Lutte contre le communautarisme : la gauche sénatoriale demande le retrait du texte de l’ordre du jour du Sénat
Alors que le Sénat s’apprête à examiner un texte de la droite pour lutter contre le communautarisme et renforcer la laïcité, les groupes PS, communistes et écologistes demandent le retrait de la proposition de loi afin de permettre une « discussion sereine », sans lien avec l’émotion suscitée par l’assassinat de Samuel Paty.

Lutte contre le communautarisme : la gauche sénatoriale demande le retrait du texte de l’ordre du jour du Sénat

Alors que le Sénat s’apprête à examiner un texte de la droite pour lutter contre le communautarisme et renforcer la laïcité, les groupes PS, communistes et écologistes demandent le retrait de la proposition de loi afin de permettre une « discussion sereine », sans lien avec l’émotion suscitée par l’assassinat de Samuel Paty.
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A quelques heures de l’examen de la proposition de loi constitutionnelle de la majorité sénatoriale visant à lutter contre le communautarisme, la gauche affine sa position. Les sénateurs examinent en effet, à 17 heures, la proposition de loi LR et Union centriste visant à inscrire dans la Constitution « la prééminence des règles de la République » (à suivre en direct sur Public Sénat). Un texte écrit à six mains par les présidents de groupe LR et UC, Bruno Retailleau et Hervé Marseille, et Philippe Bas, ancien président LR de la commission des lois. Il résonne avec l’actualité tragique de l’assassinat de Samuel Paty. Il s’agit cependant d’un pur hasard du calendrier parlementaire. Le texte était déjà à l’ordre du jour avant l’attentat.

La gauche ne prendra pas part au vote

Mais justement, selon la gauche sénatoriale, ce n’est pas le moment. Les groupes socialistes, communistes et écologistes estiment que le contexte ne se prête plus à l’examen de la proposition de loi. « Que la droite veuille faire de la politique, c’est une chose. Mais je pense qu’il aurait pu être envisagé, vu le contexte, que LR et UC retirent ce texte pour prendre de la hauteur » affirme à publicsenat.fr Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat. Le sénateur du Nord ajoute :

Ça aurait été une mesure d’apaisement de retirer le texte. (Patrick Kanner, président du groupe PS)

« Notre position sera de ne pas prendre part au vote », annonce le patron des sénateurs PS. Manière d’exprimer leur désaccord. Les socialistes avaient dans un premier temps décidé, la semaine dernière, de déposer une motion préalable pour tenter de stopper l’examen de la proposition de loi. « Nous considérions que le texte était inutile et j’irais même plus loin, dangereux, car il affaiblit la force de la loi » explique le sénateur PS Jean-Yves Leconte, auteur de la motion. « Mais compte tenu du contexte, on ne peut pas évacuer le débat et les arguments de fond » considère finalement le sénateur. Les socialistes ont donc retiré leur motion, préférant participer au débat… pour mieux le dénoncer.

Le groupe communiste écrit à Gérard Larcher

La présidente du groupe CRCE (communiste), Eliane Assassi, a pour sa part carrément écrit au président LR du Sénat, Gérard Larcher, pour lui demander officiellement de retirer le texte de l’ordre du jour. « Faire front ensemble, résister à l’obscurantisme et aux menées de groupes islamistes radicaux exige aujourd’hui de respecter ce moment fort d’unité nationale en évitant aujourd’hui toute récupération des uns et des autres » souligne la sénatrice PCF de Seine-Saint-Denis. Les sénateurs communistes demandent ainsi de « reporter l’examen » du texte « pour permettre une discussion sereine, utile au pays, utile au retour d’une République laïque sur l’ensemble du territoire national ». Ils soulignent au passage qu’ils comptaient voter contre la proposition de loi.

Même position pour les écolos du groupe « Ecologiste, solidarité et territoires ». « Nous expliquerons lors de la discussion générale que nous ne prendrons pas part au vote. Nous regrettons que cette proposition de loi n’ait pas été retirée » explique Guillaume Gontard, président du groupe écologiste. Si la gauche ne sera pas écoutée par la majorité sénatoriale, elle tente ainsi de marquer sa différence, au moment le gouvernement planche aussi sur ses propositions.

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