Macron à Naples pour un sommet avec l’Italie perturbé par le coronavirus
Le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, vont afficher jeudi l'entente retrouvée entre Paris et...

Macron à Naples pour un sommet avec l’Italie perturbé par le coronavirus

Le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, vont afficher jeudi l'entente retrouvée entre Paris et...
Public Sénat

Par Jérôme RIVET

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, vont afficher jeudi l'entente retrouvée entre Paris et Rome à l'occasion d'un sommet franco-italien perturbé par la crise du coronavirus.

Les autorités italiennes ont maintenu cette réunion, prévue de longue date, en dépit de la propagation de l'épidémie de pneumonie virale partie de Chine en décembre, qui polarise l'attention des autorités à Rome comme à Paris.

L'Italie, où le nombre de contaminations a fait boule de neige depuis vendredi, est devenue le pays d'Europe le plus affecté avec plus de 400 cas et 12 décès, selon le dernier bilan des autorités.

Moins touchée, la France a recensé 17 cas et deux décès dont un premier mort Français, annoncé mercredi et qui n'avait pas du tout voyagé dans les zones à risque.

Le président Emmanuel Macron le 20 février 2020 à Bruxelles
Le président Emmanuel Macron le 20 février 2020 à Bruxelles
AFP/Archives

Pour Paris, "il est important d'être présent" aux côtés des Italiens et de "coopérer" dans ce "contexte difficile".

Aucun sommet franco-italien n'a été organisé depuis celui de Lyon fin 2017, une absence qui témoigne de la période de tensions traversée par les relations entre les deux "soeurs latines" de l'Europe.

En effet, pendant plus d'un an, Paris et Rome se sont livrés à une guerre des mots, qui a culminé avec le rappel temporaire de l'ambassadeur français en Italie, la plus grave crise diplomatique transalpine depuis 1945.

L'ex-ministre de l'Intérieur italienn Matteo Salvini, patron du parti souverainiste de La Ligue, avait pris pour cible privilégiée Emmanuel Macron dont il avait fustigé l'"arrogance" et l'"hypocrisie" en matière d'immigration.

De son côté, Emmanuel Macron avait fait de Matteo Salvini son "opposant principal" en Europe et fustigé la "lèpre nationaliste".

- Relations apaisées -

Les relations se sont progressivement apaisées depuis l'avènement, en septembre 2018 d'un nouveau gouvernement Conte de coalition entre le Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-establishment) et le Parti démocrate (centre gauche), Matteo Salvini retournant dans l'opposition.

"Nous pouvons bien travailler avec ce gouvernement", estime-t-on à l'Elysée, car "nous partageons de nombreuses convergences", notamment sur la politique européenne.

Ainsi, Paris et Rome sont désormais "sur la même ligne" sur l'accueil des migrants en Méditerranée, un dossier sur lequel les deux capitales s'étaient frontalement opposées.

Cette "nouvelle impulsion" des relations sera au menu des discussions entre MM. Macron et Conte, respectivement accompagnés de 11 et 12 ministres couvrant tous les domaines, de l'économie à la défense en passant par la culture.

Autre sujet de friction il y a peu, le dossier libyen fait désormais l'objet d'un "alignement", selon l'Elysée, entre Paris et Rome, qui travaillent à la relance de la mission navale Sophia, désormais centrée sur le contrôle de l'embargo sur les armes à destination de la Libye.

MM. Macron et Conte devraient affirmer leur volonté de signer dans les prochains mois le Traité du Quirinal (nom du siège de la présidence italienne), annoncé en 2017 pour donner "un cadre plus stable et ambitieux" à la coopération franco-italienne, sur le modèle du traité franco-allemand.

Le sommet se terminera par un dîner de gala en compagnie du président Sergio Mattarella.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
6min

Politique

Affaire Lyhanna : que proposent les partis face aux « dysfonctionnements » de la justice ?

Les ratés judiciaires entourant le meurtre de la jeune Lyhanna n’en finissent plus de susciter l’indignation de tout le pays. Dès lors, la classe politique est amenée à se positionner. Alors que Sébastien Lecornu a présenté ses premières mesures, la gauche fustige le manque de moyens de la Justice et la droite épingle le laxisme des magistrats. Tour d’horizons des différentes propositions du gouvernement et des partis politiques.

Le

Des « menaces lourdes » d’ingérences numériques étrangères pèsent sur l’élection présidentielle, alerte Sébastien Lecornu
8min

Politique

Des « menaces lourdes » d’ingérences numériques étrangères pèsent sur l’élection présidentielle, alerte Sébastien Lecornu 

Après avoir rendu compte aux partis politiques des ingérences numériques étrangères durant les élections municipales, le Premier ministre a tiré le bilan des investigations et des moyens d’y répondre au cours d’une conférence de presse. Il commence à consulter les forces politiques en vue d’un projet de loi qui pourrait être débattu à l’automne.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
8min

Politique

Avec le retrait du plaider-coupable en matière criminel, « Gérald Darmanin fait de la politique sur le dos des victimes », regrette la rapporteure du texte au Sénat

Suite au rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes en commission des lois de l’Assemblée nationale mercredi, Gérald Darmanin a annoncé le retrait complet du « plaider-coupable » criminel, l’un des dispositifs les plus polémiques de son texte. Une « déception » pour les rapporteurs du texte au Sénat.

Le

Le Sénat rejette le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en nouvelle lecture
9min

Politique

Protection de l’enfance examinée au Sénat en octobre : « Le texte aurait mérité d’être inscrit avant », pointe la sénatrice centriste Dominique Vérien

Face à l’émoi suscité par l’affaire Lyhanna, le gouvernement va profiter de l’examen du texte sur la protection de l’enfance pour ajouter de nouvelles mesures. Le Sénat n’examinera pas le texte avant le 8 octobre. Trop tard, pour la centriste Dominique Vérien. La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda, interroge surtout le recours à ce projet de loi. « Réagir par un texte sans lien avec l’affaire Lyhanna revient à faire de la loi un outil de communication », pointe la sénatrice LR.

Le