Macron accuse les dirigeants de Hongrie et Pologne de « mentir à leur peuple »
En visite en Slovaquie, Emmanuel Macron est passé de la critique mesurée à la colère contre les dirigeants de Hongrie et de Pologne, des ...

Macron accuse les dirigeants de Hongrie et Pologne de « mentir à leur peuple »

En visite en Slovaquie, Emmanuel Macron est passé de la critique mesurée à la colère contre les dirigeants de Hongrie et de Pologne, des ...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

En visite en Slovaquie, Emmanuel Macron est passé de la critique mesurée à la colère contre les dirigeants de Hongrie et de Pologne, des "esprits fous" qui selon lui "mentent à leur peuple" par leurs positions anti-européennes.

Lors d'une "consultation citoyenne" sur l'Europe à Bratislava, devant un public pro-européen, il a laissé éclater sa colère contre les gouvernements des deux pays de l'est, à sept mois des élections européennes qu'il voit comme un affrontement entre nationalistes et progressistes pro-européens.

"En Hongrie et en Pologne, certains dirigeants ont joué avec une idée inacceptable. Quand je les écoute comparer Bruxelles et Moscou d'avant (de l'époque soviétique, ndlr), c'est fou et inacceptable. Ils mentent à leur peuple", a-t-il lancé avec force, en anglais.

"Quand je vois de grandes affiches disant "Stop à Bruxelles", que font-ils ? Ils veulent stopper Bruxelles et ses fonds structurels ? Allez-y je vous en prie ! Comment vivent-ils ? Comment vit (le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban) Fidesz, qui les finance ? Qui les a payés? Qui a fait leur carrière ? Les fonds structurels européens !", a-t-il dénoncé.

"Que font ces dirigeants avec ces esprits fous et qui mentent à leur peuple", a-t-il encore demandé. "Les nationalistes sont déjà grands, ils ont gagné dans certains pays d'Europe", a-t-il ajouté devant la presse.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban à Milan en Italie, le 28 août 2018
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban à Milan en Italie, le 28 août 2018
AFP/Archives

"Oui il y a ce clivage" entre progressistes et nationalistes, avait-il dit plus tôt dans la journée. "Qui a gagné les élections européennes en France lors des dernières échéances ? Qui ? Le Front national !" de Marine Le Pen, rebaptisé depuis Rassemblement national.

"Ca n'a choqué personne ! Qui était au deuxième tour de l'élection présidentielle en France ? Le Front national, face à moi. Donc ils sont là, les nationalistes", a-t-il souligné, lors d'un point de presse commun avec le Premier ministre slovaque Peter Pellegrini.

"Ils ont grandi (...) Parce qu'on ne les condamnait que moralement, sans vouloir les combattre sur le terrain des réponses(...) Parce qu'ils sont d'accord pour démanteler l'Europe, mais allez demander aux nationalistes la solution qu'ils proposent ensemble", s'est-il insurgé.

Arrivé vendredi matin à Bratislava, Emmanuel Macron a passé la journée avec le président slovaque Andrej Kiska et Peter Pellegrini, puis est arrivé à Prague dans la soirée pour y rencontrer les dirigeants tchèques, le président Milos Zeman et le Premier ministre Andrej Babis.

Il a martelé dans les deux capitales qu'il ne "croyait pas au clivage est-ouest" et plaidé pour un Europe renforcée, tant en matière de défense que pour la zone euro.

La Slovaquie et la République tchèque font partie, avec la Hongrie et la Pologne, du groupe de Visegrad, qui partage une position très hostiles aux migrants.

Vendredi, Emmanuel Macron n'a quasiment pas évoqué publiquement ce sujet clivant, préférant insister sur les sujets européens qui rapprochent Paris de Prague et Bratislava.

Il avait commencé vendredi par des critiques mesurées contre les positions nationalistes et antimigrants de la Hongrie et de la Pologne, déclarant vouloir "ne rien céder sur les valeurs", mais soulignant aussi qu'il ne fallait "pas diviser l'Europe".

Dans une interview, il avait également nuancé ses critiques contre Viktor Orban, qui l'a pourtant désigné comme son principal adversaire pour les élections européennes.

Lors du sommet européen de Salzbourg en septembre, le président français avait pris soin de serrer la main de Viktor Orban devant les journalistes.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Affaire Lyhanna : après un rapport accablant de l'inspection, la responsabilité politique est-elle écartée ?

L'inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice déclenchée par la mort de la jeune Lyhanna a pointé, ce lundi, une série de dysfonctionnements suite au dépôt de plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella. Sébastien Lecornu indique que « la puissance publique ne se défaussera pas » face à « une vérité d'une extrême gravité » et promet des mesures, sans évoquer la proposition de « loi intégrale » sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

France Extreme Weather Heat
8min

Politique

Canicule : le congé climatique fait monter la température politique

Face à une nouvelle vague de chaleur, les Écologistes proposent la création d’un « congé climatique » de cinq jours par an. Une mesure qui est déjà mise en place en Espagne depuis 2024. Entre urgence sanitaire, coût économique et adaptation de la société, la mesure attise les débats bien au-delà du thermomètre.

Le

The left-wing groups give a press conference on Bill of Finance
6min

Politique

Sénatoriales 2026 : les communistes visent « la stabilité », voire gagner des sièges « si toutes les planètes sont alignées »

Avec seulement 4 sénateurs renouvelables sur 18, le groupe CRCE-K (communiste) du Sénat aborde les élections sénatoriales de septembre prochain avec une certaine sérénité. Il espère conserver les sièges de ses quatre sortants. C’est surtout le scrutin de 2029, où 14 siègent seront remis en jeu, qui s’annonce plus ardu.

Le

Lyhanna Case – Funerals and Last Tribute.
4min

Politique

Affaire Lyhanna : « Pertes de temps, défaillances et absence de suivi de procédure », pointe le  pré-rapport d’inspection

Trois semaines après la découverte du corps de la jeune Lyhanna, l'inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice a présenté un premier rapport destiné à faire la lumière sur les dysfonctionnements et les erreurs individuelles qui ont conduit à cette affaire qui a ému la France entière. Devant la presse, les deux inspecteurs généraux de la justice et de la gendarmerie, ont confirmé que la plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella n'avait « pas été traitée comme une procédure prioritaire », par les services d'enquête et le parquet du Gers.

Le