Meeting de Gregory Doucet pour les municipales a Lyon
Bruno Bernard at the first campaign rally for Green Party mayor Gregory Doucet, candidate for the Lyon municipal elections. Meeting at Le Sucre on Saturday, January 17, 2026. Bruno Bernard au premier meeting de campagne pour le maire ecologiste Gregory Doucet candidat pour les elections municipales a Lyon. Meeting au Sucre le samedi 17 janvier 2026.//DOUCELINROMAIN_Sipa.04967/Credit:ROMAIN DOUCELIN/SIPA/2601181810

Lyon : derrière le duel Aulas – Doucet, vers une métropole sans majorité ?

La bataille pour la Métropole de Lyon attire moins les projecteurs que le duel entre Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas, pourtant les enjeux peuvent être plus importants encore, et le scrutin plus serré. À cause d’un mode de scrutin opaque, les résultats sont plus difficiles à déchiffrer, mais une issue sans majorité stable au conseil métropolitain est tout à fait envisageable.
Louis Mollier-Sabet

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La « remontada » de Grégory Doucet (Les Écologistes), qui a fait mentir tous les sondages en devançant finalement l’ancien président de l’Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas (DVD) d’un demi-point, a fait couler beaucoup d’encre. Leur duel sera particulièrement scruté au second tour, d’autant plus que la fusion « technique » avec la liste d’Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI), qui avait réuni 10,41 % des suffrages, a été annoncée ce lundi. Mais derrière ce face-à-face fortement médiatisé se cache une autre élection aux enjeux peut-être encore plus importants pour les électeurs du Grand Lyon : les élections métropolitaines.

Spécificité lyonnaise, le territoire du Grand Lyon, la Métropole a remplacé le département et exerce de fait ses compétences – comme la gestion des collèges ou l’accompagnement des allocataires du RSA. Elle dispose ainsi d’un budget d’environ 4 milliards d’euros, contre un milliard pour la ville de Lyon. Contrairement aux autres métropoles ou agglomérations, les conseillers métropolitains du Grand Lyon sont élus lors d’une élection dédiée : les Lyonnais ont dû déposer trois bulletins dans une urne ce dimanche – pour le scrutin d’arrondissement, pour le scrutin de la mairie centrale et pour la Métropole de Lyon.

En 2020, les écologistes avaient réussi le tour de force de gagner non seulement la mairie centrale, mais aussi la Métropole de Lyon, dirigée par Bruno Bernard (Les Écologistes) pendant six ans avec une majorité relativement confortable (84 conseillers de gauche sur 150 conseillers métropolitains). Si Grégory Doucet semble en bonne position pour conserver son mandat, les résultats de la Métropole sont beaucoup plus difficiles à lire à cause du mode de scrutin.

Quatre circonscriptions gagnées au 1er tour par la droite

Le territoire de la métropole est découpé en 14 circonscriptions où sont élus entre 7 (Lyon-Est) et 17 conseillers métropolitains (Villeurbanne), avec une prime majoritaire de 50 % pour la liste arrivée en tête. Ainsi, quelques points de pourcentages dans telle ou telle circonscription peuvent faire basculer une dizaine de sièges d’un côté ou de l’autre. Un peu sur le modèle de ce que l’on connaît pour les Etats-Unis, certaines circonscriptions particulièrement disputées apparaissent donc comme des « swing states. »

À l’inverse, quatre ont déjà été gagnées au premier tour par la liste de Véronique Sarselli (Horizons), à la tête de la même coalition que celle qui soutient Jean-Michel Aulas pour la ville de Lyon. Des élections au 1er tour qui n’ont rien d’alarmant pour la gauche dans ces quatre circonscriptions historiquement gagnées par la droite, qui couvrent notamment les Monts-d’Or, l’Ouest lyonnais (Sainte-Foy-Lès-Lyon, Tassin-la-Demi-Lune) , Caluire ou Bron et Saint-Priest. Elles avaient déjà toutes été gagnées par la droite et le centre en 2020 : sur 42 conseillers métropolitains élus ce dimanche, la droite en gagne deux (37), la gauche en perd trois (4) et le RN fait son entrée à la Métropole avec un conseiller élu dès le 1er tour.

