Emmanuel Macron termine vendredi un voyage de quatre jours à Mayotte et la Réunion, où il a dévoilé jeudi une série d'aides à l'emploi, sans...
Macron achève son voyage agité à la Réunion après des annonces d’aides à l’emploi
Emmanuel Macron termine vendredi un voyage de quatre jours à Mayotte et la Réunion, où il a dévoilé jeudi une série d'aides à l'emploi, sans...
Par Cécile AZZARO
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Emmanuel Macron termine vendredi un voyage de quatre jours à Mayotte et la Réunion, où il a dévoilé jeudi une série d'aides à l'emploi, sans réussir à dissiper les doutes des Réunionnais qui lui ont réservé un accueil mitigé.
Le chef de l'Etat doit visiter une exploitation agricole à Petite-Ile et participer à une table ronde avec les représentants des filières, avant un pique-nique "Pei" mettant en valeur les produits locaux.
Comme il aime à le faire, il a effectué jeudi une visite surprise dans un quartier rénové de Saint-Denis où, délaissant le parcours prévu, il a répondu longuement à des Réunionnais parfois en grandes difficultés. Ils n'ont pas hésité à lui demander des comptes, entre scepticisme, plaintes et parfois une pointe d'agressivité.
"Y a pas de travail, Monsieur. Comment on fait avec 790 euros par mois ?" lui a demandé une femme. "Je suis au chômage, je suis au bout", lui a lancé une autre, au bord des larmes, et le chef de l'Etat a demandé au préfet d'examiner son dossier. Plusieurs l'ont accusé de venir chercher des voix. "Mais je ne suis candidat à rien !", a rétorqué le président.
Le président Emmanuel Macron parle avec des habitants du quartier rénové des Camélias, le 24 octobre 2019 à Saint-Denis-de-la-Réunion
AFP
"Qu'avez vous dans votre besace pour nous, j'ai traversé la rue, il n'y a rien", s'est désolé un jeune, en allusion à la petite phrase du chef de l'Etat l'an dernier. "Education, formation", lui a répondu le chef de l'Etat.
Attentif à désamorcer la tension toujours vive dans ce territoire de plus de 850.000 habitants, dont 40% vivent sous le seuil de pauvreté, il a dévoilé en fin de journée un plan pour l'emploi et la formation, d'un total de 700 millions d'euros sur 3 ans.
Notamment, le dispositif des emplois francs qui octroie une prime aux employeurs de chômeurs sera étendu à toute l'île, le cumul du RSA et d l'emploi à temps partiel autorisé et l'Etat maintiendra 12.000 emplois aidés par an.
De plus, le versement du RSA, jusqu’ici à la charge du département, sera à partir de 2020 payé par l'Etat, comme à Mayotte et en Guyane.
Ces aides s'ajouteront à l'exonération des charges patronales allant jusqu'à deux fois le montant du SMIC dans certains secteurs (agroalimentaire, agriculture, tourisme...), une mesure pour l'outre-mer votée dans la nuit par l'Assemblée, à la demande du chef de l'Etat.
Emmanuel Macron lors d'un meeting devant la Préfecture de La Reunion, le 24 octobre 2019
AFP
Ces annonces n'ont pas suffi à éviter des heurts jeudi soir dans la commune du Port entre une centaine de jeunes et des forces de l'ordre.
Le coût de la vie pour un budget moyen de ménage réunionnais est majoré de 7,1% par rapport à la métropole, selon l'Insee, alors que le revenu médian réunionnais est inférieur de 30% au niveau national (AFD, 2015).
Près de 500 personnes s'étaient rassemblées auparavant à Saint-Denis en réponse à l'appel de l'intersyndicale à manifester, selon des chiffres de la police cités par l'Elysée. Mais l'appel à la "grève générale" pour dénoncer "la situation sociale" ne semblait pas suivi.
- "Antibiotiques" après "Doliprane" -
Emmanuel Macron a aussi rencontré une cinquantaine de participants à des "représentations citoyennes" mises en place dans le sillage de la crise des "gilets jaunes" qui a secoué l'île en 2018.
Emmanuel Macron lors d'une visite dans un quartier populaire de Saint-Denis de la Réunion, le 24 octobre 2019
AFP
Rapportant "une aggravation de la situation depuis un an", un "gilet jaune" a estimé que "le problème de la vie chère, on pourra le régler s’il y a les revenus qui suivent".
Face à eux, Emmanuel Macron a dit ne pas penser "que la solution puisse être dans la baisse des prix de X produits", soulignant vouloir "donner la possibilité aux citoyens d'avoir un droit d'alerte, en quelque sorte une plateforme de signalement".
Côté emploi, "la réponse qu'on a eu pendant des décennies, c'est de dépenser de l'argent public. Vous avez un problème ? Venez, emploi public. On donnait du Doliprane pour un mal profond. Il faut passer aux antibiotiques", a-t-il lancé, en prônant une "politique pour des emplois durables" et "plus de concurrence".
Une délégation intersyndicale n'a pas été reçue par Emmanuel Macron jeudi, chacune des deux parties se renvoyant la responsabilité de cet échec.
Le Parti socialiste, qui détient plusieurs grandes villes, à commencer par Paris, où « ça va être chaud », présente 2500 listes pour les élections municipales. Uni avec les Ecologistes dans plusieurs communes, le parti fait face aux listes LFI, qui attaquent les socialistes sans hésiter. Au-delà de l’enjeu de conserver ses villes et quelques gains possibles, à Saint-Etienne ou Amiens, le numéro 2 du PS, Pierre Jouvet, espère montrer avec le scrutin « la possibilité de construire l’alternative politique dans le pays ».
En tenailles entre l’érosion du vote LR dans les grandes villes et le spectre d’une « union des droites » portée par le RN, le parti de Bruno Retaileau mise sur son solide maillage territorial pour résister lors du scrutin des 15 et 22 mars prochains. LR pourrait toutefois créer la surprise à Nantes et Besançon. Surtout, la droite caresse l’espoir d’un basculement historique à Paris avec Rachida Dati.
Pour les élections municipales, les enjeux sont multiples. Les LR et le PS tentent de conserver leurs nombreuses villes moyennes, pour la droite, ou grandes, pour la gauche et les écolos, avec une élection cruciale à Paris, que vise Rachida Dati. Pour le RN et LFI, qui partent de loin, il s’agit de renforcer l’implantation locale. Le parti d’extrême droite vise Toulon et rêve de gagner Marseille. Horizons essaie de garder ses grands maires. Et pour Renaissance, ce sera à nouveau un scrutin difficile. Le scrutin du 15 et 22 mars devrait réserver quelques surprises.
En réaction aux bombardements israélo-américains, l’Iran a bloqué le détroit très stratégique d'Ormuz. Plus de 20 % des stocks de pétrole mondiaux y transitent par bateaux, entraînant une flambée du prix des carburants à travers le monde. Invité dans l’émission Bonjour chez vous, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a tenu à balayer les inquiétudes des particuliers et des professionnels.