Macron appelle ses troupes à donner de la voix pour la rentrée
"Pédagogie": c'est le mot d'ordre de la rentrée, martelé à l'Elysée et répercuté aux ministres et parlementaires de la majorité,...

Macron appelle ses troupes à donner de la voix pour la rentrée

"Pédagogie": c'est le mot d'ordre de la rentrée, martelé à l'Elysée et répercuté aux ministres et parlementaires de la majorité,...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

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"Pédagogie": c'est le mot d'ordre de la rentrée, martelé à l'Elysée et répercuté aux ministres et parlementaires de la majorité, tenus de se mettre en ordre de bataille pour mieux défendre la "cohérence" des réformes.

Toute la chaîne de la macronie est donc concernée, "marcheurs" de base y compris, après un été marqué par une communication déficiente qui a laissé le champ libre à une opposition organisée, par exemple quand il s'est agi de riposter à la baisse des APL.

"Le président nous a encouragés à être pédagogues, à être clairs, à donner du sens à ce que nous faisons", a résumé le Premier ministre Edouard Philippe lundi à l'issue du séminaire gouvernemental à l'Elysée.

"Il est évident qu'en matière d'explications, de pédagogie, de débats, on n'en fait jamais assez", a-t-il insisté, alors que seront dévoilées jeudi les cinq ordonnances sur le droit du travail, premier grand chantier social du quinquennat Macron.

Edouard Philippe n'est lui-même pas exempt de tout reproche après une rentrée médiatique jugée "décevante" - car brouillonne - par plusieurs députés de la République en marche.

Mais dans le collimateur du couple exécutif, il y a d'abord l'incapacité de certains ministres et parlementaires, pâtissant de leur inexpérience politique, à inscrire des réformes prises isolément dans "le dispositif global" du programme présidentiel, dixit un député de la majorité.

"Ce que nous voulons, c'est que les Français comprennent pleinement, pour ensuite juger, la totalité de ce que nous voulons faire, la cohérence, le sens", a abondé le Premier ministre lundi.

Dans cette perspective, Edouard Philippe a détaillé les nombreux chantiers lancés en septembre, entre "plan étudiant", "plan logement" et "assises de la mobilité". Sans compter quelques mesures de "politique sociale", comme la "revalorisation du minimum vieillesse", en guise de signal envoyé à l'électorat de gauche de M. Macron.

Le Premier ministre paiera de sa personne en se démultipliant entre "interviews, déplacements, discours", selon Matignon.

Illustration dès jeudi avec une conférence de presse sur les ordonnances à 12h30 suivie du JT de 20H00 sur France 2, un déplacement à la foire de Châlons-en-Champagne vendredi ainsi qu'une émission politique dimanche.

- "Lâchez-vous" -

Emmanuel Macron, qui a recruté mardi le journaliste Bruno Roger-Petit comme porte-parole de la présidence afin d'étoffer son dispositif de communication, sortira lui aussi de son silence avec une interview de 15 pages à l'hebdomadaire Le Point de jeudi.

"Le président nous a dit: +lâchez-vous, je vous sens sur la retenue+", témoigne un député marcheur de la première heure.

Selon un autre élu, les députés de la majorité, "frustrés du traitement médiatique de leur travail" et dont "l'orgueil a été meurtri", ont bien pris conscience qu'il leur fallait "monter au créneau" et avoir "une parole plus offensive", à la hauteur de leur supériorité dans l'hémicycle.

En septembre, "la grosse difficulté des parlementaires va être de vulgariser" les chantiers techniques ouverts par l'exécutif, prévient toutefois cette même source, glissant aussi qu'"il va falloir être courageux sur la baisse des APL, des emplois aidés".

Pour les aider, et avant un séminaire réunissant tous les députés le week-end du 16-17 septembre, le groupe REM a mis sur pied une équipe de communication de cinq personnes, chapeautée par l'ancien journaliste Christophe Malbranque.

Dans le même temps, le parti, qui a vu ses têtes pensantes s'envoler pour les ministères ou l'Elysée et a donc "souffert de l'absence de managers pendant l'été", selon un député, doit retrouver sa "visiblité" et sa force de frappe sur le terrain.

Ainsi, de sources concordantes, la REM entend envoyer ses militants volontaires "faire de la pédagogie sur les ordonnances dans la rue, auprès des Français", à partir de la mi-septembre.

"Il faut raconter une histoire, donner le sens, ne pas se cacher derrière des trucs techniques", plaide encore un cadre du parti.

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