D’autres circonscriptions devraient – au vu des résultats du 1er tour – facilement tomber dans l’escarcelle de la gauche en cas d’union entre les deux tours, comme en 2020 : Villeurbanne, Vénissieux et Saint-Fons, les circonscriptions lyonnaises du 7e arrondissement (Sud), de la presqu’Île et de la Croix Rousse (Centre), du 8e arrondissement (Sud-Est) notamment. De même, la droite devrait pouvoir assez facilement compter sur la circonscription regroupant Saint-Genis, Givors et la Mulatière (Lônes et Coteaux).

Trois « swing states » métropolitains : les points chauds du second tour

En dehors des trois circonscriptions les plus disputées, la droite pourrait ainsi compter sur une grosse cinquantaine de conseillers métropolitains, tandis que la gauche approcherait de la soixantaine de conseillers. Restent trois circonscriptions : Rhône Amont (Décines, Meyzieu, Vaulx-en-Velin), Lyon Ouest (5e et 9e arrondissements de Lyon) et Lyon Nord (6e et une partie du 3e arrondissement de Lyon).

Dans la circonscription de Rhône Amont, Laurence Fautra (DVD) est en tête à 31,72 %, mais la gauche peut espérer l’emporter si elle additionne les voix des listes de Bruno Bernard (Union de la gauche) et Florestan Froult (LFI). Détail qui pourrait avoir son importance : la liste d’union de la gauche est conduite dans cette circonscription par la maire socialiste de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, dont la ville a été ciblée comme conquête potentielle par LFI. Figure de proue des opposants internes à Olivier Faure lors des derniers Congrès du Parti socialiste, Hélène Geoffroy a 200 voix d’avance le député LFI sur Abdelkader Lahmar après le 1er tour. Au niveau métropolitain, Hélène Geoffroy et LFI devront donc fusionner s’ils veulent offrir de précieux sièges à la gauche dans la course à la Métropole.

Dans les deux autres circonscriptions « swing states » métropolitains, la liste de Véronique Sarselli tient la corde. Dans les 5e et 9e arrondissement de Lyon, Yann Cucherat (DVC) devance de plus de dix points François Journy (Union de la gauche), avec 41,19 % des voix contre 30,59 %, mais Malika Benarab Attou (LFI) est en position de se maintenir avec 10,85 % des suffrages et pourrait permettre – en cas de fusion – à la gauche de se rapprocher, mais la marche est haute. Dans la circonscription Lyon Nord, qui recouvre le cossu 6e arrondissement et une partie du 3e, même configuration : l’écart entre Sarah Peillon (DVC) à 40,62 % et la députée (PS) Sandrine Runel à 31,92 % correspond à peu près au score de Lise Paillette (9,04 %), qui ne pourra pas se maintenir au second tour, mais l’histoire montre que la politique dépasse souvent ce genre d’arithmétique électorale.

Vers un conseil métropolitain sans majorité ?

Ces trois circonscriptions représentent 32 conseillers métropolitains qui devraient se répartir entre la droite et la gauche. Si la droite gagne ces trois circonscriptions, elle devrait pouvoir compter sur une majorité à la métropole. À l’inverse, si la gauche réussit à confirmer la surprise de 2020 en gagnant la circonscription de Lyon Ouest tout en conservant celle de Rhône Amont, elle devrait pouvoir conserver la Métropole de Lyon.

Mais un autre cas de figure est tout à fait envisageable : la droite gagne les deux circonscriptions lyonnaises, et la gauche conserve la circonscription de Vaulx-en-Velin et Décines. Un tel scénario amènerait la droite et à la gauche autour de 70 conseillers métropolitains, potentiellement en dessous de la majorité de 75. Les quelques sièges restants devraient échoir à la liste de Tiffany Joncour (RN), qui a réussi à se maintenir dans quatre circonscriptions en plus de son conseiller métropolitain déjà élu au 1er tour. Le conseil de la Métropole se retrouverait donc potentiellement sans majorité claire : une situation inédite, mais tout à fait envisageable au vu des résultats du premier tour. Sans fusion des listes de gauche, l’équation serait grandement simplifiée, et la Métropole serait facilement conquise par la liste de Véronique Sarselli.

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