.

Au siège de LREM, on tente de dédramatiser en écartant l'hypothèse d'une éviction de Caroline Collomb. Elle a été aperçue il y a 10 jours à Paris pour un séminaire de référents, une première interprétée comme le signe qu'elle compte se plier aux règles.

La direction, qui a obtenu l'assurance que des comités politiques se tiendraient désormais, a également rencontré des parlementaires et tient pour acquis que Mme Collomb ne nourrira aucune ambition en 2020.

Surtout, Paris estime que la situation se décantera d'elle-même, Gérard Collomb finissant par se ranger à l'idée qu'il lui faudrait se contenter de la mairie. Selon des sources concordantes, le conseiller du président Philippe Grangeon ferait office de médiateur.

"Il y a de la place pour deux", souffle un bon observateur de la vie lyonnaise. "Kimelfeld et Collomb sont condamnés à s'entendre. Ils ont chacun intérêt à avoir le soutien de l'autre. Tout ceci manque beaucoup de bon sens", se désole cette source face à un "spectacle d'egos et de cyniques".

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