Macron à Montpellier pour tracer le cadre de ses réformes sociales
Emmanuel Macron va inaugurer mercredi à Montpellier le 42e congrès de la Mutualité française, où il devrait prononcer "un...

Macron à Montpellier pour tracer le cadre de ses réformes sociales

Emmanuel Macron va inaugurer mercredi à Montpellier le 42e congrès de la Mutualité française, où il devrait prononcer "un...
Public Sénat

Par Gabriel BOUROVITCH, Laurence BENHAMOU

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron va inaugurer mercredi à Montpellier le 42e congrès de la Mutualité française, où il devrait prononcer "un discours stratégique" sur sa politique sociale et tracer le cadre des réformes à venir.

Il a longtemps fait planer le doute, mais le président de la République ira bien au grand raout triennal des mutuelles, comme tous ses prédécesseurs depuis 1982, a confirmé l'Élysée samedi.

Le chef de l'Etat y prononcera "un discours stratégique sur une nouvelle manière de prévenir les grands risques sociaux comme le chômage, la maladie et la retraite. Cette vision, au fur et à mesure des réformes sectorielles, a un peu perdu de sa visibilité", explique-t-on à l'Elysée.

"Il ne s'agit pas d'un tournant social mais d'un approfondissement", selon la présidence, qui veut "prendre les inégalités à la racine pour essayer de les résoudre" plutôt que de les réparer par des allocations.

Par exemple, "sur le RSA, il faut un revenu de dignité mais qui doit permettre de revenir vers l'activité. Or la moitié des allocataires n'ont pas de contrat d'accompagnement vers l'emploi. On leur verse une prestation sans plus s'occuper d'eux", indique l'Elysée.

Beaucoup d'arbitrages budgétaires n'étant pas encore réalisés, le président de la République ne devrait pas entrer dans le détail lors de son discours de Montpellier.

Parmi les sujets attendus, la reconnaissance de la solidarité familiale et le statut des aidants -- les personnes qui aident leurs proches en situation de dépendance --, ainsi que le "reste à charge zéro", c'est-à-dire le remboursement intégral de certaines lunettes, prothèses dentaires et audioprothèses.

A ce sujet, le chef de l'État sait depuis deux semaines qu'il pourra annoncer la réalisation de cette promesse de campagne emblématique.

Trois négociations parallèles avaient été lancées à l'automne, et la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait fixé l'échéance "au mois de mai". Le calendrier a été tenu in extremis pour les dentistes, qui ont trouvé fin mai un accord avec l'Assurance maladie. Pour les deux autres secteurs, la publication de textes réglementaires est imminente, selon plusieurs sources ayant participé aux discussions avec le ministère.

Symbole de la volonté de "protéger" affichée par l'exécutif, cette réforme se fera par étapes à partir de 2020. Elle coûtera plusieurs centaines de millions d'euros à la Sécu et aux complémentaires santé, priées de ne pas faire flamber leurs cotisations.

- Des pistes pour la politique de santé -

Le président de la république devrait par ailleurs esquisser les pistes de réforme de la politique de santé, mais sans encore évoquer encore le plan hôpital prévu pour juillet.

Le chef de l'Etat est pourtant très attendu sur l'hôpital, après une année 2017 catastrophique sur le plan comptable: plus d'un milliard d'euros de déficit pour les seuls établissements publics.

Le gouvernement a donné en février le coup d'envoi d'une réforme "globale" du système de santé, en grande partie consacrée à l'hôpital.

Mais certaines des pistes avancées peuvent faire craindre la volonté d'abord de réduire les dépenses, comme la chasse aux actes "inutiles" ou la poursuite des regroupements entre établissements voisins.

"Notre objectif n'est pas de faire des économies", a affirmé Mme Buzyn, même si une forte contrainte continue de peser sur les dépenses de santé, dont la hausse est limitée à 2,3% par an.

La conjoncture est pourtant propice: grâce au rebond inattendu de l'économie française en 2017, les comptes de la Sécurité sociale devraient être "quasiment à l'équilibre" cette année, puis dégager de copieux excédents à partir de 2019.

De quoi "se donner des marges de manœuvre", mais pas au point de desserrer les cordons de la bourse pour le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, qui considère qu'"il n'y a pas de cagnotte".

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le

L’Assemblée nationale valide la suspension de la réforme des retraites
4min

Politique

Travail le 1er mai : après son rejet à l’Assemblée, le texte file en commission mixte paritaire où députés et sénateurs devront s’accorder

Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.

Le