Lutte contre le terrorisme : Macron s’imagine capable de pousser Apple ou Facebook à coopérer

Lutte contre le terrorisme : Macron s’imagine capable de pousser Apple ou Facebook à coopérer

Emmanuel Macron veut lancer une initiative internationale pour pousser les géants du net à donner accès à leurs contenus cryptés lorsqu’il s’agit de terroristes. Obama s’y est pourtant cassé les dents.
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Depuis le début de la campagne, Emmanuel Macron joue la carte du renouveau. Un positionnement qui paie, selon les sondages. Mais de fait, le candidat d’En marche ! manque d’expérience sur les sujets régaliens. Il sait qu’il doit encore convaincre sur ce plan. L’ex-ministre de l’Economie s’y emploie depuis plusieurs semaines. Le soutien du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lui a donné un coup de pouce en la matière.

Pour cette avant-dernière semaine de campagne, Emmanuel Macron a présenté ce lundi ses propositions en matière de lutte contre le terrorisme. Sujet haut combien régalien et qui préoccupe les Français. La recette Macron tient en cinq points : il confirme l’engagement des troupes françaises dans les opérations extérieures, avec un objectif de consacrer 2% du PIB à la défense, à l’horizon 2025 ; création d’une « task force permanente pour lutter contre Daesh » pour renforcer la complémentarité des services, ainsi que le renforcement du renseignement territorial ; pour les Français partis combattre aux cotés de l’Etat islamique et qui sont de retour, il propose un régime d’incarcération « très strict » ; et un volet civique via le retour d’un service national d’un mois, mesure déjà proposée, pour « rappeler ce qui fait de nous un peuple uni ».

« Système de réquisitions légales de leurs services cryptés »

Au-delà de ces mesures sans surprise, Emmanuel Macron propose une idée qui paraît plus difficile à mettre en œuvre : pousser les grandes entreprises d’Internet, comme « Google, Facebook, Apple, Twitter », à davantage coopérer. Emmanuel Macron souhaite « prendre une initiative internationale et coordonnée » avec « différents Etat, l’Union européenne et les Etats-Unis » afin d’obliger les « GAFA » à « livrer les codes et clefs de cryptages » des messageries privée de type Whatsapp, qui peuvent être utilisées par les terroristes (voir la vidéo, images : Sonia de la Forterie)

« Il est essentiel que ces entreprises acceptent un système de réquisition légale de leurs services cryptés comparable à celui qui existe aujourd'hui pour le secteur des opérateurs de télécoms », fait valoir Emmanuel Macron.

La « discussion franche » que souhaite avoir le candidat se heurte à une sérieuse difficulté. Les Etats ont déjà formulé ce type de demande. Elle a été jusqu’ici refusée par les géants du net. L’an dernier, Apple avait ainsi refusé la demande du FBI de déverrouiller le téléphone d'un terroriste, malgré les pressions d’Obama. Emmanuel Macron ne l’ignore pas. « Les grands groupes de l'internet ont refusé de communiquer leurs clés de chiffrement ou de donner accès au contenu au motif qu'ils ont garanti contractuellement aux clients que leurs communications étaient protégées », a rappelé le candidat, qui juge cette situation « inacceptable ». Pour contraindre les Apple ou autre Facebook, Emmanuel Macron imagine des « amendes » ou des « sanctions ». Et un peu de méthode Coué ?

L’entourage de Macron optimiste : « C’est fait. Les gens savent pour qui voter »

Avant de mettre la pression sur les entreprises du net, encore faut-il être élu. Et dans l’entourage d’Emmanuel Macron, ce lundi matin, on semble confiant. « C’est fait. Les gens savent pour qui voter » va même jusqu’à dire un membre de son équipe de campagne, dans un optimisme étonnamment affiché. « Ça fait 2/3 semaines que les sondages ne bougent plus. Le seul qui monte, c’est Mélenchon » ajoute-t-on. La semaine dernière, le sénateur ex-PS et soutien de Macron, François Patriat, était pourtant plus prudent. Il rappelait que les candidats centristes avaient plusieurs fois chuté dans les scrutins présidentiels.

La percée dans les sondages du candidat de la France insoumise est telle qu’il menace aujourd’hui François Fillon. Et bientôt Emmanuel Macron ? Son entourage minimise l’effet Jean-Luc Mélenchon. « Il y a toujours eu un resserrement sur la fin des deux dernières campagnes, c’est normal. Et ça fait un peu de story telling… » lance un soutien du candidat. « La dynamique de Mélenchon est en décalage par rapport à la nôtre. Elle est fragile car elle est plus jeune » pense un autre. Le candidat de la France Insoumise avait connu une hausse sondagière en 2012, avant de  finir à 11%. Mais rien ne dit que 2017 verra le même  scenario s’opérer.

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